1point analogue à Ton Etre penfapt , afin de n’y
lailTer entrer que des sucs vivifians &purs comme
lui , & avec lesquels il puisse former cette union ,
cette harmonie , cette unité qui fait à la fois l’objet & le terme de toutes les a&ions & de tous les
Etres de la Nature.
Quant au feu en général , il apprend aux hommes ce que seroient leurs jouissances & leurs lumières , s’ils exerçoient avec persévérance les
facultés qui sont en eux , & s’ils en portoient l'action jusqu’au point où leur essence leur permet
d’atteindre. Le feu a le pouvoir de vitrifier tous
les corps , c’est-à-dire , de tellement les purger de
leurs feories & de leurs écorces, que leur principe
radical parvienne en quelque forte à sa pureté &
à sa (implicite naturelle.
Par-là ces corps que leur opacité rendoit impénétrables à notre vue , & qui nous interceptoienr les autres objets; ces corps, dis- je, acquièrent une clarté vihble,une traniparence dont
les effets ne la Isent plus de bornes à nos defits &
à nos cou. oifiànces.
Ils donnent à l’homme le moyen de jouir de la
lumière des astres, sans ressentir les rigueurs de
l’atmo'phere , & d’exister au milieu des intempéries de cette région terrestre , sans en recevoir
les atteintes , comme si en effet elles n’avoient
Naturel. içî
2pas lieu pour lui; image grossiere , mais instructive d’une autre espece de lumière & d’une autre
espeee de sécurité , que l’homme peut également
se procurer au milieu des tempêtes qui grondent
dans cette orageuse demeure.
Ces corps lui donnent le moyen de pénétrer ,
pour ainsi dire, dans les mysteres de la Nature;
d’appercevoir d’une part , des merveilles que la
petitesse des objets sembloit avoir exclues pour
jamais de ses connoilTances ; & de l’autre , de diriger Tes yeux jusqu’àla région la plus élevée desastres. Ils le mettent à portée d’en mesurer les
dimensions, d’en calculer tous lés mouvemens ,
& de lire , comme à découvert y les loix de ces
grands mobiles , dont il est séparé par une distance si prodigieuse , que plusieurs échappant à
la vue simple , il n’avcit pu même en soupçonner
l’exiltence.
Tous ces faits sont pour l’homme autant de
signes qui lui démontrent que s’il avoit le
courage d'amener sa volonté à son vrai point
d’épurement , il rendroit à son Etre intellectuel 9
une clarté , une transparence analogue à sa classe ;
il lui procureroit un degré de purification qui
lui seroit non seulement découvrir la marche
des Etres immatériels qui l’environnent y mais:
même l’aideroit à s’élever jusqu’à l’ordre intellectuel le plus supérieur à lui , jusqu’à cet ordre
K*
152, Tableau
3vivant dans lequel il a puissé son origine , mais
dont il est aujourd’hui tellement éloigné , qu’il
le regarde comme inaccessible à sa vue. Car
dans le ienfible & dans l’intellectuel , il est
certain qu’il n’y a que le grossier, que la souillure qui forment pour l’homme, les ténèbres, les
éloignemens & les distances , & que tout est clair
pour lui , tout est près de lui , quand tout effc pur
en lui.
Malgré toutes les beautés écrites dans la
création temporelle , convenons que nous n’y
voyons que des loix de rigueur & de violence ,
que des laits non libres , & qui ne démontrent
pas même une intelligence dans les agens qui les
opèrent , quoiqu’il y en ait nécessairement une
hors de ces agens, qui les commande dans tous
leurs a&es , puisque ces actes s’exécutent avec
ordre & régularité.
Ce seroit donc en vain que nous chercherions
dans la matière , des images réelles & permanentes du Principe de la vie , duquel nous
sommes malheureuse ment séparés ; & si i’homme
n’eut pas eu d’autres signes que les objets matériels pour recoin er ia conno stan e de ce Principe , ia /office ciivine auroit peu de choses à lui
redemander.
Nous avons déjà remarqué, que dans l’homme.
N A T U R E Z*
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.