1concert , & qui dévoient lui présenter une unité
d’a&ion , Te sont trouvées partagées pour lui ,
séparées de lui , & se sont renfermées chacune
dans leur sphere & dans leur région ; de façon
que ce qui étoit simple & un pour lui , est devenu multiple & subdivisé ; ce qui étoit subdivisé
& multiple , s’est congloméré & l’a écrasé de
son poids ; c’est-à-dire , que pour lui le sensible
a pris la place de l’intellecluel , & l'intellectuel
celle du sensible.
Il est des rapports non équivoques , qui nous
indiquent en effet que toutes les forces physiques
de la Nature servirent d’entraves à ce malheureux
homme au moment de sa chûte ; & de même que
le corps que nous portons & qui nous asservit , est
un extrait de tous les fluides , feux , liqueurs &
autres substances de l’individu corporel qui l’a
engendré , de même les chaînes du premier
homme coupable furent composées de l’extrait
de toutes les parties du grand-Monde : ce qui fait
que secondairement à lui, nous pouvons regarder
notre corps comme étant aussi une image de cet
Univers matériel.
En s’asservissant au sensible , non seulement
l’homme a été séparé des vertus intellectuelles &
supérieures , avec lesquelles il concouroit par sa
puissance , mais il a même laissé mélanger &
amalgamer ses propres vertus avec toutes les par»
N A T U R S 1. 11$
2très de ft prison , & nous avons des indices de
ce mélange y & de l’origine matérielle du premier homme , dans la loi de génération particulière par laquelle l'homme actuel parvient à
la vie.
Le corps de l’homme , avant sa formation individuelle , est répandu dans toute la forme du
pere ; il est uni à toutes les puissances qui sont
dans son principe générateur. Quand le moment de la naissance est arrivé , le germe corporel répandu dans la forme universelle du pere ,
se concentre , se rassemble en un point. Alors il
s’exile & s’ensevelit , dans le sein ténébreux de
la femme , où mélangé avec des fluides impurs
& enveloppé de mille barrières , il n'a pas même
la jouissance de l’air ; où ses organes les plus
parfaits sont sans fonction , & où il reçoit la
vie & les secours des élémens que par un point
paiïif , tandis que la destination de l’homme
étoit de correspondre activement avec toute la
Nature.
Telle est l’image du premier état corporel de
l’homme coupable qui , banni de sa sphere universelle , fut jeté ignominieusement dans la
forme ou la prison matérielle des hommes; qui
n’éprouvant-là qu’une opposition universelle à
sa véritable action , y fut réduit à la privation
la plus entière , & n’offrit plus qu’un mélange
H z
ii 6 Tableau
honteux de ses propres vertus avec toutes les fubltances hétérogènes qui formoient son obscure
demeure.
3Dans cet état y quels ont dû être les premiers
mouvemens de l’homme ? Ç’a été de se dégager
de ces malles étrangères qui l’accabloient ; c’a
été de séparer péniblement ses propres vertus
d’avec toutes ces matières impures avec lesquelles elles étoient confondues ; enfin , ç’a été
de réunir toutes ses forces pour sortir de dessous
les décombres de l’Univers.
Mais des loix positives s’opposant à ce qu’un
Etre puisse s’allier avec ce qui lui est contraire ,
sans porter l’empreinte & les traces de son amalgame , il fut impossible au premier homme de
sortir de son cloaque avec la même pureté , la
même agilité qu’il avoit avant de s’y précipiter \
& voilà pourquoi l’homme particulier , après
avoir séjourné dans le sein de la femme , après y
avoir exercé l’a&ion dont il est alors susceptible
pour démêler son germe sensible d’avec tous les
liens & les entraves qui le resserrent } paroît au
jour renfermé dans une forme plus opaque que
îe fluide subtil qui enveloppoit son propre
germe.
Après que l’homme primitif eut surmonté cet
iobftacle , il lui resta un pas très-confidéi able à
faire ; ce fut de s’unir successivement aux forces
Naturel. 117
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.