1Cependant , c’est par notre ressemblance avec
cette troisîeme faculté que nous devons commencer à corriger les difformités qui nous défigurent ; car la loi par laquelle le premier Principe
nous laisse ici-bas appercevoir son image , étant
liée à un ordre temporel & fucceflif , nous devons
travailler à manifester les droits & la vie de
l’a&ion divine , avant de prétendre à manifester
les deux facultés qui la précèdent , puisque dans
toute progression ascendante , il faut passer par
l’inférieur , avant d’aller au supérieur.
Toutefois , ces mots de supérieur & d’inférieur
ne doivent être employés que pour se prêter aux
bornes qui resserrent aujourd’hui notre intelligence. Dans Dieu rien n’est supérieur , rien n’est
inférieur ; tout est un dans l’indivisîble , tout est
semblable , tout est égal dans l’unité.
Mais les fuites des écarts de l’homme n’ont
Naturel ; 163
pas seulement fait subdiviser les Vertus temporelles des Etres de la création y elles ont même
engagé la Divinité à ne plus montrer que successivement les Vertus de sa propre essence à cec
Ecre coupable , & c’est: là une nouvelle preuve
de 1 amour qu’elle a pour lui , puisque l’homme
n ayant plus la force nécessaire pour contempler
l’unité divine sans péril , elle se partage, j o ir
ainsi dire , en sa faveur , afin qu’il aie toujours
quelques moyens de la reconnoître , & qu’elle
ne Péblouifie pas , comme il arriveroit y si elle
se présentoit à lui dans tout son éclat.
2Or dans cette espece de subdivision qui n’efî
relative qu’à l’homme seul , la troisieme faculté
divine , ou 1 action , est celle dont nous devons
d abord nous approcher , puisque son ombre la
place apres les deux autres , & par conséquenc
plus près de nous.
Si Pon trouve trop de difficultés à concevoir
ces mots , action , volonté y pensée , que je présente comme diftinéles les unes des autres , tandis
que ces trois facultés sont unes dans leur essence ’
il suffira pour avoir la parfaite intelligence de cec
écrit , de s’en tenir à cette idée générale , que par
son crime l’homme ayant perdu de vue l’unité
des puiss'ances divines , ne peut plus les contempler que séparément j que ces puissances , en se
L 1
Tableau
communiquant à lui , ne peuvent se montrer
que fous une multitude innombrable de faits ,
de signes , d'emblèmes \ fous une complication
d’Agens «St de moyens , qui fasse sentir à l’homme
la privation où il est de cette unité & des délices
dont elle est: la source & le foyer.
3Si dans l’espece humaine , considérée relativement à l’ordre physique , nous voyons des
hommes remarquables par la beauté & la proportion de leur corps , par leur force, leur agilité , & les différens avantages de la forme &
des organes , nous devons penser qu’il en est:
de même dans l’ordre de leurs facultés intelleéibuelles } & que si le plus grand nombre est:
en effet réduit aux notions les plus communes
& les moins élevées , il a dû en exister dans
tous les temps qui ont été distingués parmi leurs
femblabîes , & qui se sont plus approchés qu’eux
de la lumière ; différences qui s’observent encore
tous les jours , par rapport à ce qu’on appelle
vulgairement Sciences.
Quoique tous les hommes de la terre foient
destinés à manifester , même ici-bas , quelques
rayons des facultés divines , on peut donc croire
que quelques-uns d’entr’eux sont appelles à cette
œuvre avec une détermination plus positive que
les autres hommes, & qu’ils ont à opérer des fait*
plus vastes &; plus considérables.
Na t v r e x.
Les uns , chargés seulement de leur propre régénération 9 n’ont, pour ainsi dire , qu’à contemA
pler le tableau des secours que la Sagesse supréme leur présente , & à tâcher de s’en appliquer les fruits. Les autres , destinés à répandre
ces secours y doivent avoir des forces plus grandes
& des dons plus étendus.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.