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One moment.
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1L'homme , il est vrai-, en qualité d'Etre intellectuel , a toujours sur les Etres corporels l'avantage de sentir un besoin qui leur est inconnu ; mais il ne peut pas mieux qu'eux s'en procurer seul le soulagement : il ne peut pas mieux par lui-même vivifier ses facultés intellectuelles , qu'ils n'ont pu animer leur Etre ; c'est-à-dire , qu'il ne peut pas mieux qu'eux se passer de la cause active & intelligente , sans laquelle rien de ce qui est dans le temps ne peut agir efficacement. Quels fruits l'homme pourroit-il donc produire aujourd'hui , si dans l'impuissance que nous lui connoissons , il croyoit n'avoir d'autre Loi que sa propre volonté , & s'il entreprenoit de marcher sans être guidé par cette Cause active & intelligente dont il dépend malgré lui , & de laquelle il doit tout attendre , ainsi que les Etres corporels parmi lesquels il est si tristement confondu ? Il est certain qu'alors ses propres œuvres n'auroient aucune valeur , ni aucune force , puisqu'elles seroient destituées du seul appui qui puisse les soutenir ; & les deux causes inférieures dont il se trouve actuellement composé , se combattant sans cesse en lui , ne feroient que l'agiter , & l'abymer dans la plus fâcheuse incertitudç. Semblable aux deux lignes d'un angle quelconque y 201 Danger des Erreurs sur î Homme*.
2conque , qui peuvent bien se mouvoir chacune en sens contraire , s'écarter , se rapprocher, se confondre , & se placer l'une sur l'autre , mais qui ne peuvent jamais produire aucune espèce de figure , si Ton n'y joint une troisième ligne ; car cette troisième ligne est le moyen nécessaire qui fixe l'instabilité des deux premières, qui détermine leur position, qui les distingue sensiblement l'une de l'autre , qui constitue enfin une figure , & sans contredit la plus féconde de toutes les figures. Voilà cependant quelles sont journellement les fausses tentatives de l'homme , c'est de travailler à une œuvre impossible , c'est-àdire, de vouloir fonner une ligure avec deux lignes , en se concentrant dans l'action des deux causes inférieures qui composent aujourd'hui sa nature , & en s'efiforçant continuellement d'exclure cette Cause supérieure , active & intelligente , dont il ne peut absolument se passer. Ainsi , malgré l'évidence du besoin qu'il en a, il va se jetaiK loin d'elle , d'illusions en illusions , sans pouvoir jamais trouver le point qui doit le fixer , parce qu'il n'y a point d'oeuvre parfaite sans le concours de ce troisième Principe ; & si l'on en veut savoir la raison , c'est que dès l'instant qu'on est à trois , on est à quatre. Réfléchissant alors sur l'incertitude affreuse où Des diverses Institutions. 203
3oïi il se trouve , il esc étonné du désordre qui accompagne tous ses pas, & bientôt il nie l'Existence de ce Principe d'ordre & de paix qu'il a méconnu par négligence ou par mauvaise foi. Mais quelquefois aussi, entraîné par la force de la Vérité , il murmure contre ce même Principe qu'il avoit d'abord rejeté , & parlà nous démontre lui-même la certitude de tout ce que nous avons dit sur les variations & les inconséquences de tout Etre, dont les facultés ne sont pas réunies & fixées par leur lien naturel. Loin de croire que toutes les méprises de l'homme portent la moindre atteinte à cetre Cause dont il s'éloigne , nous devons être actuellement assez instruits sur sa nature, pour savoir qu'il souffre seul de ses égarements ; puisqu'en qualité d'Etre libre , il est le seul qui puisse être coupable ; nous devons savoir que lorsque cette Cause inaltérable dans ses facultés , comme dans son Essence , étend ses rayons jusqu'à l'homme, ils le purifient & n'en sont point souillés. Nous allons donc poursuivre notre marche , & éclaircir les difficultés qui arrêtent les Observateurs , quand ils veulent seuls & sans guide , jeter les yeux sur toutes les institutions
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1Man, it is true, as an intellectual Being, has always, over bodily Beings, the advantage of feeling a need unknown to them; but he can, no better than they, procure himself alone the relief of it: he can, no better by himself, quicken his intellectual faculties, than they have been able to animate their Being; that is to say, he can, no better than they, dispense with the active and intelligent cause, without which nothing that is within time can act effectively. What fruits, then, could man produce today, if, within the powerlessness we know him to have, he believed he had no other Law than his own will, and if he undertook to proceed without being guided by this active and intelligent Cause upon which he depends despite himself, and from which he must expect everything, just as do the bodily Beings among which he is so sadly confounded? It is certain that then his own works would have no value, nor any force, since they would be destitute of the sole support that could sustain them; and the two inferior causes of which he now finds himself composed, combating one another unceasingly within him, would do nothing but agitate him, and plunge him into the most distressing uncertainty. Like the two lines of any angle whatsoever, 201 Danger of Errors concerning Man.
2whatsoever, which may well move each in a contrary direction, draw apart, draw together, blend, and place themselves one upon the other, but which can never produce any species of figure, unless a third line be joined to them; for this third line is the necessary means that fixes the instability of the first two, that determines their position, that distinguishes them sensibly one from the other, that constitutes, finally, a figure, and, without contradiction, the most fruitful of all figures. Such, however, are the daily false attempts of man — to labor upon an impossible work, that is to say, to wish to form a figure with two lines, by confining himself within the action of the two inferior causes that compose his present nature, and by continually striving to exclude this superior, active, and intelligent Cause, of which he absolutely cannot dispense. Thus, despite the evidence of the need he has of it, he throws himself far from it, from illusion to illusion, without ever being able to find the point that ought to fix him, because there is no perfect work without the concurrence of this third Principle; and, if one wishes to know the reason for this, it is that, from the very instant one is at three, one is at four. Reflecting, then, upon the dreadful uncertainty where Of the Diverse Institutions. 203
3where he finds himself, he is astonished at the disorder that accompanies all his steps, and soon he denies the Existence of this Principle of order and of peace, which he has misjudged through negligence or through bad faith. But sometimes, too, carried away by the force of Truth, he murmurs against this same Principle he had at first rejected, and thereby demonstrates to himself the certainty of everything we have said concerning the variations and the inconsistencies of every Being whose faculties are not reunited and fixed by their natural bond. Far from believing that all the mistakes of man cast the least reproach upon this Cause from which he strays, we ought, by now, to be sufficiently instructed upon its nature, to know that he alone suffers from his errings; since, as a free Being, he alone can be culpable; we ought to know that, when this Cause, unalterable within its faculties as within its Essence, extends its rays even to man, they purify him, and are not, themselves, sullied by it. Let us, then, continue our course, and clarify the difficulties that stop Observers, when they wish, alone and without guide, to cast their eyes upon all the institutions
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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