1moindres vertiges de sa matière ; on ne trouver^
rien de son corps , parce qu’il n’aura rien lairte
d’impur» Semblable à ces Elus qui à la fin de leur
carrière , ont paru s’élever dans les Régions célestes sur des chars lumineux , lesquels n’étoiene
que l’explosion d’une forme pure , plus naturelle
à notre Etre que ne l’est notre enveloppe matérielle , & que nous n’avons jamais ceffé d’avoir t
malgré notre jonction avec la matière.
Que doit-on donc penser des traductions qui
font dire à Job : J s verrai Dieu dans ma chair. Il
faut penser que le texte leur est contraire. Et , en
effet , le mot *Qp3 niquephou appartient au
verbe ‘IP3 naquaph , qui lignifie : Jl a brisé t
il a coupé > il a corrodé y & nullememt il a été environné. Et Job , après avoir reconnu que son Rédempteur est vivant , & qu’il doit s’élever au dessus de la poussiere , ajoute naturellement : Lorsqu 'ils [mes maux ) auront corrode ou détruit mon enveloppe corporelle , je verrai Dieu , non pas dans
ma chair , comme disent les Traducteurs , mais hors
de ma chair. Car dans mibbefari , comme
dans mille autres cas i la particule O mem est un
ablatif extractif qui repuéfente l’existence , hors d’un
lieu , hors d’une chose , & non pas fexiftence dans
cette chose ou dans ce lieu : ainsi le texte porte
ici pr 'ciftment l’opposé des traductions.
Je laisse de côté cette multitude de faits & de
tableaux
t • , . „ ,
Na t u r e l.
2tableaux que contiennent les Livres hébreux depuis
1 époque ou Moïse fut remplacé par un digne fuccefîeur , jusqu au temps ou la forme du Gouvernement
changea. Avec les principes que nous avons établis ,
on peut aisément découvrir ce que représente Josué ,
lorsqu’il introduit le Peuple dans la Terre promise
à ses Peres • lorsqu’il fait la rencontre du Prince
de 1 Armee du Seigneur , & qu’il prend sur les
Ennemis de son Peuple , les Villes de C ariat-Jepher
& de Cariat-arbe , ou la Ville des Lettres & la
Ville des Quatre ; on comprendra , dis-je y ce que
nous rappelle le Peuple Hébreu lui-méme , biffant
subsîster plusieurs des Nations criminelles qu’il avoit
ordre d’exterminer , & s’oubliant jusqu’à faire des
alliances avec elles.
- » ..
Pour les autres tableaux qui se trouvent dans
ces Livres , on pourra aufH facilement découvrir
des interprétations naturelles & instructives ; d’autant que de rios jours on a démontré que la plupart
des faits qui ont paru inconcevables , l’étoient beaucoup moins que les traductions ne le biffent penser ;
les renards de Samson , par exemple , qu’on a fait
voir n’être autre chose que des faisceaux de matières combustibles , auxquelles toutefois il se peut
qu’il ait joint des feux plus actifs que les feux
vulgaires.
Je lai (Te de même tous les faits qui pourroient
II Partie. Ç E ) paroitre
66 Table aü
3paroitre révoltants , tels que ces exécutions fai>
guinaires , ces cruautés opérées eu commandées
par les Chefs & les Dépoli taii es de la Justice , me
proposant d’en parler dans la fuite de cct Ecrit.
Au relie , ce seroit être peu versé dans la connoissance de la Sagesse que d’entreprendre l'explication universelle de tout ce qui est contenu
dans les Livres hébreux; puique non seulement
la vie d’un homme ne suffiroit pas , mais qu’il
faut pe^t-être la consommation de tous les siecles
pour en développer tous les points.
(Jhfervons donc , que quand il s’en trouverois
encore plusieurs d’inexplicables , par quelque
cause que ce soit , cela ne devroit diminuer en
rien , aux yeux des hommes sensés , le mérite des
faits dont les rapports avec notre Erre , & avec
la nature des choses , sont de la plus parfaite évidence.
De ce nombre est le changement que subic
la forme du Gouvernement des Hébreux. Dans
quel temps , sur- tout , ce changement s’est il
opéré ? C’est lorsque la sainteté de leur loi
étoit profanée ; c’est lorsque l’avarice de leurs
Prêtres s’approprioit les ViÛimes des Sacrifices ,
& qu’ils n’exerç fient leur profession sacrée que
comme une ressource à leur cupidité : c est enfin
lorsque ces Prêtres mêmes n’étant plus capables
de défendre l’Arche incorruptible de l’alliance
de
ÎV A t u r £ il 5 y
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.