11 Ouvrage déjà cité. L’homme s’est égaré en allant de quatre à neuf ; c’est-à— dire } qu’il a quitté
le centre des vérités fixes & positives , qui se trouvent dans le nombre quatre , comm’étant la source
& la correspondance de tout ce qui existe • comme
étant encore , même dans notre dégradation ,
le nombre universel de nos mesures , & de la
marche des Affres ; vérité divine dont les hommes
des derniers flecles ont fait l’application la plus
heureuse , pour déterminer les loix des mouvemens célestes , quoiqu’ils n’eussent été conduits à
cette immortelle découverte que par la seule
force de leurs observations , & par le flambeau
des sciences naturelles. C’est-à-dire , enfin ,
que l’homme s’est uni au nombre neuf des choses
passageres & sensibles , dont le néant & le vuide
sont écrits sur la forme même circulaire ou neuvaire , qui leur est assignée , & qui tient l’homme
comme dans le prestige. ”
Voilà, en effet , quels sont les droits qu’ont
aujourd’hui sur l’homme toutes les choses de cette
région temporelle. Comme chacun des Etres qui
la composent , est complet & entier dans son
espece y les yeux de ce malheureux homme demeurent fixés sur des objets qui représentent en
effet l’unité , mais qui ne la représentent que par
des images très-fausses & très-défeêlueufes ; puiss
Si Tableau
2qu’ils sont tous formés par des assemblages ; puïsque dès qu’ils peuvent être vus par nos yeux
de matière , ils sont nécessairement composés ,
attendu que nos yeux matériels sont composés
eux-mêmes , & qu’il n’y a de relation qu’entre
les Etres de même nature.
L’homme est donc réduit , en demeurant dans
cette région temporelle , à n’appercevoir que des
unités apparentes ; c’est-à-dire , qu’il ne peut
plus connoître aujourd’hui que des poids , des mesures , & des nombres relatifs , au lieu des poids ,
des mesures & des nombres fixes qu’il employoit
dans son lieu natal : & il en a la preuve dans les
expériences les plus communes ; car il lui seroit
de toute impossibilité de fixer une portion de
•matière qui fût égale en poids , en nombre & en
itîefure à une autre portion ; attendu qu’il lui faudroit connoître le poids , le nombre & la mesure
fixe de la première } & qu’il a quitté le séjour de
tout ce qui est fixe.
Toutefois ces choses sensibles , qui ne sont
qu’apparentes & nulles pour l’esprit de l’homme ,
ont une réalité analogue à son Etre sensible &
matériel. La Sagcfte est si féconde , qu’elle établit des proportions dans les vertus & dans les
réalités , relativement à chaque classe de ses pr«-
du&ions.
Naturel. 83
3Voilà pourquoi il y a une convenance & même
une loi insurmontable , attachée au cours des
choses sensibles , sans laquelle leur a&ion , quoique passagere & temporelle , ne pourroit jamais
avoir le moindre effet. Ainsi , ilest très-vrai ,
pour les corps , que les corps existent , qu’ils se
nourrissent , qu’ils se choquent , qu’ils se touchent , qu’ils se communiquent , & qu’il y a un
commerce indispensable entre toutes les substances de la Nature matérielle.
Mais aussi cela n’est vrai que pour les corps :
car toutes les aélions matérielles , n’opérant rien
d’analogue à la véritable nature de l’homme ,
sont en quelque forte ou peuvent être étrangères
pour lui quand il veut faire usage de ses forces
& se rapprocher de son élément naturel. Enfin,
la matière est vraie pour la matière , & ne le
sera jamais pour l’erprit. Diftin&ion importante
avec laquelle on auroit terminé depuis long-temps
les disputes de ceux qui ont prétendu que cette
! matière n’étoit qu’apparente , &de ceux qui ont
( prétendu qu’elle étoit réelle.
1,, Les choses corporelles & sensibles n’étant rien
pour l’Etre intelleffuel de l’homme , on voit comment doit s’apprécier ce que l’on appelle la mort ,
& quelle impression elle peut produire sur l’homme sense , qui ne s’est point identifié avec les
illusions de ces substances corruptibles. Car le
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The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.