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1461 Expériences sur des Enfants. vivre en société? Or, pourquoi l'homme Se trouve-t-il ainsi placé au milieu de ses semblables qui sont censés avoir fait leur réhabilitation , si ce n'est pour y recevoir tous les secours dont il a besoin , pour ranimer à son tour ses facultés ensevelies , & pouvoir les exercer à son profit ? C'est donc agir directement contre ces deux Loix & contre l'homme , que de le priver des secours qu'il devoit en attendre ; c'est être peu sensé que de le juger, après lui avoir ôté tous les moyens d'acquérir l'usage des facultés qu'on lui conteste , & dont on cherche à le croire incapable. Il vaudroit autant placer un germe sur une pierre, & nier ensuite que ce germe dût porter des fruits. Mais, sans aller plus loin , s'il est évident que quand l'homme est privé des secours qui lui sont indispensablement nécessaires, il ne peut produire aucune langue fixe , & que cependant il y a des langues parmi les hommes ; où pourra - c-on donc trouver l'origine de ce langage universel , & ne faudra-t-il pas convenir que celui qui a pu l'enseigner le premier , a dû le recevoir d'ailleurs que de la main des hommes ? 11 y a, je le sais, une espèce de langage naturel & uniforme , que les Observateurs s'accordent assez généralement à reconnoître dans l'homme , c'est celui par lequel il désigne ses affections Du Langage des Etres sensibles. 46 $ affections de plaisir & de douleur ; ce qui annonce en lui une sorte de sons appropriés à cet usage.
2Mais il est bien clair que ce langage , si c'en est un y n'a que les sensations corporelles pour guide & pour objet ; & la preuve la plus convaincante que nous en ayons , c'est qu'il se trouve également dans les bêtes , dont la plupart manifestent au dehors leurs sensations par des mouvements & même par des sons caractérisés. Toutefois cette espèce de langage doit peu nous étonner dans l'animal, si nous nous rappelions les principes établis ci- dessus. Le Principe corporel de l'animal n'est-il pas immatériel , puisqu'il ne peut y avoir aucun Principe qui ne le soit ? Comme tel , ne doit-il pas avoir des facultés , & s'il a des facultés, ne doit-il pas avoir des moyens de les manifester ? Mais aussi , les moyens donc chaque Etre en particulier peut avoir l'usage , doivent toujours être en raison de ses facultés ; car , s'il n'y avoit pas là une mesure comme dans tout le reste , ce seroit une irrégularité , & dans les Loix des Etres nous ne saurions jamais en admettre. C'est donc par cette mesure que l'on doit évaluer l'espèce de langage par lequel les bêtes démontrent leurs facultés ; puisque étant bornées à sentir , il ne leur a fallu que les moyens de iaire connoître qu elles sentoienr, & elles les ont. Les 4^4 Du Langage des Etres sensibles* Les Etres qui n'ont d'autres facultés que celles de la végétation , démontrent aussi clairement cette faculté de végétation par le fait même , mais ils ne démontrent que cela.
3Ainsi , quoique la bête ait des sensations , & qu'elle les exprime ; quoique dans l'état actuel des choses ces sensations soient de deux sortes , l'une bonne & l'autre mauvaise , & que la bête les désigne toutes deux en montrant quand elle a de la joie , ou quand elle souffre, on ne peut se dispenser de borner à ce seul objet son langage & tous les signes démonstratifs qui en font partie ; & jamais on ne pourra regarder cette manière de s'exprimer comme une vraie langue , puisqu'une langue a pour but d'exprimer les pensées , que les pensées sont le propre des Principes intellectuels , & que j'ai assez clairement démontré que le Principe de la bête n'est point intellectuel, quoiqu'il soit immatériel. Si nous sommes fondés à ne point regarder comme une langue réelle les démonstrations par lesquelles la bête fait connoître ses sensations ; alors , quoique l'homme , comme animal , ait aussi ces sensations & les moyens de les manifester, nous n'admettrons jamais la moindre comparaison , entre ce langage borné & obscur , & celui dont la Nature intellectuelle des hommes les rend susceptibles. Ce seroit sans doute une étude intéressante & instructive,
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1461 Experiments upon Children. live within society? Now, why does man find himself thus placed amid his fellows, presumed to have made their rehabilitation, if not to receive there all the aid he needs, to reanimate, in his turn, his buried faculties, and to be able to exercise them to his profit? It is, then, to act directly against these two Laws, and against man, to deprive him of the aid he ought to expect from them; it is to be little sensible to judge him, after having taken from him all the means of acquiring the use of the faculties contested to him, and of which he is sought to be believed incapable. It would be as well to place a seed upon a stone, and then to deny that this seed ought to bear fruit. But, without going further, if it be evident that, when man is deprived of the aid indispensably necessary to him, he can produce no fixed language, and yet that there are languages among men, whence, then, can the origin of this universal language be found, and must it not be admitted that whoever could have taught it first must have received it from elsewhere than from the hand of men? 11 There is, I know, a species of natural and uniform language, which the Observers agree, generally enough, to recognize within man, which is that by which he designates his affections Of the Language of Sensible Beings. 46 $ affections of pleasure and of pain; which announces within him a sort of sounds appropriate to this usage.
2But it is quite clear that this language, if it be one, has only bodily sensations for guide and for object; and the most convincing proof we have of it is that it is likewise found within beasts, most of which manifest outwardly their sensations through movements and even through characteristic sounds. Yet this species of language ought to astonish us little within the animal, if we recall the principles established above. Is not the bodily Principle of the animal immaterial, since there can be no Principle that is not so? As such, must it not have faculties, and, if it has faculties, must it not have means of manifesting them? But, likewise, the means of which each particular Being can have the use must always be proportioned to its faculties; for, were there not, there, a measure as within everything else, this would be an irregularity, and, within the Laws of Beings, we could never admit one. It is, then, by this measure that we must evaluate the species of language by which beasts demonstrate their faculties; since, being confined to feeling, they needed only the means of making known that they felt, and they have them. The 4^4 Of the Language of Sensible Beings. Beings that have no other faculties than those of vegetation likewise demonstrate this faculty of vegetation, through the very fact itself, but they demonstrate only this.
3Thus, though the beast has sensations, and expresses them; though, within the present state of things, these sensations are of two sorts, the one good and the other bad, and though the beast designates both, in showing when it has joy, or when it suffers, one cannot dispense with confining its language, and all the demonstrative signs that are part of it, to this single object; and one shall never be able to regard this manner of expressing itself as a true language, since a language has for purpose to express thoughts, since thoughts are proper to intellectual Principles, and since I have shown clearly enough that the Principle of the beast is not intellectual, though it be immaterial. If we are entitled not to regard as a real language the demonstrations by which the beast makes its sensations known, then, though man, as animal, has these sensations too, and the means of manifesting them, we shall never admit the least comparison between this bounded and obscure language and the one to which the intellectual Nature of men renders them susceptible. This would, doubtless, be an interesting and instructive,
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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