1sïble , fondée sur la forme , les loix”, les sons & les
aclions de tous les objets naturels , atendu que
la Langue de la pensée leur est étrangère : je répondrois que c’est parce que , dans quelque dialecte que l’on considere la Langue hébraïque ,
soit le Syriaque , soit l’Arabe , soit le Samaritain ,
soit le Chaldéen , elle offre des traces de tous les
principes que nous avons exposés ; parce que ses
racines sont presque généralement composées de
trois lettres , pour nous rappeller les trois racines
universelles de toutes choses • parce que toutes ses
racines sont des verbes & ne paroissent être des
noms qu’à ceux qui n’ont pas observé l’ordre & la
progression du langage fous son jour le plus lumineux ; parce qu’elle exprime toutes ses racines
par la troifiertâe personne , pour nous faire connoître d'abord celle des trois facultés suprêmes
qui est le plus près de nous ; parce qu’elle n’emploie que les temps passés le futurs , comme
n’étant affectée qu’aux choses temporelles & apparentes ou nulles , & non pas aux choses présentes le réelles : parce qu’enfin le langage n’a commencé à être conventionnel & à se corrompre ,
que quand il a employé ce temps présent , qui
ne peut convenir aux choses incertaines le passageres , le qui n’appartient qu’à l’Etre vrai &
fixe , dont l’action est: toujours présente , toujours
ce qu’elle a été , toujours ce qu’elle sera.
En
IV A T U R Et'. Tfl
2En rapprochant le nom de pho-hi de la Langue hébraïque , avec laquelle toutes les Langues
de la Terre ont des rapports primitifs , nous
pourrions étendre nos idées relativement à ce
célébré Légillateur , sur lequel les savans Chinois eux-mêmes sont si partagés , qu’ils n’ont
point encore décidé si son existence est réelle ,
ou si elle n’est qu’allégorique.
Le mot Pho n’est pas éloigné du mot hébreu
Phe y qui veut dire la bouche ,* le mot hi est
encore plus près de l’affixe hébreu i , qui li*
à son nominatif, veut dire , de moi. Le mot
Pho-hi étant rapproché de l’Hébreu , pourroit
donc avoir quelques rapports avec cette expression la bouche de moi , ou ma bouche. Je dis Amplement quelques rapports y parce que ceux que
nous faisons entrevoir , ne sont pas dire&s & entiers ; & parce que l’Hébreu lui-même ne rend
pas ces mots , ma bouche , par phéï qui sembleroit devoir être l’expressïon naturelle y mais
par l’abréviation Phi
Soit donc que Pho-hi ait été l’un des Agens ,
ou l’une de ces Vertus subdivisées qui ont dû nécessairement se montrer dans le séjour de l’homme ,
soit qu’il n’ait été qu’un homme ordinaire ; il est
certain d’après les Traditions qui lui attribuent
la création du Ciel & de la Terre ; d’après les
sublimes connoissances dont sa Nation l'a reconnu
3271 Tableaunu dépositaire ; d’après le sens même qu’une étymologie rapprochée nous fait découvrir dans son
nom , il est certain , dis-je , que la Chine a reçu
les traits de lumière les plus éclatans.
On ne peut douter , quant aux sciences naturelles , que les Chinois n’y aient été très-profonds , lorsqu’on voit les traces qui en sont restées , ioit dans leurs monumens agronomiques ,
soit dans leur systême de musique. Cette science ,
la plus simple' & la plus puissante de toutes les
sciences temporelles , la seule qui embrasse d’une
maniéré active & sensible , toutes les loix des
Etres , la seule parmi les choses composées qui
soit afïujettie à une mesure égale & confiante ;
puisque les Astres eux-mémes , quoiqu’ayant des
périodes régulières , ont cependant tous une
marche dont les progrelîlons varient sans celle
par la loi commune qui les fait dépendre les uns
des autres.
Non seulement les Chinois ont été profonds
dans la science de la musique , ils ont encore
rendu hommage à sa sublimité , en l’appliquant
spécialement au culte religieux , & aux cérémonies par lesquelles ils honorent les mânes de
leurs ancêtres ; ils prétendoient meme qu’il falloir
que leurs Musiciens eussent des mœurs pures , &
fulTent pénétrés de l’amour de la sagesse , pour tirer
des sons réguliers de leurs inllrumens.
De
Naturel. *73
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.