1Mais on y voit aussi l'homme dépouillé ignominieusement de cet empire , n'en conservant aujourd'hui que la figure la plus imparfaite,
comme ayant fait alliance avec l’illusion & Terreur ; car le mot hébreu Ü-TID Nacash , dont efî
tiré celui de serpent , signifie prtjlige , enchantement.
u Et même le serpent , cet animal si di proportionné , cet Etre sans aucune armure corporelle , sans écailles , sans plumes , sans poil , sans
pieds , sans mains , sans nageoires ; ayant toute
sa force dans sa gueule , force qui n’est: que venin ,
mort, corruption; le serpent, dis-je, porte avec
lui des figues physiques & analogues à la séduction dont la pensée de l’homme est: susceptible ,
puisque cet animal a seul , parmi tous les autres , la
propriété de former avec son corps un cercle parfait , & de nous présenter par-là , fous une apparence régulière , la forme & la base de tous les
objets sensibles & composés , c’est-à-dire , de fixer
nos yeux sur la matière & Tillufion ; enfin , en formant un cercle vuide , où Ton ne voit point de
centre , il a la propriété de nous faire perdre de
vue le Principe simple de qui tout defeend , &:
sans lequel rien n’existe. Il n’est: donc pas étonnant qu’on ait apperçu tant d’antipathie entre
l'homme & le serpent , puisque l’homme , au
contraire , tient au ççntre par la proportion de sa
forme
26 T A H,E A U
2forme , au lieu que le serpent n’offre sur la ferme
que la circonférence ou le néant. Qu’on ne
prenne point ceci pour un jeu d’imagination j
des vérités importantes sont enveloppées fous ces
rapports. Et c’est - là que l’on trouveroit à s’instruire des relations métaphysiques qui ont existé
autrefois entre l’homme , la femme & le serpent 3 & qui se manifestent matériellement entr’eux aujourd’hui , dans toute la régularité des
nombres ».
On voit dans ces Livres , les douloureuses punitions attachées à l’erreur criminelle de l’homme.
En cherchant la lumière dans un autre Principe
que dans celui seul qui la possede , il perdit de
vue jusqu’au moindre de ses rayons , comme tous
ceux qui depuis ont cherché leur inftrucHon &
leur science ailleurs que dans les principes immatériels de Routes les classes y se sont rendus étrangers à l’intelligence ; & c’est: - là cette nudité qui
fit rougir l’homme après son crime , & qui retient
de même toute sa postérité dans l’opprobre , jusqu’à
ce qu’elle ait recouvré ses premiers vêtemens.
« Car la nudité que les Livres hébreux lui attribuent avant son crime , & dont il est dit qu’if
ne rougissoit point , présente une autre vérité.
Le mot gharoum , nud , vient de la racine arabe
ghoram , qui signifie , un os dépouillé de chair ;
un os
Naturel. 27
3or l’os est le symbole sensible du mot force ,
vertu , puisque l’os est la force & le fourien du
corps. D’un autre coté , ce mot os remonte par
le mot ojfum des Latins , jusqu’à la racine hébraïque ghat^am , qui signifie une force , une
Vertu. Ainsi donc y nous présenter l’homme premier dans un état de nudité , c’est nous dire
qu’il écoit un Etre immatériel , une vertu 9 une
force , une puijfance dénuée de chair } ou sans
corps de matière ».
« Cela paroit d’autant plus vrai y que dans le
passage suivant , l’homme est annoncé comme ne
rougissant point de cette nudité ; & en effet,
puisque la confusion qu’inspire la pudeur , ne tient
qu’aux sens charnels , si l’homme , quoique pur &
éclairé , n’éprouvoit alors par sa nudité , ni la honte , ni aucune des impressïons de la pudeur , c’est:
une preuve évidente qu’il n’avoit point de sens
charnels » ,
Tableau
14.
Si les Livres hébreux enseignent l’horrible dégradation de l’homme , confirmée par notre état
aéiuel , ils annoncent encore plus clairement les
difFérens secours oui lui sont accordés peur sa régénération , & dont on a vu la nécefîité , fondée
sur le lien indissoluble du chef divin avec son image , & sur l’amour dont il est embrassé pour
l’homme , qui est l’extrait de son essence & de
ses vertus.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.