Fetching
One moment.
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One moment.
1ne seront que sous-entendues , qu'elles tiendront toujours leur rang , & que même ce ne sera que par leur liaison tacite avec elles , que les autres produiront leur effet. Et véritablement , quand je ne répondrois à une question que par un monosyllabe , ce monosyllabe offriroit toujours l'image du Principe ternaire , car il annonceroit toujours de ma part une action quelconque relative à l'objet _iju'on m'a présence , & c'est dans la question même que se trouveroient exprimées les parties du discours qui seroient sous-entendues dans ma réponse. Je n'en donnerai point d'exemple, chacun pouvant s'en former aisément. Ainsi , je vois donc par-tout avec la plus grande évidence les trois signes de l'agent, de l'action & du produit ; & cet ordre étant commun à tous les Etres pensants, je ne crains point de dire que quand ils le voudroient , ils ne poudroient s'en écarter. Je ne parle point de l'ordre dans lequel ces trois signes devroient être arrangés pour être en conformité avec l'ordre des facultés qu'ils représentent; cet ordre a été sans doute interverti, en passant par la main des hommes, & presque toutes les langues des Nations varient là-dessus. Mais la vraie langue étant unique , l'arrangement de ces signes n'eût pas été sujet à tous ces contrastes } si l'homme eût su la conserver. Il 478 De la Grammaire.
211 ne faut pas croire cependant que même dans la vraie langue, ces trois signes eussent toujours été disposés dans le même ordre où ils le sont dans nos facultés intellectuelles ; car ces signes n'en sont que l'expression sensible, & je suis convenu que le sensible ne pouvoit jamais avoir la même marche que l'intellectuel ; c'est-àdire , que la production ne pouvoit jamais être susceptible des mêmes loix que son Principe générateur. Mais la supériorité qu'elle eût eu sur toutes les autres langues, c'est que son expression sensible n'auroit jamais varié , & que cette expression eût suivi, sans la moindre altération , Tordre & les Loix qui sont propres & particulières à son essence. Cette langue eût eu de plus , ainsi qu'on l'a déjà vu , l'avantage d'être à couvert de toute équivoque , & d'avoir toujours la même signification, parce qu'elle tient à la nature des choses, & que la nature des choses est invariable. Parmi les trois signes fondamentaux auxquels toute expression de nos pensées est assujettie , il en est un qui mérite par préférence notre attention, & sur lequel nous allons jeter un moment les yeux ; c'est celui qui lie les deux autres , qui est l'image de l'action parmi nos facultés intellectuelles, & l'image du Mercure parmi les principes corporels ; en un mot , c'est celui qu'on nomme le Vcrbt parmi les Grammairiens. 11 Du Verbe.* 479
3Il ne faut donc pas oublier que s'il est l'image de l'action , c'est sur lui que tout l'œuvre sensible est appuyé ; & que puisque la propriété de l'action est de tout faire , celle de son signe ou de son image est de représenter & d'indiquer tout ce qui se fait. Aussi , qu'on réfléchisse sur les propriétés de ce signe dans la composition du discours; qu'on . voie que plus il est fort & expressif, plus les résultats qui en proviennent sont sensibles & marqués; qu'on suive cette expérience facile à faire, que même dans toutes les choses soumises au pouvoir ou aux conventions de l'homme , l'effet en est réglé, déterminé, animé principalement parle Verbe. Enfin, que les Observateurs examinent si ce n'est pas par ce signe appelle Verbe, que se manifeste tout ce que nous connoissons de plus intellectuel & de plus actif en nous; s'il n'est pas le seul des trois signes qui soit susceptible de fortifier ou d'affoiblir l'expression, tandis que les noms de l'agent & du sujet une fois fixés , demeurent toujours les mêmes ; c'est par-la qu'on jugera si nous avons été fondés à lui attribuer l'action , puisqu'il en est vraiment dépositaire , & qu'il faut absolument son secours pour que quelque chose se fasse , ou s'exprime même tacitement. C'est ici le lieu de remarquer , pourquoi les Observateurs oisifs 6c les Kabbalistes spéculatifs, 480 *Du Verbe. latifs ne trouvent rien , c'est qu'ils parlent toujours, & qu'ils ne Verbent jamais.
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1will be only understood, that they will always hold their rank, and that it is even only through their tacit connection with them that the others will produce their effect. And, indeed, were I to answer a question by nothing but a monosyllable, this monosyllable would always offer the image of the ternary Principle, for it would always announce, on my part, some action relative to the object presented to me, and it is within the question itself that would be found expressed the parts of discourse that would be understood within my answer. I shall give no example of it, everyone being able to form one for himself easily. Thus, I see, then, everywhere, with the greatest evidence, the three signs of the agent, of the action, and of the product; and this order, being common to all thinking Beings, I do not fear to say that, were they to wish it, they could not depart from it. I do not speak of the order in which these three signs ought to be arranged, to be in conformity with the order of the faculties they represent; this order has, doubtless, been inverted, in passing through the hand of men, and almost all the languages of the Nations vary upon this point. But the true language being unique, the arrangement of these signs would not have been subject to all these contrasts, had man known how to preserve it. It 478 Of Grammar.
211 It must not be believed, nevertheless, that, even within the true language, these three signs would always have been arranged within the same order in which they exist within our intellectual faculties; for these signs are but their sensible expression, and I have agreed that the sensible could never follow the same course as the intellectual; that is to say, that the production could never be susceptible of the same laws as its generative Principle. But the superiority it would have had over all the other languages is that its sensible expression would never have varied, and that this expression would have followed, without the least alteration, the order and the Laws proper and particular to its essence. This language would, moreover, have had, as has already been seen, the advantage of being sheltered from all equivocation, and of always having the same signification, because it holds to the nature of things, and because the nature of things is invariable. Among the three fundamental signs to which every expression of our thoughts is subject, there is one that deserves, by preference, our attention, and upon which we shall now cast a moment our eyes; it is the one that binds the two others, which is the image of action among our intellectual faculties, and the image of Mercury among bodily principles; in a word, it is the one called the Verb among Grammarians. 11 Of the Verb. 479
3It must not, then, be forgotten that, if it is the image of action, it is upon it that the whole sensible work rests; and that, since the property of action is to do everything, that of its sign, or of its image, is to represent and to indicate everything that is done. Thus, let the properties of this sign within the composition of discourse be reflected upon; let it be seen that, the stronger and the more expressive it is, the more sensible and the more marked are the results that proceed from it; let this easy experiment be followed, that, even within all things subject to the power or to the conventions of man, the effect is regulated, determined, animated, principally by the Verb. Finally, let the Observers examine whether it is not through this sign called the Verb that everything most intellectual and most active within us manifests itself; whether it is not the only one of the three signs susceptible of strengthening or of weakening expression, whereas the names of the agent and of the subject, once fixed, always remain the same; it is by this that it will be judged whether we have been entitled to attribute action to it, since it is, indeed, its depositary, and since its aid is absolutely necessary for anything to be done, or even to be expressed tacitly. This is the place to observe why idle Observers, 6c and speculative Kabbalists, 480 *Of the Verb. -lative Kabbalists find nothing, is that they always speak, and that they never Verb.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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