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1Je vais donc actuellement fixer sa vue sur un attribut incorruptible qu'il possédoit pleinement dans son origine , & dont la jouissance non seulement ne lui est pas totalement interdite aujourd'hui, mais qui est même un droit auquel il peut prétendre , & qui lui offre la seule voie & le seul moyen de recouvrer cette place importante dont nous venons de parler. Rien ne paroîtra moins imaginaire que ce que j'avance , quand on réfléchira que même dans sa privation , l'homme possède encore les facultés du désir & de la volonté ; qu'ainsi ayant des facultés , il lui faut des attributs pour les manifester , puisque la Cause première ellemême est soumise, ainsi que tout ce qui tient à son Essence, à la nécessité de ne pouvoir riea manifester sans le secours de ses attributs. Il est vrai que les facultés de ce Principe premier étant aussi infinies que les Nombres , les attributs qui leur répondent doivent être également sans limites ; car non seulement ce Principe premier manifeste des productions hors du temps , pour lesquelles il emploie des attributs inhérents en lui , & qui ne sont distincts entr'eux que par leurs différentes propriétés ; mais il manifeste encore des productions dans le temps , & pour lesquelles , outre le secours de ces attributs inséparables d'avec luimême , il lui a fallu de plus des attributs hors de
2Ressources de l'Homme. 451 de lui , venant de lui , agissant par lui , & qui ne fussent pas lui ; ce qui constitue la Loi des Etres temporels , & explique la double action de l'Univers. Mais,quoique les manifestations que l'homme a à faire ne soient nullement comparables à celles de la Cause première , on ne peut néanmoins lui contester les facultés que nous venons de reconnaître en lui , ainsi que le besoin indispensable d'attributs analogues à ces facultés , pour pouvoir les mettre en valeur ; & puisque ces attributs sont les mêmes que ceux par lesquels il a prouvé autrefois sa grandeur , nous verrons qu'il en devroit attendre aujourd'hui les mêmes secours, s'il avoit une volonté constante d'en faire usage , & qu'il leur donnât toute sa confiance. Ff 2 7 4$i Attributs de l'Homme. 7 CEs attributs au dessus de tout prix , & dans lesquels se trouve la seule ressource de l'homme, sont renfermés dans la connoissance des langues , c'est-à-dire , dans cette faculté commune à toute l'espèce humaine de communiquer ses pensées ; faculté que toutes les Nations ont en ^ffet cultivée, mais d'une manière peu profitable pour elles, parce qu'elles ne l'ont pas appliquée à son véritable objet.
3Nous voyons évidemment que les avantages attachés à la faculté de parler , sont les droits réels de l'homme , puisque par leur moyen il commerce avec ses semblables , & qu'il leur rend sensibles toutes ses pensées & toutes ses affections. C'est même là ce qui seul peut vraiment répondre à ses désirs sur cet objet j car tous les signes qu'on a employés pour suppléer à la parole dans ceux qui en sont privés , soit par nature , soit par accident , ne remplissent ce but que très-imparfaitement. Cela se borne chez eux ordinairement à des négations & à des affirmations, toutes choses qui ne sont que la suite d'une question; & si Ton ne les interroge , ils ne peuvent d'eux-mêmes nous faire Des Langues factices. 453 faire concevoir une pensée, à moins, ce qui revient au même, que l'objet n'en soie sous leurs yeux, & que par le tact ou autres signes démonstratifs , ils ne nous fassent comprendre l'application qu'ils en veulent faire. Ceux qui ont poussé l'industrie plus loin , ne peuvent être entendus que des Maîtres qui les ont enseignés , ou de toute autre personne qui seroit instruite de la convention ; mais alors , quoique ce soit bien là une espèce de langage , cependant nous ne pouvons jamais dire que ce soit une véritable Langue , puisque premièrement elle n'est pas commune à tous les hommes, & en second lieu , qu'elle peçhe fortement par l'expression , en ce qu'elle est privée des avantages inappréciables qui s,e trouvent dans la prononciation.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1I shall, then, now fix his view upon an incorruptible attribute he fully possessed within his origin, and whose enjoyment is not only not entirely forbidden him today, but which is even a right to which he can lay claim, and which offers him the sole path and the sole means of recovering that important place of which we have just spoken. Nothing will appear less imaginary than what I advance, when it is reflected that, even within his privation, man still possesses the faculties of desire and of will; that thus, having faculties, he needs attributes to manifest them, since the first Cause itself is subject, as is everything that holds to its Essence, to the necessity of being unable to manifest anything without the aid of its attributes. It is true that, the faculties of this first Principle being as infinite as Numbers, the attributes that correspond to them must be equally without limits; for not only does this first Principle manifest productions beyond time, for which it employs attributes inherent within itself, and which are distinguished among themselves only by their different properties; but it manifests, further, productions within time, and for which, besides the aid of these attributes inseparable from itself, it needed, moreover, attributes beyond of
2Resources of Man. 451 itself, coming from itself, acting through itself, and which were not itself; which constitutes the Law of temporal Beings, and explains the double action of the Universe. But, though the manifestations man has to make are in no way comparable to those of the first Cause, one cannot, nevertheless, contest him the faculties we have just recognized within him, as well as the indispensable need for attributes analogous to these faculties, to be able to put them to use; and since these attributes are the same as those by which he formerly proved his grandeur, we shall see that he ought to expect from them, today, the same aid, had he a constant will to make use of them, and did he give them all his confidence. Ff 2 7 4$i Attributes of Man. 7 These attributes, beyond all price, and within which lies the sole resource of man, are enclosed within the knowledge of languages, that is to say, within that faculty common to the whole human species, of communicating its thoughts; a faculty all Nations have, indeed, cultivated, but in a manner little profitable for them, because they have not applied it to its true object.
3We see evidently that the advantages attached to the faculty of speaking are the real rights of man, since, by their means, he commerces with his fellows, and renders sensible to them all his thoughts and all his affections. This, indeed, is what alone can truly answer his desires upon this object; for all the signs employed to supply for speech, within those deprived of it, whether by nature or by accident, fulfill this purpose only very imperfectly. This is ordinarily confined, among them, to negations and to affirmations, all things that are but the consequence of a question; and, if they are not questioned, they cannot, of themselves, make us Of Factitious Languages. 453 us conceive a thought, unless, what amounts to the same thing, the object be before their eyes, and unless, through touch or other demonstrative signs, they make us understand the application they wish to make of it. Those who have pushed ingenuity further can be understood only by the Masters who have taught them, or by any other person instructed in the convention; but then, though this be indeed a sort of language, we can nevertheless never say it is a true Language, since, first, it is not common to all men, and, secondly, that it fails greatly in expression, in that it is deprived of the inestimable advantages found within pronunciation.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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