1à la porte des Temples des Egyptiens , afin de
nous rappeller combien la lumière est aujourd’hui
enveloppée pour nous d’énigmes & d’obscurités.
Mais ils nous apprennent que cette lumière n’est
point inaccelfible , en nous transmettant l’emblème que le Sphinx représenta , lorsqu’il fut envoyé à Ihebes par la jalousie de Junon j car on
dit qu’GE’ipe , en expliquant l’énigme que la
Déesse faisoit proposer par son Envoyé , le réduisit à la nécelïïté de se donner la mort. Convenons
toutefois que c’est alfez mal-à-propos que dans
l’emblème le Sphinx en vient à cette extrémité ,
puisqu’CEdipe ne donnoit alors que l'explication de
l’homme animal & sensible , & qu’il y a en nous
un Etre infiniment supérieur , qui est le seul mot
par lequel on puisse véritablement expliquer toutes
les e’nigmes.
Ces mêmes Mythologiftes nous montrent à
quel prix nous pouvons espérer d’atteindre à
cette lumière , lorsqu’iîs nous parlent de cette
piece d’or que les Ombres donnoient à Caron
pour palier le fleuve. L’homme ne pourra jamais trouver accès dans les demeures de paix ,
qu il n’ait acquis, pendant son séjour ici-bas , allez
de richtjjes intellectuelles pour gagner & soumettre ceux qui défendent les enceintes de la lumière ; & n.ême il ne peut pendant son existence
sensible & matérielle , faire un seul pas vers la
vérité
Naturel. 26$
vérité , qu’il ne paie d’avance par f«s desirs &
son dévouement , le Guide fidelle qui doit le diriger dans la carrière.
2Enfin les Mythologiftes nous rappellent visiblement , &c en nature , la présence de ce Guide
auprès de l’homme , en nous peignant ce Palladium ou cette statue de Minerve qui descendit
du Ciel avec le secours d’Abatis , lorsqu’on bâtissoit à Troyes le Temple de cette Déesse. Us nous
montrent en meme temps quelle confiance nous
devons avoir en ce don supréme , puisqu’à l’exemple de Troyes , & d’après l’Oracle qui avoit
annoncé d’où dépendoit la conservation de cette
Ville , nous serons à jamais en fureté , tant que
nous ne laisserons pas les Ennemis pénétrer par
des souterrains dans le Temple , parvenir jusqu’à
Y Autel , & nous enlever notre» palladium.
Toutes les allégories qu’on vient de voir , fufififent pour nous convaincre qu’à commencer à
la première origine des choses temporelles , les
Traditions mythologiques présentent à l’homme
une foule d’images fideles de tous les faits palTes ,
présens & futurs qui doivent l’intéresser ; qu’il
peut y voir l’histoire de l’Univers matériel &
immatériel; la sienne propre, c’est- ù-dire , le tableau de sa splendeur originelle, celui de sa dégradation y & celui des moyens qui ont été employés pour le réhabiliter dans ses droits.
Quant
1 66 Tableaî
3Quant à ceux qui veulent borner à des faits
historiques , les traditions de la Mythologie , &
qui ne voient dans les anciennes Divinités , que
des Héros ou des personnages célébrés , nous
croyons qu’ils peuvent avoir raison sur quelques
points 5 mais il faut qu’ils avouent aussi que la
plupart de ces applications particulières , n’ont
été faites que postérieurement , & d’après des
traditions mythologiques déjà existantes ; en forte
qu’on ne peut s’empêcher de reconnoitre que la
Mythologie primitive fut hiéroglyphique & fymîbalique ; e’est-à-dire , qu’elle a renfermé les véîïtés les plus importantes pour l’homme ; & tellement nécessaires , qu’elles n’en existeroient pas
moins > quand ni les Fables , ni aucune espece de
Tradition ne nous les auroit retracées.
Nous terminerons ici sur ces Traditions , pour
ne point ralentir notre marche , &. pour ne pa
hasarder des interprétations , qui trop profonde
pour être entendues généralement , paroîtroient
n’avoir pas toutes la même justesse , en ce qu’elles
n’auroient pas toutes la même évidence ; &: qui
par-là pourraient répandre des doutes & de la
défiance sur celles qui seroient les plus claires.
Mais les observations qu’on vient de voir, ne
se bornent point aux seules Traditions mythologiques Grecques & Egyptiennes : la Théogonie ,
la
Naturel. s.6j
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.