Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1Différence entre les Etres pensants. 237 vons douter de cette inégalité des Etres , puis* que l'homme, qui est un Etre immatériel, reconxioît nécessairement au dessus de lui , des Etres immatériels auxquels il doit des hommages & des soins assidus, comme étant dans leur dépendance ; il reconnoît que quoiqu'il soit semblable à ces Etres immatériels , par sa nature immatérielle & par sa pensée , cependant il est infiniment inférieur à eux , en ce qu'il peut perdre l'usage de ses facultés & s'égarer , au lieu que les Etres qui le dominent sont à couvert de ce funeste danger. De même , le Principe de la Matière est immatériel & indestructible comme le Principe immatériel de l'homme , mais ce qui met entre eux une distinction hors de tout rapport , c'est que l'un a la pensée & que l'autre ne l'a point , & cela parce que , comme je viens de le dire , l'Etre immatériel de l'homme provient immédiatement de la source des Etres , au lieu que l'Etre immatériel de la Matière n'en provient que mé~ diatement. Je ne crois pas faire d'indiscrétion en avouant que c'est un nombre qui les distingue , ce qui sera expliqué ci-après. Je crois en même temps rendre un service essentiel à mes semblables , en les engageant à croire à des Etres immatériels qui ne pensent point. Car plusieurs Observateurs de mon temps ont cru n'être plus Matérialistes,
2238 Différence entre les Etres pensants. listes, dès qu'ils ont pu parvenir à admettre & reconnoître comme moi, un Principe immatériel dans la Matière. Mais le Matérialisme consistet-il uniquement à n'avoir pas une connoissance parfaite, ni une idée juste de la Matière & de son Principe; & le vrai Matérialiste n'est-il pas plutôt, & ne sera-t-il pas toujours celui qui mettra dans la même classe & au même rang, le Principe immatériel de l'homme intellectuel , & le Principe immatériel de la Matière. Je ne puis donc trop recommander de ne pas confondre les vraies notions que nous portons en nous sur ces objets , & de croire à des Etres immatériels qui ne pensent point ; c'est une distinction & une vérité qui doit résoudre toutes les difficultés qu'on a élevées sur cet objet. Si cependant il restoit encore des doutes suf la "Pensée, que j'ai présentée comme devant être commune & uniforme dans tous les Etres distincts de la Matière & du sensible , & que , pour appuyer ceé doutes, on objectât cette différence si remarquable parmi les facultés intellectuelles des hommes , que chacun d'eux paroît n'être pas en ce genre partagé plus également que dans les facultés corporelles & sensibles; je conviendrois avec ceux qui auroienc cette incertitude , qu'en effet , à juger d'après la différence universelle que Ton apperçoit dans les facultés intellectuelles des hommes , il paroit
3Différence entre les Etres pensants. 239 paroit difficile à croire qu'ils puissent tous avoir une égale idée de leur Etre , ainsi que du culte auquel ils sont tenus envers lui. Mais nous n'avons jamais prétendu que le* Idées de tous , fussent égales sur cet objet, il nous suffit qu'elles soient semblables. Il n'est pas nécessaire , il n'est pas même possible que tous les hommes sentent également leur Principe , mais il est constant que tous le sentent, & qu'il n'y en a aucun qui n'en ait une idée quelconque. Cet aveu est tout ce que nous souhaitons de leur part, & c'est à la Cause active & intelligente à faire le reste. Ce ne sera point trop m'écarter de mon sujet, que de m'arrêter un instant sur la différence naturelle que nous appercevons dans les facultés intellectuelles de l'homme , & il sera utile d'apprendre à connoître ce qu'elles auroient été dans son origine première , s'il se fût maintenu dans sa gloire , & ce qu'elles sont aujourd'hui qu'il en est descendu. Quand même l'homme auroit conservé tous les avantages de son premier état , il est certain que les facultés intellectuelles de chacun des hommes de sa postérité auroient annoncé des différences , parce que ces facultés étant toutes le signe du Principe premier dont ils émanent, & ce Principe étant toujours neuf, quoique toujours le même , les signes qui le représentent , doivent manifester
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1Difference between Thinking Beings. 237 doubt this inequality of Beings, since man, who is an immaterial Being, necessarily recognizes above himself immaterial Beings to whom he owes homage and assiduous care, as being within their dependence; he recognizes that, though he be similar to these immaterial Beings, by his immaterial nature and by his thought, he is nevertheless infinitely inferior to them, in that he can lose the use of his faculties and go astray, whereas the Beings that dominate him are sheltered from this fatal danger. Likewise, the Principle of Matter is immaterial and indestructible like the immaterial Principle of man, but what places between them a distinction beyond all comparison is that the one has thought and the other has it not, and this because, as I have just said, the immaterial Being of man proceeds immediately from the source of Beings, whereas the immaterial Being of Matter proceeds from it only mediately. I do not believe I commit any indiscretion in admitting that it is a number that distinguishes them, which will be explained hereafter. I believe, at the same time, that I render an essential service to my fellow men, in engaging them to believe in immaterial Beings that do not think at all. For several Observers of my time have believed themselves no longer Materialists,
2238 Difference between Thinking Beings. -ists, as soon as they have been able to arrive at admitting and recognizing, as I do, an immaterial Principle within Matter. But does Materialism consist solely in not having a perfect knowledge, nor a correct idea, of Matter and of its Principle; and is not the true Materialist, rather, and will he not always be, he who places within the same class and within the same rank, the immaterial Principle of intellectual man, and the immaterial Principle of Matter. I cannot, then, recommend too strongly not to confound the true notions we bear within ourselves upon these objects, and to believe in immaterial Beings that do not think at all; it is a distinction and a truth that must resolve all the difficulties raised upon this object. If, however, there still remained some doubts upon Thought, which I have presented as being common and uniform within all Beings distinct from Matter and from the sensible, and if, to support these doubts, one were to object with that difference so remarkable among the intellectual faculties of men, that each of them appears not to be, in this respect, endowed more equally than in their bodily and sensible faculties; I should agree, with those who had this uncertainty, that, indeed, judging from the universal difference one perceives within the intellectual faculties of men, it appears
3Difference between Thinking Beings. 239 appears difficult to believe that they could all have an equal idea of their Being, as well as of the cult to which they are bound toward it. But we have never claimed that the Ideas of all were equal upon this object; it suffices for us that they be similar. It is not necessary, it is not even possible, that all men feel their Principle equally, but it is certain that all feel it, and that there is not one of them who does not have some idea of it. This admission is all we wish from them, and it is for the active and intelligent Cause to do the rest. It will not be too great a departure from my subject to pause a moment upon the natural difference we perceive within the intellectual faculties of man, and it will be useful to learn what they would have been within his first origin, had he maintained himself within his glory, and what they are today, now that he has descended from it. Even had man preserved all the advantages of his first state, it is certain that the intellectual faculties of each of the men of his posterity would have shown differences, because these faculties, all being the sign of the first Principle from which they emanate, and this Principle being always new, though always the same, the signs that represent it must manifest
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
No commentary for this page.