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1tout-à-fait opposées; cependant ces éléments, quoiqu'étant plusieurs, sont vraiment la base & le fondement de toutes les enveloppes matérielles. Il nous est donc impossible d'adopter avec les Observateurs , qu'il n'y ait qu'une seule essence dans les corps , lorsque nous voyons leurs propriétés se montrer si différemment ; loin donc, ainn qu'ils le prétendent, que la même Matière sait continuellement employée dans la successive révolution des formes, il n'en est seulement pas deux, dans lesquelles on puisse raisonnablement l'admettre. Je ne cesserai donc de répéter que l'essence des corps n'est point unique, comme ils le croient ; que toutes les formes sont le résultat de leurs Principes innés, qui ne peuvent manifester leur action que sous la Loi générale de trois éléments , essentiellement différents par leur nature ; qu'un résultat de cette espèce ne peut être considéré comme un Principe , attendu que n'étant point un , il est exposé à varier , & il dépend de l'action plus ou moins forte de l'un ou l'autre de ces éléments ; qu'ainsi la Matière ne peut être stable & permanente , ni passer successivement d'un corps à l'autre , mais que ces corps proviennent tous de l'acnon d'un Principe nouveau & par conséquent différent. En un mot , cette différence de tous les Principes innés est assez sensible, si l'on observe que toutes
2Diversité des Essences Matérielles, i i f toutes les classes & tous les Règnes delà Nature corporelle sont marqués par des caractères frappants & distinctifs : si Ton observe , dis - je> l'opposition qui règne entre la plupart des classes & des espèces ; c'est là ce qui fera convenir que ces Principes innés & agents des divers corps , sont nécessairement différents. Car, pour que le Principe agent , intérieur & inné des corps fût le seul, ou le même, dans toute la Nature, il faudroit qu'il agir par-tout, & qu'il reparût continuellement & d'une manière uniforme dans les divers corps. Mais , après avoir reconnu cette différence individuelle des Principes, rappelions - nous avec quelle précision & quelle exactitude chacun d'eux opère l'action particulière qui lui est imposée, & nous compléterons par-là l'idée que nous avons déjà donnée de ces Principes des Etres corporels , en disant qu'ils ne peuvent point être un assemblage , comme les essences de la matière , mais qu'ils sont des Etres simples , dépositaires de leur Loi & de toutes leurs facultés ; des Etres dépositaires d'une seule action , comme tout Etre simple; c'est-à-dire, des Etres indestructibles , mais dont l'action sensible doit finir , & finit à tout instant , parce qu'ils ne sont préposés que pour agir dans le temps, & pour composer le temps. Hz Je 1 1 6 Du Système des Développements.
3Je n'ai plus qu'une légère remarque à faire aux Observateurs de la Nature sur un mot qu'ils emploient , en traitant des corps. Ils en annoncent la naissance & l'accroissement sous le nom de développement. Nous ne pouvons leur passer cette expression ; parce que, s'il étoit vrai que les corps ne lissent que se développer , il faudroit qu'ils fussent entiers dans leurs germes ou dans leurs Principes. Or, si ces corps étoient essentiellement 5c réellement contenus-dans les Principes, ils en feroient disparoître leur qualité primitive d'Erré simple; alors ils ne seroient plus indivisibles , ni par conséquent revêtus de l'immortalité , ou il faudroit pour la conserver aux Principes , la conserver aussi aux Etres corporels qui y seroient renfermés ; ce seroit accorder ce que nous avons nié jusqu'à présent, & contredire grossièrement ce que nous avons établi. Si les Observateurs ne veulent pas s'exposer aux conséquences les plus absurdes , il faut donc qu'ils s'accoutument à ne point regarder la croissance des Etres corporels comme un développement , mais comme l'œuvre & l'opération du Principe inné , producteur des essences matérielles qui les dispose & les conforme selon la Loi particulière qu'il porte avec lui. Je sais que ceux à qui je m'adresse, sont bien loin de soupçonner une pareille doctrine, 6c qu'ils seront
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1totally opposed; yet these elements, though several, are truly the base and the foundation of every material covering. It is, then, impossible for us to adopt, along with the Observers, the notion that there is but a single essence within bodies, when we see their properties show themselves so differently; far, then, from the same Matter being continually employed, as they claim, within the successive revolution of forms, there are not even two forms within which one could reasonably admit it. I shall not cease, then, to repeat that the essence of bodies is not unique, as they believe; that every form is the result of its innate Principles, which can manifest their action only under the general Law of three elements, essentially different by their nature; that a result of this kind cannot be considered a Principle, since, not being one, it is liable to vary, and depends upon the more or less strong action of one or another of these elements; that thus Matter cannot be stable and permanent, nor pass successively from one body to another, but that these bodies all proceed from the action of a new, and consequently different, Principle. In a word, this difference among every innate Principle is sensible enough, if one observes that every
2Diversity of Material Essences, i i f every class and every Kingdom of bodily Nature is marked by striking and distinctive characters: if one observes, I say, the opposition that reigns among most classes and species; this is what will lead one to grant that these innate Principles, agents of the various bodies, are necessarily different. For, in order for the agent Principle, inward and innate within bodies, to be the only one, or the same one, throughout all of Nature, it would have to act everywhere, and to reappear continually, and in a uniform manner, within the various bodies. But, after having recognized this individual difference among Principles, let us recall with what precision and with what exactness each of them performs the particular action imposed upon it, and we shall thereby complete the idea we have already given of these Principles of bodily Beings, in saying that they cannot be a combination, like the essences of matter, but are simple Beings, depositaries of their Law and of all their faculties; Beings, depositaries of a single action, like every simple Being; that is to say, indestructible Beings, but whose perceptible action must end, and does end at every instant, because they are appointed only to act within time, and to compose time. Hz Je 1 1 6 Of the System of Developments.
3I have but a slight remark left to make to the Observers of Nature upon a word they employ, in treating of bodies. They announce their birth and their growth under the name of development. We cannot let this expression pass; because, were it true that bodies did nothing but develop themselves, they would have to be already complete within their germs, or within their Principles. Now, were these bodies essentially 5c really contained within the Principles, they would thereby cause their primitive quality as a simple Being to disappear; then they would no longer be indivisible, nor consequently clothed with immortality, or, to preserve it for the Principles, one would have to preserve it also for the bodily Beings contained within them; which would be to grant what we have denied until now, and to contradict grossly what we have established. If the Observers do not wish to expose themselves to the most absurd consequences, they must, then, accustom themselves not to regard the growth of bodily Beings as a development, but as the work and the operation of the innate Principle, producer of material essences, which disposes and shapes them according to the particular Law it carries with it. I know that those to whom I address myself are far from suspecting such a doctrine, 6c that they will
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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