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1cloute parfaitement régulière , prise dans sa classe , en ce qu'elle est exactement conforme à l'ordre de ce Principe intellectuel , ou aux axiomes qui en dirigent par-tout l'existence & l'exécution. Cependant, comme la perfection de cette production corporelle n'est que dépendante , ou relative^au Principe qui l'a engendrée , ce n'esf pas dans cette production que peut en résider la règle & la source. Ce ne seroit donc qu'en comparant continuellement cette production sensible avec les axiomes , ou avec les Loix du Principe intellectuel , que l'on pourroit juger de sa régularité , ce ne seroit , dis- je , que par ce moyen qu'on parviendroit à en démontrer la justesse. Mais , si cette règle est la seule vraie , si en même temps elle est purement intellectuelle , comment les hommes peuvent-ils donc espérer d'y suppléer par une règle prise dans le sensible ? Comment peuvent-ils se flatter de remplacer un Erre vrai, par un Etre conventionnel & supposé ? Comment douter cependant que ce ne soit là ou tendent tous les efforts des Géomètres , puisque nous verrons qu'après avoir établi les axiomes, qui sont les fondements de toutes les Vérités qu'ils veulent nous apprendre , ils ne nous proposent pour nous enseigner à évaluer l'étendue , qu'une mesure prise dans cette même étendue , ou 3^4 Des Axiomes. ou des nombres arbitraires qui ont toujours besoin eux-mêmes d'une mesure sensible pour se réaliser à nos yeux corporels ?
2Alors doit-on s'en tenir à une telle démonstration , & regarder dépareilles preuves comme évidentes ? Puisque la mesure réside toujours dans le Principe où la production sensible a pris naissance, cczzz production sensible & passive peut-elle se servir à elle-même de mesure & de preuve ? Et y a-t-ii d'autres Etres que ceux qui ne sont pas créés, ou les Etres vrais, qui puissent se prouver par eux-mêmes ? Loin de contester l'évidence des Principes intellectuels mathématiques, ou des axiomes, nous devons déjà reconnoître la foible idée que les Géomètres en ont prise , & le peu d'usage qu'ils en ont fait pour parvenir à la science de l'étendue & des autres propriétés de la Matière ; nous devons dire que s'ils ne connoissent rien sur cet objet, c'est pour être tombés dans la même méprise que les Observareurs ont faite sur tous les autres sujets que. j'ai passés en revue ; c'est-à-dire , qu ils ont séparé l'étendue de son vrai Principe , ou plutôt qu'ils ont cherché ce Principe en elle, qu'ils l'ont confondu avec elle, & qu'ils n'ont pas vu que c'étoient deux choses distinctes, queiqu indispensablemcnt rassemblées pour constituer l'existence de la Matière. Pour De V Etendue. 365
3Pour rendre ceci encore plus palpable , il esc à propos de fixer nos idées sur la nature de retendue. L'étendue est, ainsi que toutes les autres propriétés des corps , une production du Principe générateur de la Matière , selon les Loix & Tordre qui sont prescrits à ce Principe inférieur par le Principe supérieur qui le dirige. Dans ce sens , l'étendue n'étant plus qu'une production secondaire , ne peut avoir les mêmes avantages que les Etres compris dans la classe des productions premières ; ceux-ci ont en eux-mêmes leurs Loix fixes ; toutes leurs propriétés sont invariables , parce qu'elles sont unies à leur Essence ; c'est là , en un mot , où le poids , le nombre & la mesure, sont tellement réglés , qu'ils ne peuvent pas plus être altérés que l'Etre même ne peut être détruit. Mais , quant aux propriétés des Corps , ou des Etres secondaires , nous avons vu assez amplement qu'il n'en devoit pas être ainsi , puisque n'ayant absolument pour nos sens aucune propriété fixe , ils ne sauroient jamais avoir de valeur à nos yeux , que par comparaison avec les Etres de leur même classe. Si cela est , l'étendue des Corps n'est donc pas déterminée pour nous avec plus de certitude , que leurs autres propriétés. Lors donc que pour nous faire connoître la valeur de cette étendue , on se servira d'une mesure qui sera prise dans cette même étendue x cette mesure que l'on emploiera sera
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1doubt, perfectly regular, taken within its class, in that it is exactly conformable to the order of this intellectual Principle, or to the axioms that direct everywhere its existence and its execution. Yet, as the perfection of this bodily production is only dependent, or relative, to the Principle that has engendered it, it is not within this production that its rule and its source can reside. It would, then, be only in continually comparing this sensible production with the axioms, or with the Laws of the intellectual Principle, that one could judge of its regularity; it would, I say, be only by this means that one would succeed in demonstrating its correctness. But, if this rule is the sole true one, if, at the same time, it is purely intellectual, how, then, can men hope to supply for it with a rule taken from within the sensible? How can they flatter themselves with replacing a true Being with a conventional and supposed Being? How doubt, nevertheless, that this is where all the efforts of the Geometers tend, since we shall see that, after having established the axioms, which are the foundations of all the Truths they wish to teach us, they propose to us, to teach us to evaluate extent, nothing but a measure taken from within this same extent, or 3^4 Of Axioms. or arbitrary numbers that always themselves need a sensible measure to realize themselves to our bodily eyes?
2Ought one, then, to rely upon such a demonstration, and regard such proofs as evident? Since the measure always resides within the Principle where the sensible production has taken birth, can this sensible and passive production serve itself as measure and as proof? And are there other Beings, besides those that are not created, or the true Beings, that can prove themselves by themselves? Far from contesting the evidence of the intellectual mathematical Principles, or of the axioms, we must already recognize the feeble idea the Geometers have taken of them, and the little use they have made of them to arrive at the science of extent and of the other properties of Matter; we must say that, if they know nothing upon this object, it is for having fallen into the same mistake the Observers have made upon all the other subjects I have passed in review; that is to say, that they have separated extent from its true Principle, or, rather, that they have sought this Principle within it, that they have confounded it with it, and that they have not seen that these were two distinct things, though indispensably united to constitute the existence of Matter. To Of Extent. 365
3To render this still more palpable, it is fitting to fix our ideas upon the nature of extent. Extent is, as are all the other properties of bodies, a production of the generative Principle of Matter, according to the Laws and the order prescribed to this inferior Principle by the superior Principle that directs it. In this sense, extent, being nothing more than a secondary production, cannot have the same advantages as the Beings comprised within the class of first productions; these latter have within themselves their fixed Laws; all their properties are invariable, because they are united to their Essence; it is here, in a word, where weight, number, and measure are so regulated that they can no more be altered than the Being itself can be destroyed. But, as for the properties of Bodies, or of secondary Beings, we have seen amply enough that it ought not to be so, since, having absolutely, for our senses, no fixed property, they could never have any value to our eyes, except by comparison with the Beings of their own class. If this be so, the extent of Bodies is, then, no more determined for us with more certainty than their other properties. When, then, to make us know the value of this extent, one makes use of a measure that shall be taken from within this same extent, this measure that shall be employed will be
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