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One moment.
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1toujours toutes les circonstances des crimes , soit que quand même elles les connoîtroient , elles ne soient pas assez fécondes par elles-mêmes , pour produire toujours le véritable remède à des maux si multipliés. Alors , que sont donc ces Codes criminels, si nous n'y trouvons pas ce talion , la seule Loi pénale qui soit juste , la seule qui puisse régler sûrement la marche de l'homme , <5c qui , par conséquent , ne pouvant venir de lui , est nécessairement l'ouvrage d'une main puissante , dont l'intelligence sait mesurer les peines, & les étendre ou les resserrer selon le besoin ? Je ne m'arrête point à cet usage barbare , par lequel les Nations ne se contentent pas de condamner un homme aveuglément, mais emploient encore sur lui les tortures pour en exprimer la Vérité. Rien n'annonce plus la foiblesse & l'obscurité où languit le Législateur, puisque, s'il jbuissoit de ses véritables droits , il n'auroit pas besoin de ces moyens faux & cruels , qui servent de guides à ses Jugements ; puisqu'en un mot la même lumière , qui l'autoriseroit à juger son semblable , à faire exécuter ses condamnations , & qui l'instruiroit de la nature des peines qu'il doit infliger, ne le laisseroit pas non plus dans l'erreur sur le genre des crimes , ni sur les noms des coupables & des complices. Mais ce qui nous découvre clairement l'impuissance Aveuglement des Législateurs. 349
2puissance & l'aveuglement des Législateurs , c'est de voir qu'ils n'infligent de peines capitales, qu'aux crimes qui tombent sur le sensible & sur le temporel ; tandis qu'il s'en commet une multitude autour d'eux, qui tombent sur des objets bien plus importants, <3c qui échappent tous les jours à leur vue. Je parle de ces idées monstrueuses qui font de l'homme un Etre de Matière; de ces Doctrines corrompues & désespérantes qui lui ôtent jusqu'au sentiment de l'ordre & du bonheur ; en un mot, de ces Systèmes infects, qui portant la putréfaction jusques dans son propre germe, 1 étouffent ou le rendent absolument pestilentiel, & font que le Souverain n'a plus à régner que sur de viles machines, ou sur des brigands. C'est assez s'étendre sur la défectuosité de l'Administration ; bornons-nous actuellement à rappeller à ceux qui commandent & à ceux qui jugent , quelles sont les injustices auxquelles ils s'exposent, quand ils agissent dans l'incertitude, & sans être assurés de la légitimité de leur marche. Le premier de ces inconvénients est de courir le risque de condamner un innocent. Or les maux qui en résultent sont de nature à ne pouvoir jamais s'évaluer par l'homme, parce qu'ils dépendent en grande partie du tort plus ou moins considérable , que doit en éprouver le condamné, par rapport aux fruits qu'il auroit pu recueillir
33 5 o Des faux Jugements. recueillir de ses facultés intellectuelles, s'il fûc resté plus long-temps sur la Terre ; & par rapport à l'impression décourageante que doit faire sur lui, un supplice infamant, cruel & inattendu ; comment le Juge pourroit-il donc jamai$ estimer l'étendue de tous ces maux, s'il n'acquéroit un jour le sentiment amer de ses imprudences & de ses écarts ? Et cependant , comment pourroit-il satisfaire à la Justice , s'il n'en subissoic rigoureusement l'expiation ? Le second inconvénient est celui d'infliger à un coupable, une autre peine que celle qui étoic applicable à son crime. Dans ce cas, voici la chaîne des maux que le Juge imprudent prépare , soit à sa victime, soit à lui-même. Premièrement, le supplice auquel il la condamne , ne la dispense en rien de celui que la vraie Justice lui a assigné. Bien plus , il ne fait que le rendre plus assuré, puisque, sans cette condamnation précipitée , peut-être la vraie Justice eût-elle laissé au coupable le temps d'expier sa faute par des remords , & que toute rigoureuse qu'elle est , elle eût réduit son tribut à des repentirs. Secondement , si le Jugement léger & aveugle de l'homme, ôte le temps du repentir au criminel , l'atrocité de l'exécution lui en ôte la force, & l'expose à perdre dans le désespoir une vie précieuse, dont un usage plus juste 6c un sacrilice Des faux Jugements. 351
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1know all the circumstances of crimes, or because, even did they know them, they are not fruitful enough by themselves to always produce the true remedy for ills so multiplied. What, then, are these criminal Codes, if we do not find within them that retaliation, the sole penal Law that is just, the sole that can surely regulate the course of man, 5c and which, consequently, being unable to come from him, is necessarily the work of a powerful hand, whose intelligence knows how to measure penalties, and to extend or to tighten them according to need? I shall not stop at that barbarous usage, by which Nations are not content with condemning a man blindly, but further employ tortures upon him to extract the Truth from him. Nothing announces more clearly the weakness and the obscurity in which the Legislator languishes, since, did he enjoy his true rights, he would have no need of these false and cruel means, which serve as guides to his Judgments; since, in a word, the same light that would authorize him to judge his fellow, to have his condemnations executed, and that would instruct him in the nature of the penalties he must inflict, would leave him no more in error concerning the kind of crimes, nor concerning the names of the guilty and of the accomplices. But what discovers to us clearly the powerlessness Blindness of Legislators. 349
2and the blindness of Legislators is to see that they inflict capital penalties only for crimes that fall upon the sensible and upon the temporal; while there is committed, all around them, a multitude of crimes that fall upon far more important objects, <3c and that escape their view every day. I speak of those monstrous ideas that make of man a Being of Matter; of those corrupted and despairing Doctrines that take from him even the sentiment of order and of happiness; in a word, of those infected Systems which, carrying putrefaction even into his own seed, 1 stifle it or render it entirely pestilential, and cause the Sovereign to have nothing left to reign over but vile machines, or brigands. Enough has been said upon the defectiveness of Administration; let us confine ourselves now to reminding those who command and those who judge what the injustices are to which they expose themselves, when they act within uncertainty, and without being assured of the legitimacy of their course. The first of these inconveniences is that of running the risk of condemning an innocent man. Now, the ills that result from this are of a nature that can never be evaluated by man, because they depend, in great part, upon the more or less considerable wrong the condemned man must suffer from it, in relation to the fruits he might have gathered
33 5 o Of False Judgments. gathered from his intellectual faculties, had he remained longer upon the Earth; and in relation to the discouraging impression an infamous, cruel, and unexpected execution must make upon him; how, then, could the Judge ever estimate the extent of all these ills, did he not one day acquire the bitter sentiment of his imprudences and of his errings? And yet, how could he satisfy Justice, did he not rigorously undergo its expiation? The second inconvenience is that of inflicting upon a guilty man another penalty than the one applicable to his crime. Within this case, here is the chain of ills the imprudent Judge prepares, both for his victim, and for himself. First, the punishment to which he condemns him does not at all dispense him from the one true Justice has assigned him. Still more, it only renders it more certain, since, without this precipitate condemnation, true Justice might perhaps have left the guilty man time to expiate his fault through remorse, and, however rigorous it is, it might have reduced his tribute to repentances. Secondly, if the light and blind Judgment of man takes from the criminal the time for repentance, the atrocity of the execution takes from him the force for it, and exposes him to lose, within despair, a precious life, of which a juster use 6c and a sacrifice Of False Judgments. 351
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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