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190 De la Génération des Corps. teur des choses ne peut pis faire que le Monde soit éternel comme lui ; car ce ne seroit pas rendre le Monde éternel que de lui faire succéder d'autres Mondes , comme ce sera toujours en sa puissance, puisque chacun de ces Mondes ne pouvant être que l'œuvre d'un Principe secondaire , seroit dès - lors nécessairement périssable. Examinons actuellement un autre système relatif à notre sujet. On a enseigné , qu'après la dissolution des Etres corporels , les débris de ces corps étoient employés à faire partie de la substance des autres corps. Assurément , les Observateurs de la Nature se sont trompés dans cette doctrine, ainsi que dans les conséquences qu'ils en ont tirées. Car, dire que les corps se forment les uns des autres , & ne sont que divers assemblages successifs des mêmes matériaux, c'est une erreur aussi grande que de prétendre que la Matière est éternelle. Ils se seroient bien gardés d'avancer de pareilles opinions , s'ils avoient pris plus de précautions pour marcher sûrement dans la connoissance de la Nature. Les Principes universels de la Matière sont des Etres simples ; chacun d'eux est un , ainsi qu'il résulte de nos observations, & de l'idée que nous avons donnée d'un Principe en général : les Principes innés de la moindre particule
2De la Génération des Corps. cjr cule de matière doivent donc avoir la même propriété ; chacun d'eux sera donc un & simple , comme les Principes universels de cette même Matière : il ne peut y avoir de différence entre ces deux sortes de Principes , que dans la durée & dans la force de leur action, qui est plus longue & plus étendue dans les Principes universels que dans les Principes particuliers. Or l'action propre d'un Principe simple est nécessairement simple & unique elle-même , & ne peut avoir , par conséquent , qu'un seul buta remplir Telle a en elle tout ce qu'il lui faut pour l'entier accomplissement de sa Loi ; enfin , elle n'est susceptible ni de mélange , ni de division. Celle du Principe universel matériel a donc les mêmes facultés , & quoique les résultats qui en proviennent, se multiplient, s'étendent & se subdivisent à l'infini , il est certain que ce Principe universel n'a qu'un seul œuvre à faire , & qu'un seul acte à opérer. Lorsque son œuvre sera rempli , son action doit cesser , & être retirée par celui qui lui avoit ordonné de la produire ; mais pendant toute la durée du temps , il est assujetti à faire le même acte & à manifester les mêmes effets. Il en est ainsi des Principes innés des différents corps particuliers ; ils sont soumis à la même Loi d'unité d'action , & lorsque la durée 9* De la Génération des Corps'. durée en est accomplie , elle leur esc également retirée.
3Alors , si chacun de ces Principes n'a qu'une seule action , & qu'à la fin de cette action , ils doivent tous rentrer dans leur source primitive , nous ne pouvons avec raison attendre d'eux de nouvelles formes , & nous devons conclure que les corps que nous voyons naître successivement, tirent leur origine & leur substance d'autres Principes , que de ceux dont nous avons vu l'action suspendue dans la dissolution des corps qu'ils a voient produits. Nous sommes donc obligés de chercher ailleurs la source d'où doivent naître ces nouveaux corps. Mais où pourrons-nous mieux la trouver que dans la force & l'activité de cette double Loi , qui constitue la Nature universelle corporelle , & qui se montre en même temps sous mille faces différentes dans la production & les progrès des corps particuliers ? Nous savons , en effet , que cette terre que nous habitons , ne pourroit exister 5c se conserver , si elle n'avoit en elle un Principe végétatif qui lui est propre ; mais qu'il faut nécessairement qu'une cause extérieure, qui n'est autre chose que le Feu Céleste ou Planétaire , réagisse sur ce Principe pour que son action se manifeste. Il en est de même des corps particuliers ; chacun
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
190 Of the Generation of Bodies. of things cannot make the World eternal as he is; for it would not be to render the World eternal, to have it succeeded by other Worlds, as will always be within his power, since each of these Worlds, being able to be nothing but the work of a secondary Principle, would from then on necessarily be perishable. Let us now examine another system relative to our subject. It has been taught that, after the dissolution of bodily Beings, the debris of these bodies were employed to form part of the substance of other bodies. Assuredly the Observers of Nature have erred in this doctrine, as well as in the consequences they have drawn from it. For to say that bodies form themselves one from another, and are nothing but various successive combinations of the same materials, is an error as great as claiming that Matter is eternal. They would have taken great care not to advance such opinions, had they taken more precaution to walk surely within the knowledge of Nature. The universal Principles of Matter are simple Beings; each of them is one, as follows from our observations, and from the idea we have given of a Principle in general: the innate Principles of the least particle
2Of the Generation of Bodies. cjr of matter must, then, have the same property; each of them will, then, be one and simple, like the universal Principles of that same Matter: there can be no difference between these two kinds of Principles, except within the duration and within the force of their action, which is longer and more extensive within the universal Principles than within the particular Principles. Now, the proper action of a simple Principle is necessarily simple and unique in itself, and can, consequently, have but a single goal to fulfill; it possesses within itself everything needed for the complete fulfillment of its Law; finally, it is susceptible neither of mixture, nor of division. That of the universal material Principle possesses, then, the same faculties, and, though the results proceeding from it multiply, extend, and subdivide themselves to infinity, it is certain that this universal Principle has but a single work to perform, and but a single act to carry out. When its work shall be fulfilled, its action must cease, and be withdrawn by him who had ordered it to produce it; but throughout the whole duration of time, it is bound to perform the same act, and to manifest the same effects. It is likewise with the innate Principles of the various particular bodies; they are subject to the same Law of unity of action, and when the duration 9* Of the Generation of Bodies. duration of it is fulfilled, it is likewise withdrawn from them.
3Then, if each of these Principles has but a single action, and if, at the end of that action, they must all return into their primitive source, we cannot with reason expect from them new forms, and we must conclude that the bodies we see coming into being successively draw their origin and their substance from Principles other than those whose action we have seen suspended within the dissolution of the bodies they had produced. We are, then, obliged to seek elsewhere the source from which these new bodies must be born. But where could we better find it than within the force and the activity of that double Law, which constitutes universal bodily Nature, and which shows itself, at the same time, under a thousand different aspects within the production and the progress of particular bodies? We know, indeed, that this earth we inhabit could not exist, 5c preserve itself, if it did not possess within itself a vegetative Principle proper to it; but that it is necessary that an external cause, which is nothing other than the Celestial or Planetary Fire, react upon this Principle, in order for its action to manifest itself. It is the same with particular bodies; each
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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