1Ce n’est que dans ce fécond ternaire , que
tout Etre ayant vie prend naissance , & il n’est
pas indifférent de remarquer que le Soleil & la
Terre remplissent alors des fonctions semblables
à celles que nous leur voyons faire aujourd’hui;
puisque c’est par la chaleur de ce Soleil agissant
au quatrième jour sur la Terre formée le troisieme , que tous les animaux reçurent Pexiftence r
loi qui se répété dans la réproduction de toutes les
especes , par la jonction du mâle & de la femelle.
Ici la Physique nous arrête. Nous présentons
la production de l’Univers comme s’étant faite
sans
*4 T À B L E A tî
sans temps , & le globe terrestre offre des tfacësapparentes d’une formation lente & successive $
nous préséntons la naissance de l'Univers comme
un seul fait > & la surface de la terre est couverte
de nombre de substances qui semblent n’avoir pu
naître , & se consolider qu’à la fuite de plusieurs
sîecles ; enfin , la chronologie des Livres hébreux
donne au monde une antiquité médiocre , comparée à celle que paroissent lui attribuer les observations faites sur la Nature. Il faut examiner
ces difficultés.
Les Observateurs de la Nature enseignent
qu’une chaleur si extrême a accompagné l’origine
des choses , que l’Univers a été long-temps inhabitable après le moment de sa naifïànce.
2Nous leurs demanderons d’abord si leur penfcé
ne répugne pas à cette progression tardive , à
cette suspension dans l’exécution des œuvres
d’une main puissante i qui par fâ nature ne peut
être un instant sans agir ; nous leur demanderons
en même temps quel but , quel objet remplira
cet intervalle qu’ils veulent admettre entre l’origine des choses & leur formation ; quelle deftinaiion ils supposéront à un Monde sans Habirans :
car nous montrer des œuvres sans but , sans objet i
c’est nous peindre dans son Auteur , un Etre dépourvu de sagesse ; & ce seroit abuser de la raison
que de l’employer à nous annoncer un tel Etre.
Ils
Naturel. ï j
Ils n’ont enfanté ces systêmes , qu’en s’appuyant
Sur les faits secondaires qui se trouvent fous leurs
yeux , tels que la réprodu&ion a&uelle des Etres
particuliers , qui ne s’opère que dans des espaces
de temps proportionnels à leur classe , & tels que
tes sédimens & les différentes couches de fubftan®
ces minérales , qui ne s’accumulent plus qu’à la Ion*
gueur des siecles.
Ces comparaisons les ont trompés ; ils n’ont
pas distingué les faits féconds y des faits premiers ,
les productions inférieures & passives , des produisions primordiales mues par une vivante activité.
3C’est une loi confiante que plus les Etres sont
rapprochés du Principe primitif, plus leur force génératrice est puissante ; & cette puissance se montre non-seulement dans les qualités de la production , mais ausîi dans la célérité avec laquelle elle
est engendrée ; parce que le Principe primitif étant
indépendant du temps , les Etres ne peuvent s’e%
lever vers lui , sans jouir , félon leur mesure & leur
nombre , de ses droits & de ses vertus. Et si l’on
en veut trouver la preuve dans l'homme même , il
suffit de comparer la lenteur de ses mouvemens
sensibles & corporels , avec la promptitude de son
Etre intellectuel , qui ne connoît ni temps , ni espace , & qui se transporte sur le champ en pensée
dans les lieux les plus éloignés.
Mais
\6 Tableau
Mais sans sortir de la classe phyftque , remarquons que plus la croissance des Etres est lente ,
plus le germe qui les produit est grossier. C’est
pour cela que les germes de tous les Etres particuliers de la Nature sont corporels & visibles , attendu que leurs productions ne se forment que par
une fuite de temps. Mais la création générale étant
le fruit d’un Principe & d’un germe , qui ne sont
point corporels , mais qui sont inviftbles , comme
les mobiles intérieurs qui nous dirigent dans tous
nos aCtes , cette création générale doit être née
sans temps.
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