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1$66 De la Mesure de V Etendue. sera sujette au même inconvénient que l'objet que Ton voudra mesurer, c'est-à-dire, que son étendue ne sera pas plus sûrement déterminée ; de façon qu'il nous faudra encore chercher la mesure de cette mesure ; car quelques moyens que nous voulions employer , nous verrons clairement que ce ne sera jamais dans cette étendue où nous découvrirons sa vraie mesure, & par conséquent, qu'il faudra toujours recourir au Principe qui a engendré l'étendue, & toutes les propriétés de la Matière. C'est donc là ce qui démontre complètement l'insuffisance de la marche des Géomètres, lorsqu'ils prétendent fixer la vraie mesure des Etres corporels. Il est vrai , & j'en suis convenu , qu'ils attachent des nombres à cette mesure étendue & sensible à laquelle ils ont recours. Mais non seulement les nombres dont ils se servent ne Sont eux-mêmes que relatifs & conventionnels, non seulement l'homme est libre d'en varier les rapports & de s'établir telle échelle qu'il jugera à propos, mais encore cette échelle , quelqu'utile qu'elle soit pour mesurer en général toutes les étendues d'une espèce, ne conviendra point du tout pour mesurer les étendues d'une autre espèce, & les hommes sont encore à trouver une base fixe , invariable & universelle , à laquelle puissent se rapporter toutes les espèces d'étendues quelconques. Voilà
2Nature de la Circonférence. $6j Voilà d'où vient l'embarras que les Géomètres éprouvent , lorsqu'ils veulent mesurer des courbes , parce que la mesure dont ils se servent ayant été faite pour la ligne droite, ne s'accom* mode qu'à cette sorte de ligne, & offre des difficultés insurmontables , quand on veut l'appliquer à la ligne circulaire , ainsi qu'à toute autre courbe qui en dérive. Je dis que cette mesure offre alors des difficultés insurmontables ; car , quoique les Géomètres aient tranché le nœud, en nous donnant la ligne circulaire comme un assemblage de lignes droites infiniment petites , ils auroient tort de croire avoir résolu la question par-là , puisque jamais une fausseté n'a pu rien résoudre. Or, je ne puis me dispenser de regarder cette définition comme fausse, puisqu'elle combat directement l'idée qu'eux-mêmes & la Nature nous donnent d'une circonférence, qui n'est autre chose qu'une ligne dont tous les points sont également éloignés d'un centre commun ; & je ne sais même comment les Géomètres peuvent raisonnablement se reposer sur deux propositions aussi contradictoires; car enfin, si la circonférence n'est qu'un assemblage de lignes droites , quelqu'infiniment petites qu'on les suppose , jamais tous les points de cette circonférence ne seront également éloignés du centre, puisque?
3368 Des deux sortes de Lignes. puisque ces lignes droites elles mêmes seront composées de plusieurs points , parmi lesquels ceux des extrémités & ceux intermédiaires ne seront sûrement pas à la même distance du centre ; alors le centre ne leur sera plus commun, alors la circonférence ne sera plus une circonférence. C'est donc vouloir réunir les contraires , c'est vouloir traiter comme n'ayant que la même nature, deux choses qui sont d'une nature très-opposée , c'est, je le répète , vouloir soumettre au même nombre deux sortes d'Etres , qui étant différents l'un de l'autre , doivent sans doute se calculer différemment. Il faut donc l'avouer, c'est ici que les hommes nous montrent le plus clairement leur penchant naturel à tout confondre , & à ne voir dans les Etres de classes différentes qu'une uniformité trompeuse , par le moyen de laquelle ils tâchent d'assimiler les choses qui se répugnent le plus. Car il est impossible de rien concevoir qui soit plus opposé , plus contraire l'un à l'autre, en un mot , plus contradictoire que la ligne droite 5c la ligne circulaire. Outre les preuves morales qui se trouvent, soit dans les rapports de la ligne droite avec la régularité & la perfection de l'unité; soit dans ceux de la ligne circulaire avec l'impuissance & la confusion attachées à la multiplicité dont cette ligne
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1$66 Of the Measure of Extent. will be subject to the same inconvenience as the object one shall wish to measure, that is to say, that its extent will be no more surely determined; so that we shall still need to seek the measure of this measure; for, whatever means we may wish to employ, we shall see clearly that it will never be within this extent that we shall discover its true measure, and, consequently, that we shall always need to have recourse to the Principle that has engendered extent, and all the properties of Matter. This is, then, what completely demonstrates the insufficiency of the course of the Geometers, when they claim to fix the true measure of bodily Beings. It is true, and I have agreed to it, that they attach numbers to this extended and sensible measure to which they have recourse. But not only are the numbers they use themselves but relative and conventional, not only is man free to vary their relations and to establish for himself whatever scale he shall judge fitting, but, further, this scale, however useful it may be for measuring, in general, all the extents of one species, will not at all suit for measuring the extents of another species, and men have still to find a fixed, invariable, and universal base, to which all the species of extents whatsoever might be related. Here
2Nature of the Circumference. $6j Here is whence comes the embarrassment the Geometers experience, when they wish to measure curves, because the measure they use, having been made for the straight line, suits only this sort of line, and offers insurmountable difficulties, when one wishes to apply it to the circular line, as well as to any other curve derived from it. I say that this measure then offers insurmountable difficulties; for, though the Geometers have cut the knot, in giving us the circular line as an assemblage of infinitely small straight lines, they would be wrong to believe they have resolved the question thereby, since a falsehood has never been able to resolve anything. Now, I cannot dispense with regarding this definition as false, since it directly combats the idea they themselves, and Nature, give us of a circumference, which is nothing other than a line whose every point is equally distant from a common center; and I do not even know how the Geometers can reasonably rely upon two propositions so contradictory; for, finally, if the circumference is nothing but an assemblage of straight lines, however infinitely small one supposes them, never will all the points of this circumference be equally distant from the center, since
3368 Of the Two Sorts of Lines. since these straight lines themselves will be composed of several points, among which those at the extremities and those in between will surely not be at the same distance from the center; then the center will no longer be common to them, then the circumference will no longer be a circumference. This is, then, to wish to unite contraries, it is to wish to treat as having but the same nature two things that are of a very opposed nature, it is, I repeat, to wish to submit to the same number two sorts of Beings, which, being different one from the other, must, doubtless, be calculated differently. It must, then, be admitted, it is here that men show us most clearly their natural inclination to confound everything, and to see, within Beings of different classes, only a deceptive uniformity, by means of which they strive to assimilate the things most repugnant to one another. For it is impossible to conceive anything more opposed, more contrary one to the other, in a word, more contradictory, than the straight line 5c and the circular line. Besides the moral proofs found, whether within the relations of the straight line with the regularity and the perfection of unity; or within those of the circular line with the powerlessness and the confusion attached to the multiplicity of which this line
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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