1mêmes fuient accompagnés de (ignés analogues , qui fervent d’indice à leur essence comme
à leurs propriétés •> & ne doutons pas que les
Sages n’aient été guidés par ce principe , lorsqu’ils ont appliqué des lignes & des cara&eres
diftin&ifs à toutes les substances , aux planètes ,
aux métaux , au feu , à l’eau , à tous les élémens.
Les hommes qui leur ont succédé , ont voulu sans
doute imiter leur exemple , lorsqu'ils ont fait rapporter différens figues & différens caracteres à
pluficurs productions naturelles , telle que celles
dont la connoissance & l’étude sont l’objet de la
Mais il est confiant , qu’en supposant vrais les
caracteres que ces hommes imitateurs ont employés,
ils ont marché en aveugles dans l’application qu'ils
en ont faite ; comme il est évident , lorsqu’ils ont
donné aux métaux , les noms vulgaires & les signes
composites de Planètes..
D’après cela on ne peut se dispenser de croire
que tout ce qu’on nous a transmis en ce genre ,
dans les Sciences , dans les Arts , dans les alphabets des Langues , peche non seulement dans
l’application , mais même eff altéré dans la si--
gure & dans la forme des çaracteres. Or de ces
(ignés & çaracteres qinfi défigurés , doivent résulter dans les sciences naturelles , les mêmes erreurs qui ont été faites sur les (ignés des Pyiffances
ÏÏ A T V R £ ï,'
2ssances suprémes , & dont l’abus , engendré par
l’ignorance , a donné nailTance à l’Idolâtrie Jur -
materielle. Cette vérité nous servira dans un moment de flambeau , pour nous faire connoître
avec quelle défiance , on doit marcher dans les
sciences & dans les fyftémcs des hommes ; mais
il faut éclaircir ici une question sur les hyéroglyphes & l’écriture ; savoir , fl les Agnes hiéroglyphiques sont antérieurs aux Agnes de la parole &
du langage.
Des hommes célébrés ont approché du but *
en disant que toute écriture y tout signe étoit hiéroglyphique , c’est-à-dire , qu’il devoit porter avec
lui-même les indices de l’objet que l’on se proposait de présenter à l’intelligence ; & en effet ,
la parole même ne devient intelligible pour
l’homme qu’en lui devenant hyéroglyphique , & il
ne comprend les mots des Langues qu’après que
leur sens lui est devenu familier , par le Secours
des choses sensibles auxquelles ces mots correspondent.
Cependant cette décision , adoptée trop légèrement , entraîneroit la nécessité de regarder
comme une seule chose , les Agnes hiéroglyphiques & les Langues. Or l’on ne peut douter que
ces deux choses ne foient très-différentes , quoiqu’intimement liées j & s’il est permis d’employer
une
i
$54 Tableau
une comparaison , elles forment cnfemble un fruit
dont l’une est le fuc , & l’autre l’écorce.
3Enfin , l’on ne peut douter que si tous les signes
des langues sont hiéroglyphiques , comme tenant
aux propriétés essentielles du principe qu’ils expriment ; de même tous les objets quelconques >
indépendamment de ce qu’ils sont hiéroglyphiques par eux-mêmes , doivent encore ctre dépositaires d’un nom qui puisse passer dans le langage de l’homme , & servir de sujet & de guide à
son intelligence , quand l’objet n’est: plus fous ses
yeux.
Cette vérité est confirmée par l’expérience
générale des Peuples , qui tous ont deux maniérés de se communiquer leurs pensées ; Savoir ,
les objets mêmes , puis les mots qui y correspondent dans leurs Langues. Et si l’on disoit
que les objets intellectuels n’étant pas présens ,
les hommes ne devroient pas avoir de mots pour
les exprimer , je renverrois à ce que j'ai dit cidessus sur la nécessité de la présence fenfitle
des Vertus Suprêmes parmi les hommes : & même
l’obje&ion tourneroit à l’avantage du Principe
que je défends ; puisque , dans l’état aCtuel de
l’homme , les mots étant comme enveloppés dans
les objets sensibles , si les hommes ont dans leurs
Langues des mots pour exprimer les objets intellectuels 7 c’est; une preuve évidente que les objets
N A T U R E Z'. 2')$
jets întesse&uels ont été sensibles pour eux , ou
pour ceux qui leur en ont transmis les idées.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.