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1convention sociale, chaque Citoyen s'est soumis^ en cas de prévarication , aux peines portées par les différentes Loix criminelles; car, ainsi qu'on l'a vu, si les hommes n'ont pas pu légitimement établir les Corps politiques, par le seul effet de leur convention ; un Citoyen ne pourra pas plus transmettre ksts Concitoyens le droit de le punir ; puisque sa vraie nature ne le lui a pas donné , & puisque le contrat qu'il est censé avoir fait avec eux , ne peut étendre l'essence qui constitue l'homme. Dira-t-on que cet acte de vengeance politique, ne se considère plus comme étant opéré par l'homme, mais par la Loi? Je répondrai toujours que cette Loi politique, destituée de son flambeau , n'est qu'une pure volonté humaine à qui, même l'unanimité des suffrages ne donne pas un pouvoir de plus. Dès-lors, si c'est un crime pour l'homme d'agir par violence , & de son propre mouvement ; si c'est un crime pour lui de répandre le sang , la volonté réuhie de tous les hommes de la terre , ne pourroit jamais l'effacer» Pour éviter cet écueil , les Politiques ont cru ne pouvoir mieux faire que d'envisager un criminel comme traître , & comme tel , ennemi du Corps social ; alors le plaçant comme dans un état de guerre, sa mort leur paroît légitime p parce que les Corps politiques étant formés, selon •ux 9 à l'image de l'homme, doivent aussi veiller Y z coi^me 340 Du Pouvoir humain.
2comme lui, à leur propre conservation. Ainsi, d'après ces principes, l'autorité souveraine a droit de disposer de toutes ses forces contre les malfaiteurs qui menacent l'Etat, soit en lui-même, soit dans ses membres. Mais premièrement, on verra sans peine le vice de cette comparaison, quand on observera que dans un combat d'homme à homme , c'est vraiment l'homme qui se bat , au lieu que dans la Guerre entre les Nations, on ne peut pas dire que ce sont les Gouvernements qui combattent, attendu que ce ne sont que des Etres moraux, dont Faction Physique est imaginaire. Secondement , outre que j'ai fait voir que la Guerre entre les Nations ne s'occupoit pas de son véritable objet , son but même n'est pas de détruire des hommes , mais bien plutôt de les empêcher de nuire : jamais on n'y devroit tuer un ennemi que lorsqu'il est impossible de le soumettre ; & parmi les Guerriers , il sera toujours plus glorieux de vaincre une Nation , que de l'anéantir. Or , certainement l'avantage d'un Royaume entier contre un coupable , est assez manifeste, pour que le droit & la gloire de le tuer, disparoissent. D'ailleurs , ce qui prouve que ce prétendu droit ne ressemble en rien au droit de la Guerre, c'est que la la vie de chaque Soldat est en danger , & Du Pouvoir humain. 341
3& la mort de chaque ennemi est incertaine; au lieu qu'ici un appareil inique accompagne les exécutions. Cent hommes s'arment, s'assemblent, & vont de sang froid exterminer un de leurs semblables, à qui ils ne laissent pas même l'usage de ses forces; & l'on veut que le simple pouvoir humain soit légitime , lui qu'on peut tromper, tous les jours ; lui qui prononce si souvent des sentences injustes ; lui enfin , qu'une volonté corrompue peut convertir en un instrument d'assassin. Non, l'homme a sans doute en lui d'autres règles; s'il sert quelquefois d'organe à la Loi supérieure pour en prononcer les oracles, & pour disposer de la vie des hommes, c'est par un droit respectable pour lui , & qui en même temps peut lui apprendre à diriger sa marche sur la justice & sur l'équité. Veut-on mieux encore juger de son incompétence actuelle , il ne faut pour cela que réfléchir sur ses anciens droits. Pendant sa gloire il avoit pleinement le droit de vie & de mort incorporelle, parce que jouissant alors de la vie même, il pouvoit à son gré la communiquer à ses sujets, ou la leur retirer, quand la prudence le lui faisoit juger nécessaire ; & comme ce n'étoit que par sa présence qu'ils pouvoient vivre , il avoit aussi, seulement en se séparant d'eux , le pouvoir de les faire mourir, Y 3 Aujourd'hui A 342 Du Pouvoir humain.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1social convention, each Citizen has submitted himself, in case of transgression, to the penalties imposed by the different criminal Laws; for, as has been seen, if men could not legitimately establish political Bodies by the sole effect of their convention, a Citizen could no more transmit to his fellow Citizens the right to punish him; since his true nature has not given it to him, and since the contract he is presumed to have made with them cannot extend the essence that constitutes man. Will it be said that this act of political vengeance is no longer considered as being performed by man, but by the Law? I shall always answer that this political Law, destitute of its beacon, is but a pure human will, to which even unanimity of votes gives no more power. From then on, if it is a crime for man to act by violence, and of his own accord; if it is a crime for him to shed blood, the united will of all the men of the earth could never efface it. To avoid this pitfall, the Politicians have believed they could do no better than to envisage a criminal as a traitor, and, as such, an enemy of the social Body; then, placing him as if within a state of war, his death appears legitimate to them, because political Bodies, being formed, according to them 9, in the image of man, must likewise watch Y z like 340 Of Human Power.
2like him, over their own preservation. Thus, according to these principles, sovereign authority has the right to dispose of all its forces against the malefactors who threaten the State, whether within itself, or within its members. But, first, one will see without difficulty the vice of this comparison, when one observes that, within a combat of man against man, it is truly man who fights, whereas within War between Nations, one cannot say that it is the Governments that combat, since these are but moral Beings, whose physical action is imaginary. Secondly, besides having shown that War between Nations does not occupy itself with its true object, its very purpose is not to destroy men, but rather to prevent them from doing harm: never should an enemy be killed there except when it is impossible to subdue him; and, among Warriors, it will always be more glorious to vanquish a Nation than to annihilate it. Now, certainly, the advantage of an entire Kingdom over a guilty man is evident enough for the right and the glory of killing him to disappear. Moreover, what proves that this claimed right in no way resembles the right of War is that, within War, the life of each Soldier is in danger, and Of Human Power. 341
3and the death of each enemy is uncertain; whereas here an iniquitous apparatus accompanies executions. A hundred men arm themselves, assemble, and go, in cold blood, to exterminate one of their fellows, to whom they leave not even the use of his forces; and it is wished that mere human power should be legitimate, it which can be deceived every day; it which pronounces so often unjust sentences; it, finally, which a corrupted will can convert into an instrument of murder. No, man has, doubtless, within himself other rules; if he serves sometimes as organ to the superior Law to pronounce its oracles, and to dispose of the life of men, it is by a right respectable for him, and which, at the same time, can teach him to direct his course upon justice and upon equity. Would one better judge, still, his present incompetence, one need only reflect upon his ancient rights. During his glory, he had fully the right of life and of incorporeal death, because, then enjoying life itself, he could, at his pleasure, communicate it to his subjects, or withdraw it from them, when prudence made him judge it necessary; and, as it was only by his presence that they could live, he had also, merely by separating himself from them, the power to make them die. Y 3 Today, however, this 342 Of Human Power.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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