1pîîffent tes Décrets de la Justice divine sur les puissances ennemies , qui n’éprouvent dans ces combats & dans leurs fuites , que contrariétés &
tourmens inexprimables. Car quel plus grand
supplice peut-on concevoir que de persévérer dans
des efforts opiniâtres, mais impuissans ; qui plus
ils sont soutenus , plus ils tournent à la honte &
à la rage de ceux qui s’y abandonnent
Si des hommes imprudens , observant les pâti—
mens des Etres sensibles , ont osé condamner les
voies de Dieu & le taxer d’injustice , c’est qu’ils
n’ont jamais fait attention que l’homme étant
destiné à représenter la Divinité dans ses actions , il la représentoit aussi dans les moyens
par lesquels ces avions se manifestent ; quoique
toutes les classes étant descendues , ces rapports
ne se découvrent presque plus aujourd’hui que
matériellement , ce qui néanmoins est suffisant
pour lever la difficulté.
En effet, qu’un pere voie son fils attaqué par
des malfaiteurs, ou menacé de quelque danger
considérable , ce pere tendre volera sans doute
à son secours , & ne craindra pas , pour le sauver , de mettre en usage toutes les forces, &
tous les organes de sa propre forme corporelle
& sensible. Cependant les membres de ce tendre pere ne sont pour rien dans les désordres
contre lesquels il les emploie & quoiqu’ils
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2puissent être maltraités , blessés , nous n'y voyons
pour eux aucune injufrice , parce qu’ils ne sont
que des êtres subordonnés & que l’amour paternel qui les commande , justine toutes les avions
qu’il en exige.
Poions pour un moment, que les Etres sensîbles universels sont par rapport à la Divinité ,
ce que sont les organes matériels dans l’exemple
cité , nous ne lerons plus étonnés qu’elle les
emploie pour venir au secours de l’homme ; quoique ces êtres , ou ces organes sensibles n’aient
point coopéré aux crimes qui ont exposé l’homme
à la mort..
Mais comme l’emploi des êtres sensibles , dans
le grand œuvre de la Sagesse Divine , tient à des
loix & à des connoissances supérieures , ce sujet
est trop au dessus de la portée du grand nombre , pour espérer qu’en portant plus loin nos réflexions, elles fussent entendues généralement.
D’ailleurs , indépendamment des souffrances
attachées par les loix de la Nature , à tous les
êtres sensibles , ils en éprouvent de très-confidérabîes qui semblent naître d’une cause étrangère à ces loix ; telles sont les souffrances
qui résultent de l’empire de l’homme sur les
animaux , & de l’emploi qu’il en fait , soit dans
les sacrifices religieux soit pour ses besoins
alimentaires , soit pour différents services &
Naturel. x^i
usages , soit enfin potir ses amusements.
3Si, pour justifier ce nouveau genre de pâtimens que les religions , les besoins , la cruauté ,
la dépravation des sociétés peuvent ajouter aux
ioutfrances naturelles des animaux , je retraçois
encore les droits de l’homme ; si je rappellois
l’étendue de Ton autorité , l’abus qu’il en fait
envers les Etres sensibles , n’en paroîtroit pas
Tans doute plus excusable , ni les animaux moins
innocents.
Telle est: néanmoins Pimmenfité de fies pou»
voirs , qu’il asservit à son action tout ce qui elb destiné à en être l’objet , & de même qu’il ne tiendroit qu’à lui de légitimer jusqu’aux moindres actes de sa puissance , de même il peut les rendre
nuis , criminels pernicieux.
Mais pour calmer toutes les difficultés sur
cette vérité profonde , nous ajouterons ici que
les vertus supérieures qui n’ont point participé au crime de l’homme , participent cependant aux fuites laborieuses que ce crime
entraîne après lui : & si l’homme a pu porter les influences pénibles de ses désordres jusques sur des Agents libres , sur les Ministres
de la Sagesse Divine , il n’est pas étonnant qu’il
puisse les étendre aussi sur de simples objets
passifs , sur des objets de dépendance & dç
servitude.
I Z
iji Tableau
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.