1on n’a pu le concevoir encore: il v a même de3
Langues rrès- lavantes qui n’ont point de mot pour
l'exprimer. Au contraire, parmi ceux qui ont pris
Dieu peur objet de leurs réflexions , il n’en est aucun qui ait pu dire ce qu’il n’étoit pas ; car il n’y a
point de dénominations positives , exprimant un
attribut réel ou une perfection ^ cui ne conviennent 1 cet Etre universel , puisqu’il est la première 1 are de tout ce qui est. Et si les hommes
lui donnent quelquefois des dénominations négatives, telles qu’ Immortel , Infini , Indépendant , nous verrons, en examinant leur véritable
sens , qu’elles expriment des attributs très-positifs , pui qu’en effet ces dénominations ne fervent
qu’à annoncer qu’il est exempt des fujettions
& des bornes de la matière.
Dans le Principe suprême , qui a ordonné la
production de cet Univers , & qui en maintient
l’existence ? tout est effentieliement ordre , paix ,
harmonie ; ainsi on ne doit pas lui attribuer la
confv/fion qui 'régné dans toutes les parties de
notre ténébreuse demeure; de ce dé, ordre ne peut
être que i effet d’une caule inférieure &: oppoiée à
c ■ IVn ipc. Cause inférieurè & corrompue, qui ne
peut mgi; que féj arcment & hors du Principe du
bien : car il èft encore plus certain qu’elle est:
r.ui’è St impuissante , relativement à la Cause
Naturel. 25
première , qu’il ne l’est qu’elle ne peut rien sur
l’essence même de l’Univers matériel.
2Il est impossible que ces deux Caures
existent ensemble hors de la classe des choses
temporelles. Dès que la Cause inférieure a ceffé
d’être conforme à la loi de la Cause supérieure ,
elle a perdu toute union & toute communication
avec elle; parce’ qu’alors la Cause supérieure,
Principe éternel de l’ordre & de l’harmonie , a
lailfé la Cause inférieure, oppolée à fou unité,
tomber d’elle-même dans l’obscurité de sa corruption , comme elle nous laisse tous les jours perdre volontairement de l’étendue de nos facultés,
& les resserrer , par nos propres ades , dans les
bornes des affections les plus viles , au point de
nous éloigner absolument des objets qui conviennent à notre nature.
Ainsi , loin que la naissance du mal , & la création de l’enceinte dans laquelle il a été renieimé ,
aient produit dans l’ordre vrai, un plus g; and
ensemble de choses , & ajouté à l’Immensité ,
elles n’ont fait que particularifer ce qui par
essence devoit être général ; que diviser des
actions qui dévoient ê re un’cs ; que contenir dans
un point ce qui avoir é:é fép-aié de l’universalité , & devoir circuler fats cesse dans toute
l’économie des Etres ; que fer.Jtlili fer enfin fous
dc-s (oimes matérielles ce qui exiiloit déjà en
Tableau
3principe immatériel : car } si nous pouvions
anatomiler l’Univers, & écarter ses enveloppes
groflicres , nous en trouverions les germes &
les fibres principes disposés dans le même ordre où nous voyons que sont leurs fruits &
leurs productions ; & cet Univers 'invisible seroit
aussi diflind à notre intelligence , que l’Univers
matériel l’est aux yeux de notre corps. C’est:
là où les Observateurs se sont égarés , en confondant l’Univers invisible avec l’Univers vifibîe , & en annonçant le dernier, comme étant
fixe & vrai, ce qui n’appartient qu’à l’Univers
invisible & principe.
C’est ainsi que la cause inférieure eut pour
limites , le rempart sensible & insurmontable de
l’action invisible , vivifiante & pure du grand
Principe , devant laquelle toute corruption voit
anéantir ses efforts : & si la connoissance des
véritables loix des Etres a été quelquefois le prix
des études de ceux qui me îifent en ce moment ,
ils verront ici pourquoi la révolution solaire
forme une période annuelle d’environ 36 ^ jours;
car ils auroient droit de se défier des principes que
je leur expose , si les preuves ne pouvoient en
être sensiblement écrites fous leurs yeux.
Cette cause inférieure , exerçant son action dans
l’espace ténébreux où elle est réduite tout ce
qui y est contenu avec elle , sans exception , doit
Naturel. 2.7
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.