1ssances primitives de l’homme. La première i
pour objet les choies Divines & n’a que quant
Lettres pour tout alphabet ; la fécondé en a vingtdeux & s’applique aux productions , soit intellectuelles , soit temporelles du grand Principe :
îe même crime a privé l’homme de ces deux
langues. S’il y avoit une nouvelle prévarication ,
il se formeroit pour lui une troisieme langue qui
auroit quatre-vingt-huit Lettres y & qui le reculeroit encore plus de son terme.”
,, J’ajouterai qu’il y a des langues faulTes &
opposées aux trois dont je viens de parler. Celle
qui correspond à la langue Divine ^ a un alphabet
de deux lettres ; celle qui correspond à la fécondé ,
en a cinq ; enfin , s’il y avoit une nouvelle prévarication, la langue fausse qui l’accompagneroit,
auroit cent dix lettres dans son alphabet.”
,, La connoissance des deux langues pures que
l’homme acquiert à sa séparation d’avec les objets
terrestres , doivent produire sur lui des effets
plus satisfaisans que tout ce que nous pouvons
éprouver ici-bas: elles doivent étendre ses jouissances , comme ayant une aCtion plus vivante que
les objets de la Nature visible. Mais aulïi , s’il
doit encore éprouver des suspensions dans sa
marche , ces obstacles deviennent plus douloureux pour lui , parce qu’à mesure qu’une force
approche de son centre f sa tendance augmente f
Na t v r s zi
& le choc des résistances devient plus violent. ’*
2Cependant il est inévitable pour l’homme qu’il
fu biffe des suspensions , en parcourant les nouveaux degrés de sa réhabilitation ; puisqu’ils ne
sont que la continuation de cette barrière terrible
qui le sépare de la grande lumière , & que la terre
n’est que le premier de tous les degrés. Or y s’il y
a un espace entre la prison de l’homme &son lieu
natal y il est indispensable qu’il le parcoure , &
qu’il en éprouve successivement toutes les allions.
Si un voyageur agile & curieux arrivoit au
pied d’un grouppe de montagnes entassées les
unes sur les autres , & qu’il voulût porter ses pas
jusqu’au sommet de la derniere , cachée dans
les nues ; il faudroit , qu’après avoir gravi
sur la première de ces montagnes , il cessât de
monter, & allât horizontalement gagner le pied
de la fécondé , pour la franchir à son tour , &
ainsi de fuite , jusqu’à ce qu’il fût arrivé au terme
de ses desirs. Image sensible de la régénération
de l’homme, où l’on voit de plus la Sagesse bienfaisante accompagner ses pas , pendant qu’il subie
les loix de la justice ; car y lors même que par
les differentes suspensions , elle paroît retarder nos
jouissances , elle ne se propose que de ménager
nos forces , & de nous donner le temps de les renouveler & de les accroître.
L'homme ne peut parcourir les régions fixes
Isci & Tableau
3& réelles de purification , sans acquérir un®
existence plus active, plus étendue, plus libre;
c’est- à-dire , sans respirer un air plus pur , & découvrir un horifon plusvafle , à mesure qu'il approche du sommet desiré ; comme nous voyons
que plus les principes des corps se simplifient ,
plus ils acquièrent de vertus ; &: comme l’air
grossier , qui dégagé des substances matérielles ,
remplit un espace si prodigieux relativement à
celui qu’il occupoit dans les corps, que l’imagination en est presque effrayée.
Au reste, comme les vérités fixes & réelles
que l’homme peut atteindre à la mort , tiennent
à l’ordre intesse&uel , qui est; le seul vrai ; il n’est
pas étonnant que , tant que nous sommes ensevelis dans notre matière , qui est relative & apparente, nous ne nous appercevions pas toujours de
ces travaux des autres hommes , déjà séparés de
leurs corps , quoique la seule lumière de l’intelligence nous en démontre évidemment la nécessité ; & le même exemple du voyageur peut encore nous servir d’indice sur cet objet ; car ceux
qui demeurent au pied de la montagne } le perdent de vue, lorsqu’il est parvenu à une certaine
hauteur , & ne peuvent cependant former aucun
doute sur son élévation & sur son existence , quoique leurs yeux corporels ne le puilfentplus fuivx»
dans la marche.
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The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.