1e’efî: que la justice ; c’étoit par vous qu’ils dévoient être ramenés dans les sentiers de la lumière , & vous employez tous vos efforts à obscurcir cette lumière & à en corrompre les voies,
C’étoit par vous que la vérité devoit paraître , &
vous n’offrez que le m en songe. Comment la justice , la lumière & la vérité seront-elles donc connues , si l’Etre préposé pour les exprimer , nonseulement n’en a pas conservé l’idée, mais s’efforce
même de détruire les traces qui en étoient écrites dans lui & sur toute la Nature ? Comment
saura-t-on que le Principe nécessaire est Saint &
Eternel , si vous professez le culte & la doctrine
de la matière ? Comment saura-t-on qu’il n’est:
occupé qu’à pardonner, & qu’il brûle d’amour
pour les hommes , si vous ne respirez que la haine
& si vous ne payez ses bienfaits que par des blasphêmes ? Enfin , comment croira-t-on à Yordre
& à la vie , si vous ne montrez en vous que la
confusion & la mort ?
Quoique nous ne puifîions comparer nos titres
avec l’ignominie qui nous couvre , sans nous incliner vers la terre , & sans chercher à nous ensevelir dans ses abymes , cependant on a voulu,
nous persuader que nous étions heureux; comme
l’on pouvoit anéantir cette vérité universelle ?
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S8 Tableau
qu’il n’y a de bonheur pour un Etre qu’autant qu’il
eftda ns sa loi.
2Des hommes légers , après s’être aveugles
eux-mêmes , se sont efforcés de nous communiquer leurs égaremens. Ils ont commencé par
fermer les yeux sur leurs infirmités,- puis, nous
engageant à les fermer aussi sur les nôtres , ils ont
voulu nous persuader qu’elles n’exiitoient point ,
& que notre situation étoit propre à notre véritable nature.
Que produisent de pareilles doctrines ? Elles
charment nos maux & ne les gtiérifient point.
Elles font naître en nous un calme trompeur ,
& à la faveur de ce calme la corruption fait
des progrès d’autant plus rapides , qu’aucun
baume n’est appliqué sur la plaie , pour en corriger
la malignité.
Elles affoiblifTent dans l'homme le principe de
la vie ,* elles le corrompent jusques dans son
germe ; elles sont que celui qui dearoit la vérité,
& qui n’avoit qu’un pas à faire pour l’obtenir,
voit s’éteindre en lui cette impulsion précieuse ,
cet injiincl vierge & sacre , qui la lui fai foi t rechercher naturellement comme son seul appui: enfin ,
le Sage même étant ébranlé , l’Univers court
risque de ne plus renfermer un seul homme vertueux dans son sein : & voilà les maux déplorables produits par ces fauifes doctrines qui en-.
Naturel. 89
durcissent l’homme sur la loi de son Etre, & sur
la privation où il est de son véritable séjour!
Laissons ces maîtres dangereux se nourrir d’il—
lufions & de mensonges; un coup d’œil jeté rapidement sur notre situation suffira pour nous convaincre de leurs impostures.
3La douleur , l’ignorance , la crainte , voilà ce
que nous rencontrons à tous les pas dans notre
ténébreuse enceinte : voilà quels sont tous les
points du cercle étroit , dans lequel une force
que nous ne pouvons vaincre , nous tient renfermés.
Tous les élémens sont déchaînés contre nous:
à peine ont-ils produit notre forme corporelle ,
qu’ils travaillent à la difïoudre , en rappellant
continuellement à eux les principes de vie qu’ils
nous ont donnés. Nous n’existons que pour nous
détendre contre leurs assauts, & nous sommes
comme des infirmes abandonnés, & réduits à
panser continuellement nos blessures. Que sont
nos édifices , nos vêtemens , nos serviteurs , nos
alimens, sinon autant d’indices de notre foiblesse
& de notre impuiffarice ? Enfin , il n’y a pour
nos corps que deux états , le dépérissement
ou la mort; s’ils ne s’altèrent , ils sont dans le
néant.
De tous les hommes qui ont été appellés à la
Tableau
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.