1Maïs la même doctrine de cette grande chaîèur centrale , ne suffisoit-elle pas pour reToudre
ces questions , sans recourir à des explications qui
contrarient l'idée naturelle que nous avons de
l’activité du grand Etre , & qui ne peuvent être!
avouées de la raison , parce qu’elles ne lui présentent que des ouvrages sans but & sans objet?
Sans doute , la chaleur centrale a été plus
grande quelle ne Pest aujourd’hui ; mais il ne
faut pas croire qu’elle l'ait été au point de rendre
la terre inhabitable ; ce qui contredirait la fagclle
de ia Nature 6c l’objet de son existence. Il fùffit
qu elle l’ait été allez pour donner subitement
nailïance aux productions primitives , qui à leur
tour 1 auront pu donner à de nombreuses productions secondaires , dans un temps plus court qu’il
n en faut aujourd’hui pour lès mêmes faits.
C’est cette chaleur qui a pu promptement con«:
solider les minéraux , vitrifier les granits , les
grais , les jafpes , le porphyre , le roc vif , les
quartz ; en un mot , opérer toutes les vitrificatons
qui composent le sommet des montagnes & la
plupart des rochers. C’est cette chaleur qui a pu
•alciner aussi rapidement cette multitude de coquillages , d’où sont réfulrés les marbres , les
fpaths , les craies , les stalactites , & toutes les
productions qui peuvent se convertir en chaux.
C’elt cette même chaleur qui aurait pu lier à des
( B 2 ) substances
lù Tabiêat;
2substances argilleufes , & à des terres calcaires j
ces énormes bancs de coquilles entières & parfaitement conservées , qui se rencontrent dans
plusieurs lieux de la Terre.
D’ailleurs on r.e peut se dispenser de reconnaître également l’action de l’eau dans ces grands
événemens : tout nous annonce qu’elle y a agi
avec autant de puissance que le feu ; car elle
confoîide encore tous les jours des bafaîtes , des
laves , & autant de substances vitrifiables , métalliques & calcaires qu’elle en dissout , comme
le feu en divise autant qu’il en confoîide & qu’il
en vitrifie. Enfin , si l’action du feu se démontre
encore fous nos yeux , en nous offrant des volcans jusqu’au milieu des mers , celle de l’eau
n’ed point sensible , en ce qu’elle opéré journellement des décompositions & des récompofitions terrestres. Car ce ne seroit pas avoir la première idée de la Nature , que de croire que le feu
y puisse agir sans l’eau , & l’eau sans le feu , puisqu’ils sont toujours contenus l’un dans l’autre , &
que sans leur combinaison inconnue aux hommes , la nature même ne seroit point , &: rien en elle
n’auroit de forme.
Si nous sommes convaincus que le feu a agi
dans les premiers temps de l’explosion de» choses
avec infiniment plus d’activité qu’il ne le fait aujourd’hui , & que cette diminution de chaleur soit
la
Naturel. 2.1
3la cause de la ftcrilice aéluelle des Pôles , ôc de
la perte de plusieurs especes d’animaux terrestres ,
nous devons porter de l’eau le meme jugement :
d’autant que nous la voyons sensiblement diminuer sur la terre , & que l’on a aussi des preuves
que des especes d’animaux aquatiques se sont détruites.
Enfin , la terre elle-même eut son a&ion à
remplir dans ces premiers temps ; & cette
a&ion eut aussi plus d’intensité qu’elle n’en
peut avoir aujourd’hui : car si le feu est le
commencement &; la fin de l’élément , si l’eau est
le commencement & la fin de la corporation
la terre est le commencement & la fin de la
forme.
Les forces de ces élémens se balancent donc
l’une par l’autre ; &: c’est quand ils cesseront
d’être en équilibre que l’univers cessera d’exister.
Disons , en passant , que le feu étant le commencement & la fin de l’élément , tout annonce
que le feu terminera l’existence de l’Univers ,
comme c’est lui qui l’a commencée : & voici la
marche de cet agent , â la fois créateur & destructif. La terre s’affaisse depuis son origine vers son
feu central pour s’y réunir ; le ciel des Planètes
la fuit pour s’y réunir avec elle. Nous nous en
appercevons peu corporellement , parce que l’atmosphere est emporté avec toute la machine ;
(B 3 ) mais
iz Tableau
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.