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1Je dois, à ce sujet > faire remarquer les obscurités où Cette fausse manière de considérer les corps a entraîné la multitude. Le Vulgaire a cru qu'en mutilant, divisant & subdivisant la Matière, il mutiioit, divisoit & subdivisoit en effet le Principe & l'essence de la Matière; & croyant que les bornes seules de ses organes corporels l'empêchoient d'aller aussi loin que sa pensée dans cette opération , il a imaginé que cette division étoit essentiellement possible au de-là de ce qu'il pouvoir opérer lui-même , & il a cru que la Matière étoit divisible à l'infini ; de-là , il Ta regardée comme indestructible , & par conséquent, comme éternelle. C'est absolument pour avoir confondu la Matière avec le Principe de la Matière , que ces erreurs ont été presque universellement adoptées. En effet , diviser les formes de la Matière , ce n'est pas diviser son essence , ou, pour mieux dire, désunir les parties diverses dont tous les corps sont composés , ce n'est pas diviser , ce n'est pas décomposer la Matière, parce que chacune des parties matérielles provenant de cette division, demeure intacte dans son apparence de Matière , par conséquent dans son essence , & dans le nombre des Principes qui constituent toute la Matière. Par quel étrange aveuglement l'homme a-t-il donc pu croire qu'en diversifiant lès dimensions F des 8 1 De la Divisibilité de la Matière.
2des corps , il divisoic réellement la Matière ? IN'cst-il pas aisé de voir que toutes les opérations de rhomme en ce genre se bornent à transposer , à désunir ce qui étoit joint; & pour que sa main pût décomposer la Matière, ne faudroit-il pas que ce fût lui qui l'eût composée ? Je ne vois donc ici que la foiblesse & les bornes des facultés de l'homme , qui est arrêté par la force invincible des Principes de la Matière; car nous savons qu'il peut varier à son gré les figures & les formes corporelles , parce que ces formes ne sont qu'un assemblage de particules différentes, & n'ont par cette raison aucune des propriétés de l'Unité; mais enfin, il n'y a pas une seule de ces particules qu'il puisse anéantir^ parce que si le Principe qui les soutient n'est point composé , il ne peut être sujet à aucune division dans son essence ; & dans ce sens , non seulement la Matière n'est pas divisible à l'infini , selon l'idée commune , mais il n'est pas même possible que la main de l'homme commence ou opère sur elle la première & la moindre des divisions ; nouvelle preuve pour démontrer que ce Principe corporel est un & simple , & par conséquent qu'il n'est point Matière. Ce que j'ai dit de la méthode des Mathématiciens, a dû faire sentir la différence qu'il y a de leur marche à celle de la Nature. La Science Mathématique
3Bornes des Mathématiques* 8$ Mathématique n'offrant entre leurs mains qu'une copie trompeuse de la vraie Science, n'a pour base & pour résultats que des relations, sur lesquelles ayant une fois fixé leurs suppositions, les conséquences se trouvent justes & convenables à l'objet qu'ils se proposent; en un mot, les Mathématiciens ne peuvent pas s'égarer , parce qu'ils ne sortent pas de leur enceinte, & qu'ils ne font que tourner sur un pivot; alors tous leurs pas les ramènent au point d'où ils sont partis. En effet, quelqu'élevé que soit leur édifice , on voit qu'il est égal dans toutes ses parties, & qu'il n'y a pas la moindre distinction entre les matériaux qui servent de fondement, & ceux dont ils bâtissent les plus hauts étages ; aussi que nous apprennent-ils ? La Nature , au contraire, ayant pour Principe un Etre vrai & infini, produit des faits qui lui ressemblent , & quoique ces faits soient l'enveloppe dont elle se couvre à nos yeux, quoiqu'ils soient passagers , ils sont si multipliés , si variés, si actifs, que nous voyons assez clairement que la source en doit être inépuisableMais on verra dans la suite de cet Ouvrage, de plus amples observations sur la Science Mathématique , & sur l'emploi qu'on auroit dû en faire pour parvenir à la connoissance de la Nature & de ce qui est au dessus. Nous joindrons ici une autre vérité qui apF % puyera
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1I must, on this subject, point out the obscurities into which this false manner of considering bodies has led the multitude. The Common People have believed that, in mutilating, dividing, and subdividing Matter, they were indeed mutilating, dividing, and subdividing the Principle and the essence of Matter; and, believing that only the limits of their bodily organs prevented them from going as far as their thought in this operation, they have imagined that this division was essentially possible beyond what they could themselves perform, and they have believed that Matter was divisible to infinity; from this, they have regarded it as indestructible, and, consequently, as eternal. It is absolutely for having confounded Matter with the Principle of Matter that these errors have been almost universally adopted. Indeed, to divide the forms of Matter is not to divide its essence, or, to say it better, to separate the various parts of which every body is composed is not to divide, is not to decompose Matter, because each of the material parts proceeding from this division remains intact within its appearance of Matter, and, consequently, within its essence, and within the number of Principles that constitute all Matter. By what strange blindness could man, then, have believed that, by diversifying the dimensions F of 8 1 Of the Divisibility of Matter.
2of bodies, he was really dividing Matter? Is it not easy to see that all of man's operations in this kind are confined to transposing, to separating what was joined; and, for his hand to be able to decompose Matter, would it not first have to be he who had composed it? I see here, then, only the weakness and the limits of man's faculties, which are stopped by the invincible force of the Principles of Matter; for we know that he can vary at will the figures and the bodily forms, because these forms are but a combination of different particles, and possess, for this reason, none of the properties of Unity; but, after all, there is not a single one of these particles that he can annihilate, because, if the Principle that sustains them is not composite, it can be subject to no division within its essence; and, in this sense, not only is Matter not divisible to infinity, according to the common idea, but it is not even possible for the hand of man to begin, or to perform upon it, the first and the least of divisions; a new proof to demonstrate that this bodily Principle is one and simple, and, consequently, that it is not Matter. What I have said of the method of the Mathematicians must have made felt the difference there is between their course and that of Nature. The Mathematical Science
3Bounds of Mathematics. 8$ Mathematical Science, offering within their hands but a deceptive copy of the true Science, has for its base and for its results only relations, upon which, once their suppositions are fixed, the consequences are found exact and suited to the object they propose to themselves; in a word, the Mathematicians cannot go astray, because they never leave their own enclosure, and do nothing but turn upon a pivot; then every step they take brings them back to the point from which they set out. Indeed, however elevated their edifice may be, one sees that it is equal within every part of it, and that there is not the least distinction between the materials that serve as foundation, and those with which they build the highest stories; what, then, do they teach us? Nature, on the contrary, having for its Principle a true and infinite Being, produces facts that resemble it, and, though these facts are the covering with which it clothes itself before our eyes, though they are passing, they are so multiplied, so varied, so active, that we see quite clearly that their source must be inexhaustible. But we shall see, in the course of this Work, further observations upon Mathematical Science, and upon the use that ought to have been made of it, to attain the knowledge of Nature and of what is above it. We shall join here another truth that will support
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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