Fetching
One moment.
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One moment.
1On doir voir encore, que puisqu'après cette cadence musicale, on rentre nécessairement dans l'accord parfait qui remet tout en paix & en ordre , il est certain qu'après la crise des Eléments, les Principes qui en sont combattus doivent aussi retrouver leur tranquillité , d'où faisant la même application à l'homme, Ton doit apprendre combien la vraie connoissance de la Musique pourroit le préserver de la crainte de la mort , puisque cette mort n'est que le trill qui termine son état de confusion , 6c le ramené à ses quatre consonances. J'en dis assez pour l'intelligence de mes Lecteurs , c'est à eux à étendre les bornes que je me suis prescrites. Je peux présumer par conséquent qu'ils ne considéreront pas les dissonances comme des vices par rapport à la Musique , puisque c'est de-là qu'elle tire ses plus grandes beautés , mais seulement comme l'indice de l'opposition qui règne en toutes choses, lis concevront même que dans l'harmonie , dont la Musique des sens n'est que la figure , il doit se trouver la même opposition des dissonances aux consonances ; mais que loin d'y causer le moindre défaut, elles en sont l'aliment & la vie , Se que l'intelligence n'y voit que l'action de plusieurs facultés dififérenK k 4 tes ? ç 20 Du Diapason. tes , qui se soutiennent mutuellement, plutôt qu'elles ne se combattent , & qui par leur réunion font naître une multitude de résultats toujours neufs & toujours frappants.
2Ce n'est donc là qu'un extrait très-abrégé de toutes les observations que je pourrois faire en ce genre sur la Musique , & des rapports qui se trouvent entr'elle & des Vérités importantes ; mais ce que j'en ai dit est suffisant pour faire appercevoir la raison des choses , & pour apprendre aux hommes à ne pas isoler leurs différentes connoissances , puisque nous leur montrons quelles ne sont toutes que les différents rameaux du même arbre , & que la même empreinte est par-tout. Faut-il parler à présent de l'obscurité où est encore la science de la Musique ? Nous pourrions commencer par demander aux Musiciens quelle est leur règle pour prendre le ton; c'està-dire , quel est leur a-mi-la ou leur Diapason ; & si n'en ayant point, & étant obligés de s'en faire un, ils peuvent croire avoir quelque chose de fixe en ce genre ? Alors s'ils n'ont point de Diapazon fixe , il en résulte que les rapports numériques que l'on peut tirer de leur Diapazon factice, avec les sons qui lui doivent être corrélatifs , ne sont pas non plus les véritables , & que les principes que les Musiciens nous donnent pour vrais sous les nombres qu'ils ont admis , peuvent Principes de F Harmonie. 511 peuvent également l'être sous d'autres nombres, selon que Y a-mi-la sera plus ou moins bas ; ce qui rend absolument incertaines la plupart de leurs opinions sur les valeurs numériques qu'ils attribuent aux différents sons.
3Je ne parle ici toutefois que de ceux qui ont voulu évaluer ces différents sons par le nombre des vibrations des cordes ou autres corps sonores ; car c'est alors qu'il faut nécessairement un Diapazon fixe pour que l'expérience soit juste; il faudroit par conséquent des corps sonores qui fussent essentiellement les mêmes, pour qu'on pût statuer sur leurs résultats ; mais ces deux moyens n'étant point accordés à l'homme , vu que la Matière n'est que relative , il est évident que tout ce qu'il établiroit sur une pareille base, seroit susceptible de beaucoup d'erreurs. Ce n'étoit donc point dans la Matière, qu'on auroit dû chercher les principes de l'harmonie > puisque , selon tout ce qu'on a vu , la Matière n'étant jamais fixée , ne peut offrir le principe de rien. Mais c'étoit dans la Nature même des choses où tout étant stable & toujours le même , il ne faut que des yeux pour y lire la vérité. Enfin , l'homme eût vu qu'il n'avoit pas d'autre règle à suivre que celle qui se trouve dans le rapport double de l'octave , ou dans cette fameuse raison double qui est écrite sur tous les Etres, & d'où la raison triple est descendue ; ce qui 5 2 1 De la Musique artificielle. qui lui eût retracé de nouveau la double action de la Nature, & cette troisième Cause temporelle érahlie universellement sur les deux autres.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1One must further observe, that since after this musical cadence, one necessarily returns into the perfect chord which restores all to peace & order, it is certain that after the crisis of the Elements, the Principles which are combated therein must likewise recover their tranquility, whence, making the same application to man, one ought to learn how much the true knowledge of Music could preserve him from the fear of death, since this death is nothing but the trill which ends his state of confusion, 6c brings him back to his four consonances. I have said enough for the understanding of my Readers, it is for them to extend the limits I have prescribed myself. I may presume, consequently, that they will not regard the dissonances as vices with respect to Music, since it is from them that it draws its greatest beauties, but only as the sign of the opposition which reigns in all things, They will conceive even that in harmony, of which the Music of the senses is but the figure, there must be found the same opposition of the dissonances to the consonances; but that, far from causing there the least defect, they are its nourishment & its life, & that intelligence sees there only the action of several differenK k 4 t faculties? ç 20 Of the Diapason. different faculties, which sustain one another mutually, rather than combat one another, & which by their union give birth to a multitude of results always fresh & always striking.
2This, then, is but a very abridged extract of all the observations I could make on this subject concerning Music, & of the relations found between it & important Truths; but what I have said of it is enough to make the reason of things perceived, & to teach men not to isolate their different branches of knowledge, since we show them that they are all but the different branches of the same tree, & that the same imprint is everywhere. Must I speak now of the obscurity in which the science of Music still lies? We might begin by asking Musicians what their rule is for taking the pitch; that is to say, what is their a-mi-la or their Diapason; & whether, having none, & being obliged to make one for themselves, they can believe they have anything fixed in this regard? Then, if they have no fixed Diapason, it follows that the numerical relations which one can draw from their artificial Diapason, with the sounds which ought to be correlative to it, are no more the true ones either, & that the principles which Musicians give us as true under the numbers they have admitted, can Principles of Harmony. 511 can equally be so under other numbers, according as the a-mi-la is higher or lower; which renders absolutely uncertain the greater part of their opinions on the numerical values they attribute to the different sounds.
3I speak here, however, only of those who have wished to evaluate these different sounds by the number of vibrations of strings or other sonorous bodies; for it is then that a fixed Diapason is necessarily needed for the experiment to be accurate; it would consequently require sonorous bodies that were essentially the same, in order to be able to rule on their results; but as these two means are not granted to man, since Matter is only relative, it is evident that all he would establish on such a basis would be liable to many errors. It was not, then, in Matter that one ought to have sought the principles of harmony, since, according to all that has been seen, Matter, never being fixed, can offer the principle of nothing. But it was in Nature itself, in things where all being stable & always the same, one needs only eyes to read the truth there. In short, man would have seen that he had no other rule to follow than that found in the double relation of the octave, or in that famous double ratio which is written upon all Beings, & from which the triple ratio has descended; which which 5 2 1 Of artificial Music. which would have retraced for him anew the double action of Nature, & that third temporal Cause established universally upon the two others.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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