1la Cosmogonie & les Doêhines religieufcs des
anciens Peuples , ayant eu un Principe & un but
commun à toute l’espece humaine , doivent nous
présenter les même tableaux & les mêmes vérités. En effet , ouvrons le Shaflah des Gentous ,
le Zend-à-Vesta des Parfis , l'Edda des Islandois, le Chou-King & l’Y-King des Chinois ; en
un mot , consultons les Traditions sacrées de
tous les Peuples de la Terre y nous ne craignons
pas d’assurer qu’on y reconnoîtra aisément
l’homme ancien , présent & futur , ainsi que l’exprefîion naturelle de ses besoins & de ses idées :
parce que l’homme étant un Etre de tous les
temps & de tous les lieux , ne peut avoir partout que les mêmes besoins &: les mêmes idées.
Parmi ces Traditions, prenons celles des Chinois pour exemple • car indépendamment de ce
que leur antiquité prévient en leur faveur , elles
présentent les rapports les plus frappans avec les
vérités fondamentales qui concernent l’ordre des
choses vifibîes & invisibles.
Elles parlent de la chute des premiers criminels , de la formation de l’Univers par les
Venus du grand Principe , par une Vie qui n'a
point reçu la vie. On y voit l’origine du genre
humain , l’état de l’homme dans l’innocence ,
jouissant des douceurs d’une habitation délicieuse , laquelle étoit arrosée par une fontaine
d'immortalité ,
2.68 Tableau
2t ¥ immortalité , divisée en quatre sources mervtÏÏieiP
ses , que Von nommoit le chemin du Ciel , & d'où la
vie ejl sortie : tout étoit pour lui dans une parfaite
harmonie : toutes les faisons etoient réglées : rien ns
pouvoit être funeste , ni donner la mort : cet état se
nommoit la grande unité.
Elles enseignent que le desir immodéré de la
science perdit le genre humain ; qu' apres la dégradation de l'homme , les animaux , les oi féaux , les insectes & les serpens commencèrent à l'envi à lui faire
la guerre ; & que toute s les créatures furent ses ennemies. On ytrouve que l'innocence ayant été perdue ,
îa miséricorde parut.
On y reconnoît même des images sensibles des
voies de cette Sagesse , dans ce fameux Fou-h i
ou Pho-hi , dont la nailfance fabuleuse & figurée d’une maniéré extraordinaire , & qui palTe
pour avoir institué le culte dont il reste encore
des traces à la Chine. Il passe aussi pour avoir
inventé les Koua , qui sont les lignes hiéroglyphiques & les cara&eres de la première écriture
des Chinois , & qui présentent par leur sens des
rapports avec la Langue des Hébreux où le mot
Koua signifie également , il a annoncé y il a indiqué y & ces rapports sont d’autant plus fondés
que la Langue hébraïque peut à plus d’un titre
palier pour être^ le type des autres Langues.
Remarquons
Naturel. 2.69
3Remarquons que ces Koua Chinois n’étoient
établis que sur les arrangemens & les divisions de
trois lignes fondamentales , dont les différentes
dispositions indiquoient tout ce que le Maître
vouloit enseigner à ses Disciples , c’est-à-dire ,
sans exception , tout ce qu’il est permis à l’homme
de connoître ; comme les trois élémens confîitutifs de l’Univers suffirent au Créateur pour multiplier à l’infini les images de ses pensées aux yeux,
qui savent les lire.
pho-hi fit connoître aussi à ce Peuple le Ki ,
mot que l’on rend sensiblement par le Jouffie du
1out-P uiJJ'ant , mais dont on retrouve encore des
traces plus expressives dans l’hébreu , par ce Ki
ou Kai , qui veut dire le Vivant , ou la force &
Tadion virtuelle du Principe universel qui donne
l’existence à tous les Etres.
D’après les connoi (Tances que Pho-hi est: censé
avoir transmises aux Chinois , on ne doit point
être surpris de lui voir tenir dans leurs Traditions
un rang si élevé , qu’elles ne craignent point de
lui attribuer la création du Ciel & de la Terre.
Si Ton demandoit pour quelle raison je donne
la Langue hébraïque comme le type des autres
Langues * je répondrois que c’est parce que la
Langue primitive dont elle dérive , n’est: plus parlée généralement dans ce bas Monde ; que Ton ne
peut regarder ccmme primitive une Langue sensible
y
ijo Tableau
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.