1II faut donc étudier avec foin cette copie , si
nous voulons recouvrer quelques idées de son modèle : il faut considérer les différentes divisions
du Tabernacle , & les différens voiles qui les
séparent les unes des autres , pour retracer les
différentes progressions & suspensions de la lumière pour nous : V Oracle enveloppé & couvert des ailes des Chérubins ; la couronne , ou
le cercle d’or , qui la surmonte , & semble placée
ainsi , comme l’anneau de Saturne , pour servir
d’organe aux vertus supérieures qui dévoient y
descendre ; les tables dressées dans les différentes régions ; les douze pains de proposition
rangés six par six , pour nous peindre les deux
loix sénaires , sources de toutes les choses intellectuelles & temporelles ; enfin 3 le chandelier
€i Tableau
à sept. branches repérant le nombre de la lumière
fupcrieure qui éclatoic & vivifioit inviftblement
ce fanétuaire mystérieux , le liege de sa gloire.
2Non seulement le Tabernacle devoit avoir -
des rapports avec la destination de l’univers ,
mais il devoit encore en avoir avec l'homme ,
puisque l’homme en étoit le premier objet : ce
qui fut fuftifamment annoncé par cet autel quarré qu’il fut ordonné d’y placer avec les vases
& instrumens relatifs au culte qui devoit s’y exercer. Cette forme quarrée est un symbole analogue
au nombre de l’homme intellectuel , symbole que
l’on peut facilement démêler , & qui sera encore plus développé par la fuite : ,, mais le propre corps
de l’homme paroît y avoir aussi des rapports ,
puisqu’il forme lui-même un quarré par ses dimensions. En outre , cet autel étoit soutenu &
transporté par le moyen de quatre bâtons creux ,
qui ne s’en détachoient point ; & ce type se
trouve en nature physique sur la forme matérielle
de l’homme.
On ne peut considérer la fin corporelle du Légillateur des Hébreux , dont la sépulture est restée ignorée , ainsi que l'histoire de ces Elus qui
sont annoncés comme ayant été enlevés dans des
chars de feu , sans prendre une idée vaste & instru&ive de notre véritable destination.
L’homme
N A T U R E Z*.
L’homme est un feu concentre dans une grossiere enveloppe * sa loi , comme celle de tous les
feux , est de la dissoudre , & de s’unir à la source
dont il est séparé.
3Si , négligeant l’activité propre à son Etre, il se
laisse dominer par cette enveloppe sensible & ténébreuse , elle prend un empire plus ou moins fort
& durable , félon les droits qu’il lui a cédés par
sa foiblesse , par ses penchans ou par ses jouissances. Alors son feu est: étouffé ou enseveli , pour
ainsi dire y fous ce voile cbrcur , & l’homme à sa
mort se trouve comme confondu avec les ruines
de sa forme corporelle ; ces débris mêmes devant
relier entalfés sur lui , tant qu’il ne sentira renaître au centre de son exillence , rien d’alfez vivant
pour briser & détruire les liens qui l’attachent à
la région inférieure des corps.
Si , au contraire , suivant la loi de sa nature
il a fu non seulement conserver la force & les
droits de son propre feu , mais les augmenter
encore par l’a&ion d’un feu supérieur , il n’elï
pas étonnant qu’à la mort , leur ardeur ne consume plus promptement la forme impure qui
jusques - là en avoit contraint les mouvemens ,
& que la disparition de cette forme ne soit plus
rapide.
Que sera-ce donc li l’homme entier est: embrassé de ce feu supérieur ? il anéantira jusqu'aux
moindres
64 Tableau
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.