1Permettons-nous une comparaison prise dans
l’ordre physique. Lorsqu’un homme veille corporellement , il jouit de la lumière élémentaire , il
fait sensiblement qu’elle existe & qu’elle est près
de lui. S’il vient à s’endormir , il ne l’apperçoie
plus ; mais ceux qui veillent près de lui y & qui
la voient , ne peuvent nier qu’elle ne réfléchisse
sur ce corps assoupi.
Il en est ainsi de la lumière intesse&uelle :
quand nous nous en approchons , elle nous réchauffe , nous connoissons évidemment son existence ; mais si nous fermons les yeux à sa clarté,
nous n’appercevons plus cette lumière ; nous
sommes dans les ténèbres , & cependant il est
très-certain , pour ceux qui veillent , qu’elle est
toujours sur nous ; & qu’en qualité d’Etres libres
& indeftru&ibles } nous conservons le pouvoir
d’ouvrir les yeux à ses rayons. Ainsi , soit que
nous mourions , soit que nous vivions intellectuellement , nous sommes sans cesse fous l’afpeéfc
de la grande lumière, & nous ne pouvons jamais
ctre inaccessibles à l’œil de l’Etre universel.
Posons ici la principale colonne de notre édit^z Tableau
fice , & examinons quelles sont les voies que la
Sagesse ne cesse d’employer pour procurer à
l’homme cette réaction supérieure , sans laquelle
tous les fruits de sa nature seroient étouffés dans
leur germe.
2Si l’homme s’étant exclu du séjour où réside la
lumière , ne peut plus aujourd’hui contempler la
pensée , la volonté &: l’aûion supréme, dans leur
ensemble ou dans leur unité , il peut les reconnoître encore dans une subdivision relative à lui
seul , c’est-à-dire , dans une multitude d’images
de tous genres , qui l’environnent , qui sont destinées à le réactionner & à lui faire ouvrir les yeux
à la vérité ; car , sans cette réaction , l’homme ne
seroit point coupable de rester dans les ténèbres,
& de ne pas recouvrer l’idée des facultés de son
modèle.
En effet , fx parmi les Êtres matériels , il n’en
est aucun qui puisse manifester ce qui est en lui
sans une réaction , il y a de meme une réaction
pour l’esprit de l’homme , puisqu’il a comme eux
un Principe générateur.
Ausîi l’homme ne peut -il porter ses regards
autour de lui sans appercevoir les images les
plus expressives de toutes les vérités qui lui sont
nécessaires.
Le Principe supréme manifeste d’abord l’exif- v
tence de ses facultés créatrices par l’existence de
Naturel'. 143
la matière , puisque tout individu matériel n’est
& ne peut être qu’une production. Il manifeste en outre la loi progreiïive de l’action
de ces facultés , par les actions successives &:
génératrices des élémens. Voici l’ordre de ces
dernieres.
3Il y a un feu principe inviflble , incoercible ,
d’où proviennent toutes les substances particulières qui constituent les corps. Ce feu principe est
indiqué par le Phlogistique qui s’exhale des matières en dissolution. Il produit trois a£tes sensibles.
Par le premier il engendre le feu matériel
& visible , qui dans les animaux se représente par
le sang ; & ce feu grossier est triple , en ce qu’il
contient en lui de l’eau & de la terre : mais cette
triphcité est simple , parce qu’il n’y a point encore de séparation.
La fécondé opération sépare de ce feu visible
& matériel un fluide aqueux beaucoup plus grossier , représenté par le germe animal , qui est
extrait du sang , ou du principe universel répandu dans la forme. Ce fluide aqueux , ce
germe , cette eau est double , en ce qu’elle est
unie avec de la terre , & en ce qu’elle est produite
par la fécondé action.
La troisleme action sépare de cette eau la
1*4 Tableau
terre, le solide ou la forme. Cette forme paroît
(impie ou une à nos yeux: mais cette (implicite
est triple par ses dimensions & par son rang
d’émanation ; & en cela elle est l’opposé du feu 3
dont la triplicité est (impie.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.