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One moment.
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1sur la légitimité de son origine, sans inquiétude sur la stabilité de son sorc , il en eût goûté touses les délices, parce qu'il en auroit connu sensiblement les avantages. O homme, verse des larmes ameres sur l'énormité de ton crime , qui a si horriblement changé ta condition ; frémis sur le funeste arrêt qui condamne ta posrérité à naître dans les tourments 5c dans l'humiliation, tandis qu'elle ne devoit connoître que la gloire, & un bonheur inaltérable. Dès les premières années de son cours élémentaire, la situation de l'homme devient beaucoup plus effrayante , parce qu'il n'a encore souffert que dans son corps, au lieu qu'il va souffrir dans sa pensée. De même que son enveloppe corporelle a été jusques là en butte à la fougue des éléments, avant d'avoir acquis la moindre des forces nécessaires pour se défendre; de même sa pensée va être poursuivie dans un âge où n'ayant pas encore exercé sa volonté, l'erreur peut le séduire plus aisément, porter par mille sentiers ses attaques jusqu'au germe, & corrompre l'arbre dans sa racine. 11 est certain que l'homme commence alors une carrière si pénible & si périlleuse, que si les secours ne suivoient pour lui la même progression, il succomberoit infailliblement ; mais la même main qui lui a donné l'être , ne néglige rien pour sa conservation ; à mesure qu'il avance en âge , que les obstacles se multiplient &
2Double effet du Corps de V Homme. 4$ & s'opposent à l'exercice de ses facultés , à mesure aussi son enveloppe corporelle acquiert de la consistance ; c'est-à-dire , que sa nouvelle armure se fortifie <Sc devient plus puissante contre les attaques de ses ennemis , jusqu'à ce qu'enfin le temple intellectuel de l'homme étant élevé, cette envelope devenue inutile, se détruise, laissant l'édifice à découvert & hors de toute atteinte. 11 est donc évident que ce corps matériel que nous portons, est l'organe de toutes nos soufTran* ces; c'est donc lui qui formant des bornes épaisses à notre vue & à-toutes nos facultés , nous tient en privation & en pâtiment ; je ne dois donc plus dissimuler que la jonction de l'homme à cette enveloppe grossière , est la peine même à laquelle son crime l'a assujetti temporelîement, puisque nous voyons lés horribles effets qu'il en ressent depuisle moment où il en est revêtu, jusqu'à celui eu il en est dépouillé; & que c'est par-là que commencent & se perpétuent les épreuves, sans lesquelles il ne peut rétablir les rapports qu'il a voit autrefois avec la Lumière, Mais malgré les ténèbres que ce corps matériel répand autour de nous , nous sommes obligés d'avouer aussi qu'il nous sert de rempart & de sauve - garde contre les dangers qui nous environnent, & que sans cette enveloppe , nous serions infiniment plus exposés. Ce sont là, n'en doutons point, les idées que les
344 Origine du Matérialisme. les Sages en ont eu dans tous les temps. Leur première occupation a été de se préserver sans cesse des illusions que ce corps leur présentoit. lis l'ont méprisé, parce qu'il est méprisable par sa nature ; ils l'ont redouté par les funestes suites des attaques auxquelles il les exposoit, & ils ont tous parfaitement connu qu'il étoit pour eux la voie dé l'erreur & du mensonge. Mais l'expérience leur a appris aussi que c'est le canal par où arrivent, dans l'homme, les connoissances & les lumières de la Vérité ; ils ont senti, que puisqu'il nous sert d'enveloppe, & que nous n'avons pas même la pensée à nous, il faut bien que nos idées venant toutes du dehors , s'introduisent nécessairement par cette enveloppe , & que nos sens corporels en soient les premiers organes. Or , c'est à ce sujet que l'homme par la promptitude & la légèreté de ses jugements , a commencé à se livrer à des erreurs funestes qui ont produit dans son imagination les idées les plus monstrueuses; c'est de - là , dis- je, que les Matérialistes ont tiré cet humiliant système des sensations qui rivale l'homme au dessous de la bête, puisque celle-ci, ne recevant jamais à la fois qu'une seule sorte d'impulsion, n'est pas susceptible de s'égarer, au lieu que l'homme étant placé au milieu des contradictoires, pourroit, selon cette opinion , se livrer en paix indifféremment a Système des Sensations. 45 à toutes les impressions dont il seroit affecté.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1upon the legitimacy of his origin, without anxiety upon the stability of his lot, he would have tasted all its delights, because he would have known sensibly all their advantages. O man, shed bitter tears upon the enormity of thy crime, which has so horribly changed thy condition; shudder at the fatal decree that condemns thy posterity to be born within torments 5c within humiliation, though it was meant to know nothing but glory, and an unalterable happiness. From the earliest years of his elementary course, the situation of man becomes far more dreadful, because he has thus far suffered only within his body, whereas he is now about to suffer within his thought. Just as his bodily covering has been, until then, exposed to the fury of the elements, before having acquired the least of the strengths necessary to defend itself; so likewise his thought is about to be pursued at an age when, not yet having exercised his will, error can seduce him more easily, carry its attacks by a thousand paths even to the seed, and corrupt the tree at its root. 11 is certain that man then begins so painful and so perilous a career, that, did aid not follow for him the same progression, he would infallibly succumb; but the same hand that gave him being neglects nothing for his preservation; as he advances in age, as obstacles multiply and
2Double Effect of the Body of Man. 4$ and oppose themselves to the exercise of his faculties, so too, in the same measure, his bodily covering acquires consistency; that is to say, that his new armor strengthens itself and becomes more powerful against the attacks of his enemies, until at last, the intellectual temple of man being raised, this covering, having become useless, destroys itself, leaving the edifice uncovered and beyond every reach. 11 is, then, evident that this material body we bear is the organ of all our sufferings; it is this, then, that, forming thick bounds to our sight and to all our faculties, holds us within privation and within suffering; I must, then, no longer conceal that the union of man with this coarse covering is the very punishment to which his crime has temporally subjected him, since we see the horrible effects he feels from it, from the moment he is clothed with it, until that when he is stripped of it; and that it is by this that the trials begin and perpetuate themselves, without which he cannot reestablish the relations he once had with the Light. But, despite the darkness this material body spreads around us, we are obliged to admit also that it serves us as a rampart and as a safeguard against the dangers that surround us, and that, without this covering, we would be infinitely more exposed. These are, let us not doubt it, the ideas that
344 Origin of Materialism. the Wise have held in every age. Their first occupation has been to preserve themselves ceaselessly from the illusions this body presented to them. They have despised it, because it is despicable by its nature; they have dreaded it for the fatal consequences of the attacks to which it exposed them, and they have all perfectly known that it was for them the path of error and of falsehood. But experience has also taught them that it is the channel through which knowledge and the lights of Truth arrive within man; they have felt that, since it serves us as a covering, and since we do not even possess thought of ourselves, our ideas, all coming from without, must necessarily enter through this covering, and that our bodily senses must be their first organs. Now, it is upon this subject that man, through the promptness and the lightness of his judgments, has begun to give himself over to fatal errors that have produced within his imagination the most monstrous ideas; it is from this, I say, that the Materialists have drawn that humiliating system of sensations that ranks man below the beast, since the latter, never receiving at once more than a single kind of impulse, is not liable to go astray, whereas man, being placed amid contradictory ones, could, according to this opinion, give himself over in peace indifferently System of Sensations. 45 to every impression by which he might be affected.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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