1Voilà la loi progressive & numérique des a&es
sensibles , généraux & particuliers des facultés
créatrices universelles. On y voit comment les
choses deviennent physiques & grossieres , à me*
dure qu’elles descendent : on y voit d’où viennent
les disputes des Philosophes , qui ont prétendu ,
les uns , que tout venoit de l’eau ; les autres , du
feu ; les autres , du mercure ou de la terre. Chacun d’eux a eu raison , & tout dépend du degré
de la progression , auquel ils se sont arrêtés.
11 y a aussi une loi ascendante , par laquelle
les émanations de ces facultés remontent à leur
Principes générateur , & cette loi est l’inverse de
la première : mais agissant circulairement l’une
& l’autre , elles se succedent sans se nuire , &
elles opèrent de concert , félon la raison double
qui constitue le temps.
Par cette loi ascendante la forme solide & terrestre disparoît , en se liquéfiant ou devenant
eau ; l’eau se volatilise & disparoît , étant dévorée par le feu élémentaire ; le feu élémentaire disparoît , rentrant dans son feu principe ,
dont l’action vorace , mais invisible , est démontrée
Naturel. 145
montrée par celle du feu élémentaire lui-même,
qui consume fous nos yeux tous les objets qu'il a
produits.
2Les forces descendantes & amendantes des
facultés créatrices universelles , étant perpétuellement en aélion devant nous f nous pouvons
donc toujours découvrir la source d’où les choses proviennent , & où elles doivent rentrer : car
chacun des degrés que nous venons d’observer ,
est comme un sanai qui éclaire les points supérieurs & inférieurs , au milieu desquels il est placé
dans la progression circulaire.
Mais considérons ces objets élémentaires dans
la classe terrestre : quoique nous n’y puiflioris
pas atteindre leur Principe générateur , nous
pouvons au moins en appercevoir & en admirer
les loix.
En effet , si l’on contemple les corps & les
élémens , dans leurs faits & dans leurs asses temporels terrestres , on y pourra reconnoître une
image de I’a&ivité continue de ces facultés créatrices universelles , par cet état perpétuel d’effluves & de transpirations , où sont à la fois les
Etres de toutes les claftbs de notre région.
On verra que parmi les trois élémens , le feu
monte y la terre cefcend , & l’eau parcourt la
ligne horizontale f pour nous apprendre que 1 acK
146 Tableau
tion des facultés supérieures, dont les élémens sont
les organes , remplit & mesure toute l’étendue de
la circonférence universelle.
Si nous considérons les propriétés des trois régnés , nous y trouverons l’indice des Pouvoirs
cachés , dont ils sont l’emblème & l’expression.
3L’or y par son étonnante du&ilité , nous indique
la prodigieuse extension des forces de la Nature,
qui par des efforts infinis transmet ses vertus jusqu’aux Etres les plus éloignés & établit par - là
une correspondance universelle.
Les plantes absorbent toutes les vapeurs impures de l’atmosphere ; & en les combinant avec
leurs émanations , elles les dissolvent , & nous les
renvoient avec des qualités moins malfaisantes ,
pour nous enseigner de nouveau , & physiquement , que l’existence de tous les Etres de la
Nature n’a pour but que de tempérer les maux &
les désordres. '
Si les plantes produisent des effets différents
pendant la nuit , ou même pendant le jour ,
lorsqu’elles ne sont pas exposées aux rayons du
Soleil , c’est que tenant parmi les trois régnés }
le même rang que l’eau parmi les trois élémens,
elles sont particuliérement, comme l’eau, un type
double , & elles peuvent montrer alternativement
les effets avantageux opérés par un Agent qui
©fl en afpeél de son Principe de réa&ion t
Naturel. • *47
& les effets funestes auxquels est réduit celui qui
en est séparé.
Quant au régné animal , on y voit une repré -
sentation a£five de la célérité avec laquelle la vie
du grand Etre, se communique à toute la chaîne
de ses productions par ce mouvement rapide &
un , qui transmet à la fois l’a&ion du fàng dans
toutes les artères , & qui n’a besoin d’aucune
^rognsffton , ni d’aucun intervalle pour passer
du centre aux extrémités les plus éloignées.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.