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1D'ailleurs , rappelions - nous cette Loi de réaction universelle à laquelle tous les Etres corporels sont assujettis , & reconnoissons que si les Principes immatériels des Etres corporels , sont eux - mêmes soumis à la réaction d'un autre Principe , à plus forte raison les résultats sensibles de ces Principes , tels que l'étendue & autres , doivent nécessairement éprouver cette sujétion. Concluons donc , que si tout disparoit à mesure que le mouvement se retire , il est évident que l'étendue n'existe que par le mouvement , ce qui est bien différent de dire que le mouvement est à l'étendue & dans l'étendue. Cependant , de cette assertion que c'est le mouvement qui fait l'étendue 9 on pourroit inférer que le mouvement étant de l'Essence des Principes immatériels , que nous devons reconnoître à présent comme indestructibles , il est impossible que ce mouvement n'existe pas toujours, & par conséquent , que l'étendue ou la Matière ne soit éternelle ; ce qui nous replongeroit dans ces précipices ténébreux, dont j'ai pris tant de soin de préserver mes Lecteurs ; car , je le sais , on pourroit m'objecter qu'on ne peut pas concevoir de.mouYemen: sans étendue. Cette 382, Des deux sortes de Mouvements.
2Cette dernière proposition est vraie dans Tordre sensible , où l'on ne peut concevoir de mouvement qni ne produise l'étendue, ou qui ne se fasse dans l'étendue ; mais , quoique les Principes qui enfantent le mouvement dans Tordre sensible, soient immatériels, ce seroit être dans Terreur que d'admettre leur action comme nécessaire & comme éternelle , puisque nous avons vu qu'ils n'étoient que des Etres secondaires , n'ayant qu'une action particulière & non pas infinie , & qu'ils étoient absolument dans la dépendance d'une Cause active & intelligente, qui leur communiquent cette action pour un temps , comme elle la leur retiroit , selon Tordre & la Loi de la Cause première. Bien plus, c'est dans cet ordre sensible même, où nous pouvons trouver des preuves d'un mouvement sans étendue ; quoique dans cette région sensible, il se fasse toujours dans l'étendue. Pour cet effet, remarquons qu'en raison de cette double Loi universelle qui régit la Nature corporelle , il se trouve deux sortes de mouvements dans tous les Corps. Premièrement , celui de leur croissance , ou l'action même qui manifeste & soutient leur Existence sensible. En second lieu , celui de leur tendance vers la Terre, qui est leur Centre commun ; tendance qui se fait connoître , tant dans la chute des Corps , Des deux sortes de Mouvements. 383 Corps , que dans la pression que leur propre pesanteur fait sur eux-mêmes, ou sur la surface terrestre.
3Ces deux mouvements sont directement opposés l'un à l'autre. Aussi le second de ces mouvements, ou la tendance des Corps vers leur Centre terrestre , quoiqu'il ne puisse se faire que dans l'étendue, ne produit cependant pas d'étendue, comme le premier mouvement, ou celui de la croissance <5c de l'existence de ces mêmes Corps. Au contraire , l'un tend à détruire ce que l'autre produit; puisque , si les Etres corporels pouvoient se réunir à leur Centre , ils seroient dèslors sans action , sans manifestation sensible, en un mot sans mouvement , & par conséquent sans étendue ; puisqu'il est certain que tous ces effets n'ont lieu que parce que les Etres qui les produisent sont séparés de leur Centre. Or , si de ces deux mouvements , dont l'un produit l'étendue , comme nous l'avons dit , il y en a un qui la détruit, celui-là au moins ne devra pas se regarder comme appartenant à l'étendue , quoiqu'il n'ait lieu que dans l'étendue ; ce seroit donc là où l'on apprendroit à résoudre cette objection , qu'on ne peut concevoir de mouvement sans étendue , & à ne plus croire généralement que le mouvement soit de l'Essence de toutes les classes d'Etres immatériels, puisque 384 Du Mouvement immatériel. puisque ceux de la classe sensible n'en sont dépositaires que pour un temps.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1Moreover, let us recall that Law of universal reaction to which all bodily Beings are subject, and let us recognize that, if the immaterial Principles of bodily Beings are themselves subject to the reaction of another Principle, still more strongly reasoned must the sensible results of these Principles, such as extent and others, necessarily undergo this subjection. Let us conclude, then, that, if everything disappears in proportion as movement withdraws, it is evident that extent exists only through movement, which is quite different from saying that movement is within extent and belongs to extent. Yet, from this assertion that it is movement that makes extent 9, one might infer that, movement being of the Essence of the immaterial Principles, which we must now recognize as indestructible, it is impossible that this movement should not always exist, and, consequently, that extent, or Matter, is not eternal; which would plunge us back into those shadowy precipices from which I have taken such pains to preserve my Readers; for, I know, it might be objected to me that one cannot conceive of movement without extent. This 382, Of the Two Sorts of Movements.
2This last proposition is true within the sensible order, where one cannot conceive of a movement that does not produce extent, or that does not take place within extent; but, though the Principles that engender movement within the sensible order are immaterial, it would be an error to admit their action as necessary and as eternal, since we have seen that they were but secondary Beings, having only a particular action and not an infinite one, and that they were absolutely within the dependence of an active and intelligent Cause, which communicates this action to them for a time, just as it withdraws it from them, according to the order and the Law of the first Cause. Still more, it is within this very sensible order that we can find proofs of a movement without extent; though, within this sensible region, it always takes place within extent. To this effect, let us observe that, by reason of this double universal Law that governs bodily Nature, there are found two sorts of movements within all Bodies. First, that of their growth, or the very action that manifests and sustains their sensible Existence. Secondly, that of their tendency toward the Earth, which is their common Center; a tendency that makes itself known, both within the fall of Bodies, Of the Two Sorts of Movements. 383 Bodies, and within the pressure their own weight exerts upon themselves, or upon the terrestrial surface.
3These two movements are directly opposed one to the other. Thus the second of these movements, or the tendency of Bodies toward their terrestrial Center, though it can take place only within extent, does not, nevertheless, produce extent, as does the first movement, or that of the growth <5c and of the existence of these same Bodies. On the contrary, the one tends to destroy what the other produces; since, were bodily Beings able to reunite themselves with their Center, they would then be without action, without sensible manifestation, in a word, without movement, and, consequently, without extent; since it is certain that all these effects take place only because the Beings that produce them are separated from their Center. Now, if, of these two movements, of which the one produces extent, as we have said, there is one that destroys it, this latter, at least, ought not to be regarded as belonging to extent, though it takes place only within extent; it is here, then, that one would learn to resolve this objection, that one cannot conceive of movement without extent, and to no longer believe, generally, that movement is of the Essence of every class of immaterial Beings, since 384 Of Immaterial Movement. since those of the sensible class are depositaries of it only for a time.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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