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1du Peintre , sinon l'oubli de la simplicité des Etres , dont la connoissance est si nécessaire à l'homme , & sans laquelle toute son espèce esc livrée à la plus effrayante superstition ? Et n'estce pas ainsi que les pas de l'homme , tout indifférents qu'ils sont en apparence, l'égarent insensiblement , & le jettent dans des précipices dont il n'apperçoit bientôt plus les bords ? L'homme ne s'est donc pas contenté de confondre la Peinture grossière & l'ouvrage de ses mains avec les caractères vrais copiés sur la Nature même , il a encore méconnu le Principe d'où ces caractères vrais tirent leur origine ; voyant , dis-je , qu'il étoit le maître d'employer à son gré tous les différents traits de cette Nature corporelle pour en composer ses tableaux , il a eu la foiblesse de se reposer avec complaisance sur son ouvrage , & d'oublier à la fois la supériorité des modèles qu'il auroit dû choisir & la source qui pouvoit les produire ; ou plutôt les ayant perdu de vue , il n'a plus même soupçonné leur existence. On en doit dire autant du Blason , qui tire également son origine des caractères de la vraie langue. L'homme vulgaire s'enorgueillit de la noblesse de ses Armes , comme si les signes en étoient réels , & qu'Us portassent vraiment avec eux-mêmes les droits que le préjugé leur attribue y & se laissant aveugler par les puériles distinctions
2Erreurs sur la vraie Langue. 505 tinctions qu'il attache lui-même à ces signes , il a oublié qu'ils n'étoient que les tristes images des armes naturelles accordées physiquement à chaque homme pour lui servir de défense , & être en même temps le sceau de ses vertus , de sa force & de sa grandeur. Enfin il a fait la même chose sur l'expression verbale de cette langue sublime dont on a vu qu'étoit provenuela Poésie Les mots arbitraires & les langues de sa convention ont pris dans sa pensée la place de la vraie langue , c'est-à-dire , que ces langues conventionnelles n'ayant aucune uniformité , ni aucune marche fixe à ses yeux, quant à l'expression , aux signes , & généralement à tout ce qui est sensible en elles , il n'a pas vu leurs rapports universels avec la langue des facultés intellectuelles dont elles étoient une imitation défigurée. Dès-lors l'idée du Principe de cette langue unique & universelle qui seule pourroit l'éclairer , s'étant effacée dans lui , il n'a plus distingué cette langue d'avec celles qu'il avoit établies. Or /si l'homme est assez borné pour placer ses ouvrages à côté de ceux des Principes vraisSc invariables , si sa main audacieuse croit pouvoir être égale à celle de la Nature , si même il a presque toujours confondu les ouvrages de cette Nature avec le Principe soit général soit particulier qui les manifeste , il ne faut plus être surpris que toutes
3506 Moyens de recouvrer la vraie Langue. toutes ses notions soient si confuses & si ténébreuses, & qu'il ait non seulement perdu la connoissance & l'intelligence de la vraie langue , mais même qu'il ne soit plus persuadé qu'il en existe une. En même temps , si cette vraie langue est la seule qui puisse le remettre dans ses droits, lui rendre la jouissance de ses attributs , lui faire connoître les principes de la Justice , & le conduire dans l'intelligence de tout ce qui existe , il est aisé de voir combien il perd en s'en éloignant , & s'il a d'autres ressources que d'employer tous les moments de sa vie aux soins d'en recouvrer la connoissance. Mais , quelque immense , quelque effrayante que soit rette carrière , il n'est aucun homme qui doive se livrer au désespoir & au découragement, puisque j'ai toujours annoncé que cette langue même étoit le véritable domaine de l'homme ; qu'il n'en a été privé que pour tin temps ; que loin d'en être à jamais dépouillé, on lui tend au contraire sans cesse la main pour l'y ramener ; & vraiment le prix attaché à cette grâce est si modique & si naturel , qu'il est une nouvelle preuve de la bonté du Principe qui l'exige , puisque cela se borne a demander à l'homme de ne pas assimiler les deux Etres distincts qui le composent ; de recennoître la différence des Principes de la Nature De la Musique. 507
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1of the Painter, if not the forgetting of the simplicity of Beings, whose knowledge is so necessary to man, & without which his whole species is given over to the most frightful superstition? And is it not thus that the steps of man, however indifferent they appear, lead him astray imperceptibly, & cast him into precipices whose edges he soon no longer perceives? Man has therefore not been content to confound crude Painting & the work of his hands with the true characters copied from Nature itself, he has further misapprehended the Principle from which these true characters draw their origin; seeing, I say, that he was master to employ at his pleasure all the different traits of this corporeal Nature to compose his pictures with, he had the weakness to rest with complacency upon his own work, & to forget at once the superiority of the models he ought to have chosen & the source which could produce them; or rather, having lost sight of them, he no longer even suspected their existence. The same must be said of the Blazon, which likewise draws its origin from the characters of the true language. Vulgar man prides himself on the nobility of his Arms, as if the signs were real, & as though they truly carried with themselves the rights which prejudice attributes to them, & letting himself be blinded by the puerile distinctions
2Errors concerning the true Language. 505 tinctions which he himself attaches to these signs, he has forgotten that they were but the sad images of the natural arms physically granted to every man to serve him as defense, & to be at the same time the seal of his virtues, of his strength & of his greatness. Finally he has done the same thing with the verbal expression of this sublime language from which, as we have seen, Poetry proceeded. The arbitrary words & the languages of his own convention have taken in his thought the place of the true language, that is to say, that these conventional languages, having no uniformity, nor any fixed course in his eyes, as to expression, as to signs, & generally as to everything sensible in them, he has not seen their universal relations with the language of the intellectual faculties of which they were a disfigured imitation. From then on the idea of the Principle of this single & universal language which alone could enlighten him, having effaced itself within him, he no longer distinguished this language from those he had established. Now, if man is narrow enough to place his own works beside those of the true & invariable Principles, if his bold hand believes itself able to be equal to that of Nature, if he has even nearly always confounded the works of this Nature with the Principle, whether general or particular, which manifests them, it must no longer be surprising that all
3506 Means of recovering the true Language. all his notions be so confused & so obscure, & that he has not only lost the knowledge & the understanding of the true language, but even that he is no longer persuaded that one exists. At the same time, if this true language is the only one which can restore him to his rights, give him back the enjoyment of his attributes, make known to him the principles of Justice, & lead him into the understanding of all that exists, it is easy to see how much he loses in departing from it, & whether he has other resources than to employ all the moments of his life in the care of recovering the knowledge of it. But, however immense, however frightful this career may be, there is no man who ought to give himself over to despair & discouragement, since I have always announced that this very language was the true domain of man; that he has been deprived of it only for a time; that far from being forever stripped of it, on the contrary a hand is ceaselessly held out to him to lead him back to it; & truly the price attached to this grace is so modest & so natural, that it is a fresh proof of the goodness of the Principle which requires it, since it comes down to asking man not to conflate the two distinct Beings which compose him; to recognize the difference of the Principles of Nature Of Music. 507
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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