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128 1 Du nouvel empire de l'Homme. tellectuelles, en raison des travaux qui lui sont préparés par la justice, & de l'emploi qu'il doit avoir dans Y œuvre. Les uns se laissent subjuguer, & succombent aux écueils semés sans nombre dans ce cloaque élémentaire, les autres ont le courage & le bonheur de les éviter. On doit donc dire que celui qui s'en préservera le mieux, aura le moins laissé défigurer l'idée de son Principe, & se sera le moins éloigné de son premier état. Or, si les autres hommes n'ont pas fait les mêmes efforts, qu'ils n'aient pas les mêmes succès , ni les mêmes dons; il es: clair que celui qui aura tous ces avantages sur eux, doit leur être supérieur, & les gouverner. Premièrement il leur sera supérieur par le fait même , parce qu'il y aura entr'eux & lui une différence réelle fondée sur des facultés & des pouvoirs dont la valeur sera évidente ; il le sera en outre par nécessité, parce que les autres hommes s'étant moins exercés , & n'ayant pas recueilli les mêmes fruits , auront vraiment besoin de lui, comme étant dans l'indigence & dans l'obscurcissement de leur propres facultés. S'il est un homme en qui cet obscurcissement aille jusqu'à la dépravation , celui qui se sera préservé de l'un & de l'autre,devient son maître non seulement par le fait & par nécessité , mais encore
2Du Pouvoir Souverain. 18 j core par devoir. Il doit s'emparer de lui, & ne lui laisser aucune liberté dans sqs actions , tant pour satisfaire aux loix de son Principe, que pour la sûreté & l'exemple de la Société ; il doit enfin exercer sur lui tous les droits de l'esclavage & de la servitude ; droits aussi justes & aussi réeîs dans ce cas-ci , qu'inexplicables & nuls dans toute autre circonstance. Voilà donc quelle est la véritable origine de l'empire temporel de l'homme sur ses semblables , comme les liens de sa nature corporelle ont été l'origine de la première société. Cet empire toutefois , loin de contraindre & de gêner la société naturelle , doit être regardé comme en étant le plus ferme appui, & le moyen le plus sûr par lequel elle puisse se soutenir, soit contre les crimes de ses membres , soit contre les attaques de tous ses ennemis. Celui qui s'en trouve revêtu , ne pouvant être heureux qu'autant qu'il se soutient dans les vertus qui le lui ont fait acquérir , cherche pour son propre intérêt à faire le bonheur de ses sujets. Et qu'on ne croie pas que cette occupation doive être vaine & sans fruit ; car l'homme dont nous offrons ici l'idée , ne peut être tel sans avoir en lui tous les moyens de se conduire avec certitude, & sans que ses recherches ne lui rendent des résultats évidents. En effet, la lumière qui éclairoit l'homme dans son 284 &* la Dignité des Rois.
3son premier état , étant une source inépuisable! de facultés & de vertus , plus il peut s'en rapprocher , plus il doit étendre son empire sur les hommes qui s'en éloignent , & aussi plus il doit connoître ce qui peut maintenir Tordre parmi eux , & assurer la solidité de l'Etat. Par le secours de cette lumière, il doit pouvoir embrasser, & soigner avec succès toutes les parties du Gouvernement , connoître évir demment les vrais principes des Loix & de la Justice , les règles de la discipline militaire , les droits des Particuliers & les siens , ainsi que cette multitude de ressorts qui sont les mobiles de l'Administration. Il doit même pouvoir porter ses vues & étendre son autorité jusque sur ces parties de l'Administration , qui n'en font pas aujourd'hui l'objet principal dans la plupart des Gouvernements , mais qui , dans celui dont nous parlons , en doivent être le plus ferme lien , savoir, la Religion & la guérison des maladies* Enfin, il n'est pas jusqu'aux Arts, soit d'agrément , soit d'utilité , dont il ne puisse diriger la marche & indiquer le véritable goût. Car le flambeau qu'il est assez heureux d'avpir à la main, répandant une lumière universelle, doit l'éclairer sur tous ces objets , & lui en laisser voir la liaison. Ce tableau, tout chimérique qu'il doit paroitre, De la Dignité des Rois. 28 j roître , n'a cependant rien qui ne soit conforme à l'idée que nous nous trouverons avoir des Rois , quand nous la voudrons approfondir.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
128 1 Of the New Empire of Man. -tellectual faculties, in proportion to the labors prepared for him by justice, and to the employment he must have within the work. Some let themselves be subjugated, and succumb to the pitfalls sown without number within this elemental cesspool; others have the courage and the good fortune to avoid them. It must, then, be said that whoever preserves himself from this the best will have let the idea of his Principle be the least disfigured, and will have withdrawn the least from his first state. Now, if other men have not made the same efforts, if they do not have the same successes, nor the same gifts; it is clear that whoever has all these advantages over them must be superior to them, and govern them. First, he will be superior to them by the very fact itself, because there will be, between them and him, a real difference founded upon faculties and powers whose value will be evident; he will be so, further, by necessity, because the other men, having exercised themselves less, and having gathered not the same fruits, will truly need him, as being within the indigence and the obscuring of their own faculties. If there be a man within whom this obscuring goes as far as depravity, whoever shall have preserved himself from the one and from the other becomes his master, not only by the fact and by necessity, but further
2Of Sovereign Power. 18 j -ther by duty. He must take hold of him, and leave him no liberty within his actions, both to satisfy the laws of his Principle, and for the safety and the example of Society; he must, finally, exercise over him all the rights of slavery and of servitude; rights as just and as real, in this case, as they are inexplicable and null within any other circumstance. Such, then, is the true origin of the temporal empire of man over his fellows, just as the bonds of his bodily nature have been the origin of the first society. This empire, however, far from constraining and hindering natural society, must be regarded as being its firmest support, and the surest means by which it can sustain itself, whether against the crimes of its members, or against the attacks of all its enemies. He who finds himself invested with it, being unable to be happy except insofar as he sustains himself within the virtues that made him acquire it, seeks, for his own interest, to make the happiness of his subjects. And let it not be believed that this occupation must be vain and without fruit; for the man of whom we offer here the idea cannot be such without having within himself all the means of conducting himself with certainty, and without his researches yielding him evident results. Indeed, the light that enlightened man within his 284 Of the Dignity of Kings.
3his first state, being an inexhaustible source of faculties and of virtues, the more he can draw near to it, the more he must extend his empire over the men who withdraw from it, and the more, too, he must know what can maintain order among them, and assure the solidity of the State. By the aid of this light, he ought to be able to embrace and to attend to successfully every part of Government, to know evidently the true principles of Laws and of Justice, the rules of military discipline, the rights of Individuals and his own, as well as this multitude of springs that are the movers of Administration. He ought even to be able to carry his views and extend his authority even over those parts of Administration that are not today the principal object within most Governments, but which, within the one of which we speak, ought to be their firmest bond, namely, Religion and the healing of diseases. Finally, there is nothing, not even the Arts, whether of pleasure or of utility, whose course he cannot direct, and whose true taste he cannot indicate. For the beacon he is fortunate enough to hold in his hand, spreading a universal light, must enlighten him upon all these objects, and let him see their connection. This picture, however chimerical it must appear, Of the Dignity of Kings. 28 j appear, has, nevertheless, nothing that is not conformable to the idea we shall find ourselves having of Kings, when we wish to fathom it.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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