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1i^6 Erreur sur V origine de la Religion^ pas absolument impossible de montrer encore plus clairement la cause de cet:e erreur, & de la mettre entièrement à découvert. N'ai-je pas annoncé l'homme comme étant un assemblage de facultés sensibles & de facultés intellectuelles? n'a-t-on pis dû concevoir par-là que ses facultés sensibles lui é anr communes avec les bêtes, il devenoit dès -lors susceptible d'habitudes comme elles ; mais aussi que ces habitudes , tenant toutes au sensible , ne pou~ voient naître que par le secours des causes 6c des moyens sensibles. N'a-t-on pas dû concevoir, au contraire , que les facultés intellectuelles de l'homme étant ^*un ordre supérieur aux causes sensibles, ne jibuvoient pas être commandées par ces causes sensibles, & qu'il leur falloit, pour les mouvoir <8c les animer, la réaction d'une cause & d'un a^ent d'un autre ordre, c'est-à-dire, qui fût de la même nature que l'Etre intellectuel de l'homme. C'est donc là que se trouve la solution du problême ; il falloit distinguer les œuvres sensibles de l'homme d'avec ses idées premières qui n'appartiennent qu'à son Etre intellectuel; il falloit voir que le climat, la température & tous les accidents plus ou moins considérables de la Rature matérielle & sensible pouvoit bien opérer sur les mœurs, les habitudes & les actions extérieures
2Erreur sur V origine Je la Religion. 1 47 extérieures de l'homme , qu'ils pouvoienc même par la liaison de l'homme au sensible , opérer passivement sur ses facultés intellectuelles ; mais que le concours de toutes les révolutions élémentaires quelconques ne lui donneroient jamais la moindre idée dune Cause supérieure, ni des points fondamentaux que nous avons découverts en lui; puisqu'en un mot toutes les causes que nous examinons dans ce moment , étant par leur nature , dans l'ordre sensible, ne peuvent opérer activement que sur le sensible , & jamais ainsi sur l'intellectuel. Alors nous ne verrions dans tous ces fruits de lafoiblesse & de la crainte de l'homme, qu'un usage faux & une application insensée de r * facultés intellectuelles; mais nous n'y verrk,. > jamais leur origine. Car si lors même que ces facultés intellectuelles agissent sur le sensible , elles le font simplement mouvoir, & ne le créent pas, quoiqu'elles lui soient supérieures ; à plus forte raison le sensible leur étant inférieur, elles en pourront être affectées, lorsqu'il agira sur elles , mais elles n'en recevront jamais la naissance & la vie. Nous rentrons donc de nouveau dans notre principe, qui a été de placer l'existence de la Religion au premier moment de L'existence de l'homme. Si , après de semblables démonstrations, ceux Q4 qui
3148 Germe intellectuel de F Homme. qui ont avancé l'opinion contraire, persistaient encore à la soutenir , & à vouloir que l'homme eût trouvé dans des causes inférieures & sensibles , la source des notions & de toutes les lumières dont nous annonçons qu'il porte le germe en lui-même; nous n'aurions, pour renverser absolument leur système, qu'une seule chose à leur demander : savoir, pourquoi , si selon eux , les révolutions de la Nature matérielle ont donné aux hommes une Religion, les Bêres n'ont-elles pas aussi la leur; car elles ont été présentes , comme les hommes , à toutes ces révolutions. Cessons donc de nous arrêter à une pareille opinion , & attachons - nous plutôt à reconnoître tout le prix du germe qui a été placé dans nous - mêmes ; attachons - nous à sentir que si ce germe précieux doit nous rendre des fruits sans nombre , quand il aura reçu sa culturc naturelle; il ne pourra aussi annoncer que la confusion & le désordre quand il recevra des cultures étrangères. Enfin, n'attribuons qu'à ces fausses cultures , les incertitudes que l'homme a montrées dans tous les pas qu'il a faits sans son guide. Mais je pressens la curiosité de mes Lecteurs sur cette culture naturelle, sur les effets invariables de la Cause active & intelligente que j'ai reconnue comme la lumière indispensable de l'homme ', en un mot > sur cette Religion & ce
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1i^6 Error upon the Origin of Religion. not absolutely impossible to show still more clearly the cause of this error, and to bring it entirely into the open. Have I not announced man as being an assemblage of sensible faculties and of intellectual faculties? Ought one not to have conceived, thereby, that his sensible faculties, being common to him with beasts, he became, from then on, susceptible of habits like them; but also that these habits, holding entirely to the sensible, could be born only through the aid of sensible causes 6c and means? Ought one not, on the contrary, to have conceived that the intellectual faculties of man, being of an order superior to sensible causes, could not be commanded by these sensible causes, and that they required, in order to move them <8c and to animate them, the reaction of a cause and of an agent of another order, that is to say, of the same nature as the intellectual Being of man? It is here, then, that the solution of the problem is found; one had to distinguish the sensible works of man from his first ideas, which belong only to his intellectual Being; one had to see that climate, temperature, and all the accidents, more or less considerable, of material and sensible Nature might well operate upon manners, habits, and exterior
2Error upon the Origin of Religion. 1 47 exterior actions of man, that they could even, through the connection of man to the sensible, operate passively upon his intellectual faculties; but that the concurrence of all elemental revolutions whatsoever would never give him the least idea of a superior Cause, nor of the fundamental points we have discovered within him; since, in a word, all the causes we are examining at this moment, being by their nature within the sensible order, can operate actively only upon the sensible, and never thus upon the intellectual. We should then see, within all these fruits of the weakness and of the fear of man, nothing but a false use and a senseless application of his intellectual faculties; but we should never see there their origin. For, if, even when these intellectual faculties act upon the sensible, they merely set it in motion, and do not create it, though they be superior to it; still more strongly reasoned, the sensible being inferior to them, they may be affected by it, when it acts upon them, but they will never receive from it their birth and their life. We return, then, once more to our principle, which has been to place the existence of Religion at the very first moment of the existence of man. If, after such demonstrations, those Q4 who
3148 Intellectual Seed of Man. who have advanced the contrary opinion should still persist in maintaining it, and in wishing that man should have found within inferior and sensible causes the source of the notions and of all the enlightenment of which we announce that he bears the seed within himself; we should need, to overturn absolutely their system, but a single thing to ask them: namely, why, if, according to them, the revolutions of material Nature have given men a Religion, Beasts do not also have theirs; for they have been present, like men, to all these revolutions. Let us, then, cease dwelling upon so mistaken an opinion, and let us attach ourselves, rather, to recognizing the whole worth of the seed that has been placed within ourselves; let us attach ourselves to feeling that, if this precious seed must render us fruits without number, once it has received its natural cultivation, it can likewise announce nothing but confusion and disorder when it receives foreign cultivations. Finally, let us attribute solely to these false cultivations the uncertainties man has shown within all the steps he has taken without his guide. But I foresee the curiosity of my Readers concerning this natural cultivation, concerning the invariable effects of the active and intelligent Cause I have recognized as the indispensable light of man; in a word, concerning this Religion and this
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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