1Enfin l’air, cet être à part des élémenrs , ce
symbole sensîble de a vie invisible , dont la
deft:nacion est de purifier la terre , puilque son
action est plus réglée & plus confiante , félon que
les climats où il agit , sont plus ou moins exposés à
des exhalaisons corrompues ; cet air , dis- je ,
opéré, à l’image de l’action supérieure ? la léaéhon
générale des corps , en pénétrant jusqu’au sein de
tous les germes ; & il devient ainsi un mobile universel , où tous les Etres trouvent ce qui coït
contribuer soit à leur existence y soit à leur salubrité. Car il y a un air pour la terre , un air pout
l’eau , & un air pour le feu.
Il est donc vrai que quelque obscure que soit
notre demeure actuelle , nous n’y pouvons faire
un pas , sans avoir autour de nous 1 "s lignes visiblés de ces mobiles créateurs & vivans qui nous sont encore inconnus.
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148 Tableau
2La Nature céleste nous présentera la même
vérité. Quoique nous (oyons privés de la vue du
Principe qui meut les astres , quoique nous
(oyons même prodigieusement éloignés d’eux,
nous jouissons de leur lumière , nous recevons les
émanations de leur feu • nous pouvons même
former des conjectures hardies & lumineuses sur
l’ordre qu’ils ont reçu lors de leur origine , & sur
le véritable objet de leur existence : jusques-là
que les Sages pensent que toutes les loix des Etres
sensibles sont écrites sur ce vaste & magnifique
Tableau , & que la main divine n’en a pour
ainsi dire enveloppé la terre , qu’afin que ceux
qui l’habitent puilfent y lire à tous les instans les
(ignés & les caracteres de la vérité.
Ainsi , Penfemble de l’Univers matériel nous
peint dans un pompeux éclat , la Majesté des Puissances suprêmes. Nous y voyons des astres brillans
distribuer leur lumière au Monde y les Cieux corporels imprimer les loix & les modèles des Etres
sur l’air de l’atmosphere , celui-ci apporter ces
plans à la terre , & la terre les exécuter avec une
ardeur & une activité qui ne se reposent jamais.
Il est donc vrai que la Nature universelle est
pour l’homme comme un grand arbre , dont il
peut allez contemplei & s’avouer les fruits , pour
se consoler de ne pouvoir encore en découvrir
les germes 6c les racines*
Naturel. *49
3Non seulement lâ'Nature présente à l’homme ,
par ces tableaux , les traces de celui qu’il a pu contempler dans son origine : elle lui apprend encore à fixer ia vue sur ce Tableau primitif , &
sur les moyens qu’il doit prendre pour en réacquerir la jouissance. En effet , les loix des Etres
de la région sensible fournissent à l’homme autant d’instructions parlantes de ce qu’il a journellement à faire pour recouvrer sa splendeur &
sa gloire.
Tous les corps de la Nature tendent à se dépouiller de leurs écorces grossieres , pour rendre
au Principe qui les anime , l’éclat qu’il porte en
lui-méme. Le feu particulier à chacun de ces
corps y coopéré sans cesse à ce grand œuvre , en
purifiant continuellement les substances dont ils
se nourrissent.
Notre sang même , est dessiné à remplir sans
relâche cette importante fonction ; il doit élaborer nos boissons, nos alimens ; en séparer le
pur de 1 impur , & employer son action à éloigner tout ce qu’ils ont de malfaisant & de trop
matériel.
C’est enseigner sans doute à l’homme , quel
doit être l’emploi des deux principaux agcns qui
sont en lui , son intelligence & sa volonté ; il doit'
exercer leur feu sur les substances intellectuelles
qui lui sont offertes, en séparer tout ce qui n eff
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T?0 T A B 1 E A ïï
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.