1En un mot , c’est: une loi confiante & invariable que , conformément aux clartés dans lefquelîes elles pénètrent , toutes les vertus , toutes les
actions , toutes les facultés se proportionnent &
se modifient aux canaux par lesquels elles partent,
& aux objets qu’elles ont pour but d’identifier
avec elles-mêmes \ & tel est: l’état violent des
choses temporelles , que tous les Principes qui y
descendent , ne le peuvent sans des canaux sensibles qui les préservent , tandis qu’ils devroient
par leur nature se communiquer sans intermede:
car étant obligés de se produire eux-mêmes ces
enveloppes préfervatives, l’action qu’ils emploient
à cette œuvre , est toujours aux dépens de leur
véritable a&ion.
Nous appercevons donc déjà la nécessité qu’il
ait paru parmi les hommes des signes vifiblcs ,
des Agents substantiels , & des Etres réels , revêtus comme nous de formes sensibles ; mais en
même temps des Etres qui fussent dépositaires
de ces Vertus premières que l'homme avoit per-»
IV A T V K s !> '*7i
dues , qu’il cherchent sans cesse autour de lui ,
dont il ne pouvoit voir que des indices foibles &
impuissans dans tout ce qui l’environnoit, & qui,
quoique subdivisées , dévoient être représentées
à l’homme avec leur cara&ere primitif.
2Il se pourroit même , que parmi ces lignes i
parmi ces agens , il y en eût qui eull'ent exiftéï»,
& qui existassent encore au milieu des hommes
sans que ceux qui sont ignorants ou corrompus
s’en apperçufTent. Leur a&ion , leur marche ne
devant se découvrir qu’à ceux qui sont assez purs
pour les saisir , elles sont presque toujours nulles
pour les autres ; comme tous mes a&es intellectuels sont inconnus à la matière dont mon corps
est formé , parce qu’il n’y a rien en eux qui ne
lui soit étranger ; & c’est-là ce qui jette tant
d’obscurité , de doutes & d’incertitudes sur l’exif»
tence de ces J Ignés & de ces Agens.
Exposons une troisieme loi également indispensable ; c’est que si par la destination sublime
sur laquelle est fondée l’origine de l’homme y
non seulement il étoit néc^ffaire que même après
son crime , les Vertus de la Sagesse parvinssent
visiblement jusqu’auprès de lui , & prissent le foin
de lui retracer son modèle , il falloir encore
que les dépositaires de ces dons rinftruififtent
des voies par lesquelles il pouvoit se régénérer
îj6 Tableau
3dans Ton premier état. 11 falloit que ces Agent
remplirent leur destination par des a&es sensiblés , puisqu’ils habitoient auprès d’un Etre feniible & obscurci par sa matière ; il falloit enfin
qu’ils missent cet homme à portée de pouvoir
exercer & transmettre à son semblable , les dons
& les connoissances qu’il avoit reçues d’eux autant pour l’instru&ion & l’avantage des autres
hommes que pour la sienne propre ; ce qui nous
conduit à reconnottre la nécessité d’un culte feniible & physique sur !a Terre , & nous découvre
en même temps l’objet pour lequel il y a des Elus
qui ont été privilégiés.
Dans sa vraie définition y un culte n’est que la
loi par laquelle un Etre , en cherchant à s’approprier les choses dont il a beroin , se rapproche des Etres vers lesquels son analogie le
rappelle à chaque instant , & fuit ceux qui lui
sont contraires. Ainsi la loi d’un culte est fondée
sur une vérité première & évidente , c’est-à-dire,
sur la loi qui résulte essentiellement de l’état des
Etres & de leurs rapports refpeéfifs.
Dans l’état des choses ici-bas , il n’est aucun
Etre qui soit sans besoins ; puisque tout y étant
séparé & divisé , ils sont tous dans le cas de
chercher à se réunir } & à rallier leur action difpcrfu ) ils sont tous mus par l’impulsion de leur
analogie
Naturel. 177
ïinalogie mutuelle , qui les force à tendre sans
ce(Te les uns vers les autres; félon les loix & le
vœu de leur nature.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.