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1conformité avec elles , que la Musique artificielle nous attache & nous cause plus ou moins d'émotion. Lorsque j'ai appuyé sur la précision de la mesure à laquelle la Musique est assujettie , je n'ai pas perdu de vue l'universalité de cette Loi; je me suis proposé au contraire d'y revenir, pour montrer qu'en même temps qu'elle embrasse tout , elle a par-tout des caractères distincts. Et il n'y a rien ici qui ne soit conforme à tout ce qui a été établi ; on a vu la mesure tenir sa place parmi les facultés intellectuelles de l'homme , & entrer au nombre des Loix qui le dirigent ; on a pu juger par-là que ces facultés intellectuelles étant elles-mêmes la ressemblance des facultés du Principe supérieur d'où l'homme tient tout, ce Principe doit avoir aussi sa mesure & ses Loix particulières. Dès-lors, si les choses supérieures ont leur mesure, nous ne devons plus trouver étonnant que les choses inférieures & sensibles qu'elles ont créées y soient soumises ; & par conséquent, que nous trouvions dans cette mesure, un guide sévère de la Musique. Mais pour peu que nous réfléchissions sur la nature de cette mesure sensible, nous en verrons bientôt la différence avec la mesure qui règle les choses d'un autre ordre. Dans la Musique , nous voyons que la mesure est
2526 De la Mesure sensible. est toujours égale ; que le mouvement une fois donné , se perpétue & se répète sous la même forme, & dans le même nombre de temps ; tout enfin, nous y paroit si réglé & si exact, qu'il est impossible de n'en pas sentir la Loi , & de ne pas en avouer la nécessité. Aussi cette mesure égale est-elle si bien affectée aux choses sensibles, que nous voyons les hommes l'appliquer à toutes celles de leurs productions qui n'ont lieu que dans une continuité d'action; nous voyons que cette Loi est pour eux comme un point d'appui sur lequel ils se reposent avec plaisir ; nous les voyons même s'en servir dans leurs travaux les plus rudes, & c'est alors que nous pouvons juger quel est l'avantage & l'utilité de ce puissant secours, puisqu'avec lui, le manœuvre semble adoucir des fatigues qui sans cela, lui paro/troient insupportables. Mais aussi c'est-là ce qui peut aider encore à nous instruire sur la nature des choses sensibles ; car, nous offrir une telle égalité dans l'action, <5c je puis le dire , une telle servitude , c'est nous annoncer clairement que le Principe qui est en elles, n'est pas le maître de cette même action, mais que dans lui tout est contraint & forcé , ce qui revient à ce qu'on a pu voir darfs les différentes parties de cet Ouvrage, sur l'infériorité de la Matière. C'est par conséquent ne nous offrir qu'une dépendance marquée , & tous les signes
3De la Mesure sensible. 517 signes d'une vie que nous ne pouvons reconnoître que comme passive; c'est-à-dire, qui n'ayant pas son action à elle , est obligée de l'attendre & de la recevoir d'une Loi supérieure qui en dispose & qui lui commande. Nous pouvons remarquer en second lieu, que cette Loi qui règle la marche de la Musique, se manifeste de deux manières , ou par deux sortes de mesures connues sous le nom de mesure à deux temps & de mesure à trois temps. Nous ne comptons point la mesure à quatre temps, ni toutes les autres subdivisions qu'on a pu faire, & qui ne sont que des multiples des deux premières mesures. Bien moins encore pouvons nous admettre de mesure à un temps , par cette raison que les choses sensibles ne sont pas le résultat , ni l'effet d'une seule action , mais qu'elles n'ont pris naissance & qu'elles ne subsistent que par le moyen de plusieurs actions réunies. Or , c'est le nombre 5c la qualité de ces actions que nous trouvons à découvert dans les deux différentes sortes de mesures affectées à la Musique, ainsi que dans le nombre de temps que ces deux sortes de mesures renferment. Et certes, rien ne seroit plus instructif que d'observer cette combinaison de deux & de trois temps par rapport à tout ce qui existe corporellement ; ce seroit là de nouveau où nous verrions clairement 518 De la Mesure sensible. ment la raison double, & la raison triple diriger le cours universel des choses.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1conformity with them, that artificial Music engages us & causes us more or less emotion. When I dwelt on the precision of the measure to which Music is subject, I did not lose sight of the universality of this Law; I proposed, on the contrary, to return to it, in order to show that at the same time that it embraces everything, it everywhere bears distinct characters. And there is nothing here that is not in conformity with all that has been established; we have seen measure hold its place among the intellectual faculties of man, & enter into the number of the Laws which govern him; we have been able to judge from this that these intellectual faculties, being themselves the likeness of the faculties of the superior Principle from which man holds everything, this Principle must also have its measure & its particular Laws. Henceforth, if superior things have their measure, we ought no longer to find it astonishing that inferior & sensible things which they have created are subject to it; & consequently, that we find in this measure a strict guide of Music. But if we reflect ever so little on the nature of this sensible measure, we shall soon see the difference between it & the measure which regulates things of another order. In Music, we see that measure is
2526 Of sensible Measure. is always equal; that the movement, once given, perpetuates & repeats itself under the same form, & in the same number of beats; in short everything appears to us so regulated & so exact, that it is impossible not to feel its Law there, & not to acknowledge its necessity. Thus this equal measure is so well suited to sensible things, that we see men apply it to all those of their productions which take place only in a continuity of action; we see that this Law is for them like a point of support on which they rest with pleasure; we see them even make use of it in their roughest labors, & it is then that we can judge what the advantage & utility of this powerful aid is, since with it, the laborer seems to soften the fatigues which, without it, would seem to him unbearable. But this too is what can further help instruct us on the nature of sensible things; for, to offer us such an equality in action, 5c I may say it, such a servitude, is to announce to us clearly that the Principle which is within them is not the master of this same action, but that within it everything is constrained & forced, which comes back to what could be seen in the different parts of this Work, on the inferiority of Matter. It is consequently to offer us nothing but a marked dependence, & all the signs
3Of sensible Measure. 517 signs of a life which we can recognize only as passive; that is to say, which, not having its own action, is obliged to await it & to receive it from a superior Law which disposes of it & commands it. We may remark, in the second place, that this Law which regulates the course of Music manifests itself in two ways, or by two kinds of measures known under the name of two-beat measure & three-beat measure. We do not count the four-beat measure, nor all the other subdivisions that have been made, which are but multiples of the first two measures. Still less can we admit a one-beat measure, for this reason, that sensible things are not the result nor the effect of a single action, but that they have not come into being & do not subsist except by the means of several actions united. Now, it is the number 5c the quality of these actions which we find laid bare in the two different kinds of measures assigned to Music, as well as in the number of beats which these two kinds of measures contain. And certainly, nothing would be more instructive than to observe this combination of two & of three beats in relation to all that exists corporeally; it would be there again that we would clearly see 518 Of sensible Measure. the double ratio, & the triple ratio direct the universal course of things.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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