1fhomme , l’avoient laissé tomber entre les
mains de l'ennemi , &; que le Peuple se trouvoit
ainsi dénué de tout ce qui faisoit sa force & son
soutien. C’est alors que malgré les f3ges avis di
dernier de ses Juges , le Peuple Hébreu voulut être
gouverné par un Roi comme les autres Nations.
Mais de même que le premier des hommes ,
en se séparant du centre de la lumière , se rééuibt
à n’avoir pour guide qu’une foi!: le écincelle de
cette lumière ; de même le Peuple Hébreu , en
abandonnant ses guides naturels , & se soumettant à un Roi y n’avoit plus pour refïource que
les seules vertus d’un homme , tantôt foible , tantôt méchant ; et l’histoire des Rois elf en ce genre
le tableau le plus inflrucHf que la* Tradition hébraïque pût nous transmettre. Car de fous les Rois
d’Ifrae! , elle n’en montre pas un se J qui n’aic
commis le crime ; & parmi les Rois de Juda , elle
n’en offre qu’un très-petit nombre qui en aient été
exempts , tels qu’Aza , Josaphat &: Jefias ; encore
fait-elle des reproches au premier de s’être allié
avec les Rois étrangers , & d’avoir eu dans fà
maladie moins de confiance en Dieu que dans les
Médecins.
Hâtons-nous d’arriver à l’époque célébré de ce
Temple qui fut élevé fous le troisieme Rci : monument que les Traditions hébraïques repré-
( E i ) sentent
/
ê8 Tablé au
Tentent comme la première merveille du mondé *
[ Passage retiré par l’éditeur. ]
2La conftruftion de ce Temple , faite peu de
temps après que le Peuple Hébreu eut abandonné
ses guides naturels , est une répétition parfaite du
fort que l’homme éprouva , après s’étre séparé de
la source de sa gloire , lori’qu’il fut réduit à ne plus
voir l’harmonie des vertus divines que dans une subdivision grofîiere & compliquée.
Ces images , toutes matérielles qu’elles puissent être , présentent encore à l’homme coupable , les traits de leur modèle : toujours l’auteur des Etres , jaloux de leur félicité , leur
offre le tableau de sa puissance , de sa gloire &
de sa sagesse „ pour fixer leur vue sur la grandeur &: la beauté de ses perfeélions , & pour
ramener leur intelligence à la lumière , après que
cesse lumière aura fixé leurs sens par ses propres
emblèmes.
Aussi l’édifice du Temple réuni fioit-il tout ce
qui avoit été annoncé par les lignes sensibles des
manifestations précédentes.
Il avoit dans ses proportions , & dans ses mesures véritables , & non littérales , des rapports
avec cette Arche dont la Tradition hébraïque fait
mention, lors du fléau de la justice divine sur les
'prévaricateurs par l’élément de l’eau : & ainsi , le
Temple
Naturel. 69
Temple fut , comme l’Arche , une nouvelle représentation de l'Univers. /
Il ofïroit les mêmes attributs que le Tabernacle
dont le modèle fut donné au Peuple Juif lors de
la promulgation de la Loi. Car il y avoit dans
ce Temple un lieu pour les sacrifices , tels qu’ils
35 operoient dans le Tabernacle. Il y avoit dans l’un
6 dans l’autre , un lieu destiné à la priere y lequel
étoit comme l’organe des lumières & des dons , que
la main bienfaisante de l’Eternel répandoit sur ce
Peuple élu , & sur ses Chefs.
Mais tout dans ce Temple étoit plus nombreux ,
plus abondant , plus vaste , plus étendu que dans
les Temples précédens , pour nous enfcigner que
les vertus alloient toujours en croissant , & qu’à
mesure que les temps avançaient , l’homme
voyoit multiplier en sa faveur les secours & les
appuis.
C’est pour nous instruire de ces vérités , que
chacun de ces trois Temples est marqué par une
diftincfion particulière. L’Arche du Déluge fut
errante , &r flottoit sur les eaux , pour nous peindre l’incertitude & les ténèbres des premiers
temps. Le Tabernacle étoit alternativement en
mouvement & en repos , & de plus , c’étoit.
l’homme même qui le transportoit & le fixoit
dans des lieux choisis ; afin de nous retracer les
droits accordés à l’homme dans sa fécondé
( E 3 ) époque y.
yo Tableau
époque ; droits sur lesquels il peut aspirer par
intervalles à la possession de la lumière ; enfin ,
le troisieme Temple étoit stable & adhérent à
la terre , pour nous apprendre sensiblement que's
sont les privilèges auxquels l’homme peut prétendre
un jour • privilèges qui s’étendent j.ifqu’à fixer
à jamais sa demeure dans le séjour de la vérité.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.