1On peut donc résoudre ici la question proposée,’
en disant que dans l’ordre naturel & parfait , les
lignes hiéroglyphiques précédent universellement
les Langues \ que si l’on a reconnu avec raison
que les hommes , dans leur état de dégradation ,
ont eu des Langues avant d’avoir une écriture ÿ
cela confirme d’autant notre principe : car il ne
faut pas regarder les caracteres de l’écriture actuelle & vulgaire , comme les hiéroglyphes primitifs , ni comme la source de la parole de l’homme , mais comme des lignes hiéroglyphiques secondaires destinés à réactionner l’intelligence &
la parole dans ceux à qui les hiéroglyphes mêmes
seroient communiqués ; & l’on ne fauroit douter
que ces lignes hiéroglyphiques inférieurs n’aient
cet emploi , si l’on observe que les muets se font
comprendre par leurs lignes , & que plusieurs
hommes écrivent des Langues qu’ils ne peuvent
ni parler , ni entendre.
Enfin , si l’on veut se convaincre que les
signes & hiéroglyphes primitifs sont antérieurs
aux langues , il sursit de voir que toutes nos paroles sont précédées intellectuellement en nous ,
par le tableau sensible de ce quq nous voulons
exprimer ; il suffit , à bien plus forte raison ?
d’observer que l’homme palfe la première partie
de
Tableau
de sa vie corporelle dans les entraves de
Fance , & dans les liens des organes matériels , avant
de parvenir à la jouissance de la parole.
2Mais revenons aux lignes naturels des Puissances
inférieures qui agiiTent dans cet Univers , & reconnoissons de nouveau l’existence nécessaire de
ces lignes pour toutes les clalîes d’Etres , pour tous
les Régnés , pour toutes les Régions } parce que
tout est gouverné par cette loi irrévocable;
Comme chaque Peuple ? chaque homme , est
libre de s’appliquer à tel ou tel objet ■> chacun
aussi doit être pourvu plus abondamment des
lignes relatifs à l’objet dont il s’occupe : c’est
même un indice alluré pour reconnoître quelles
sont les Sciences qu’un Peuple cultive , & il ne
faut pas considérer long-temps les hiéroglyphes
des Egyptiens , pour voir qu’ils étoient moins
adonnés aux vraies Sciences qu’on ne le croit
vulgairement. Cette multitude de reptiles , d’oilèaux , d’animaux aquatiques qui y dominent ,
annonce assez qu’ils s’exerçoient particuliérement sur les cb ets élémentaires , & même sur
des objets encore plus inférieurs ; parce que l’eau
d’où tous ces animaux sont sortis , est par son
nombre , le vrai type d’une origine confuse &
désordonnée. Car si l’on prétendoit qu’ils n’eussent tiré ces hyéroglyphes que des objets les plus
qgmmuns dans leur pays aquatique , il suffiroit
&
ïï A T U R S il
<3e se rappeller ce que nous avons déjà dit sur
l’origine de l’Idolâtrie , qui n'est -qu’une altération du culte vrai , & qui a été néccfia’rement précédée par les lignes primitifs & hiéroglyphiques.
3De meme , il y a des témoignages certains
pour s’assurer de l’ignorance d’une Nation ; c’est
lorsqu’elle n’a pas Récriture naturelle hiéroglyphique , & que ses monumens sont ornés de figures
arbitraires } nulles , & auxquelles elle ne prête
qu’un sens conventionnel & idéal ; on peut être
sur alors que les Savans les plus célébrés de cette
Nation , n’ont pas même la première idée du titre
dont on les honore , & que s’ils tiennent un rang
distingue dans l’opinion vulgaire 9 ils en occupent un tres-inférieur dans l’ordre vrai des connoissances.
Il est a propos de présenter ici quelques exem*.
pies de ces lignes naturels , qui doivent avoir des
rapports avec les objets temporels , & indiquer les
propriétés des Etres.
Si toutes les Nations de la Terre ont employé
le triangle dans leurs monumens hiéroglyphiques , peu en ont connu ou dévoilé les véritables
relations & le vrai sens. Celles qui l’ont donné
pour symbole du Ternaire sacré , auraient dû
montrer un symbole intermédiaire entre ce Type
( R ) suprême
açS Tableau
suprême & le ternaire corruptible ; parce que sans
cela , de l’Etre invisible & variable , à une figure
morte , telle qu’un triangle , la distance est trop
grande , pour qu’on puisse s’élever de l’une à l’autre : or le symbole intermédiaire est l’homme ,
comme on le verra dans la fuite.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.