1n’est que parce qu’ils ont laissé matérialiser tout
leur Etre. Us ne voient dans l’émanation qu’une
séparation de substance, telle que dans les évaporations des corps odorans , & dans les divisions d’une source en plusieurs ruisseaux : tous
exemples pris de la matière P dans lesquels la masse
totale est réellement diminuée , quand quelques
parties constituantes en sont retranchées.
Lorsqu’ils ont voulu prendre une idée de l’émanation dans des objets plus vivans & plus actifs ,
tels que le feu^ qui semble produire une multitude de feux semblables à lui , sans cesser d’étre
égal à lui-méme , ils ont cru avoir atteint le but.
Mais cet exemple n’en est pas moins étranger
aux véritables idées que nous devons nous former
de l’émanation immatérielle; & il n’est propre
qu’à entraîner dans l’erreur ceux qui négligeaient
de l’approfondir.
Le feu matériel ne nous étant visible que pat
la consommation des corps , ne peut nous être
connu qu’autant qu’il repose sur une base qu’il
dévore ; au lieu que le feu divin vivifie tout. En
fécond lieu, lorsque ce feu matériel produit en
apparence d’autres feux , il ne les tire point de
lui-même ? comme le feu divin : il ne fait que
réactionner sur les germes de feu , innés dans les
corps qu’il approche ^ & en favoriser l’explosion;
iious en avons la preuve ; en ce qu’il lui est
Naturel'. b/
JinpofFible d’enflammer les cendres 7 parce que le;
feu principe en est disparu.
2Ces différences sont trop frappantes , pour quo
1 homme sage s’arrête à des comparaisons d
abusives.
Tous les Etres de la Nature matérielle 7 nd
montrant que des faits physiques , & n’agi flanc
que pour les sens corporels , n’annoncent que le
principe physique vivant dans ces Etres &lcs faisant mouvoir: ils n’indiquent point afftz clai-v
rement un Principe saint & divin , pour en proiH
ver immédiatement l’existence. Aussi , les preuves
prises dans la matière , sont-elles très - infufiifantes
pour démontrer Dieu , & par conlequent pou.tr
nous démontrer l’émanation de l’homme hors du
sein de la Divinité.
Mais, puisque nous avons déjà découvert dan.1?
i’homme les preuves du Principe qui l’a conftitui
ce qu’il est: j c’est dans l’homme lui-même , c’est
dans l’esprit de l’hommeque nous devons trouver
les loix qui ont dirigé son origine. Enfin l’homme
étant un Etre réel , on ne devroit jamais juger de
lui par comparaison , comme on peut faire des
Etres corporels dont les qualités sont relatives.
Que nous annoncera-t-il donc, en le considérant fous ce point de vue ? Il nous annoncera par
ses propres faits , qu’il peut être émané des faculE a,
98 Tableau
tés divines, sans que les facultés divines aîené
éprouvé, ni réparation , ni division ni aucune
altération dans leur essence.
3Car , lorsque je produis extérieurement quelque ade intellectuel , lorsque je communique à
1 un de mes semblables la plus profonde de mes
pt niées, ce mobile que je porte dans son Etre, qui
va le faire agir, peut-être lui donner une vertu :
ce mobile, dis je , quoique sorti de moi , quoiqu’étant , pour ainsi dire , un extrait de moi-même
& ma propre image, ne me prive point de la
faculté d’en produire de pareils. J’ai toujours en
moi le même germe de pensées,la même volonté, la même aêiion ; & cependant j’ai en quelque façon donné une nouvelle vie à cet homme,
en lui communiquant une idée , une puissance
qui n’étoit rien pour lui , avant que j’eusse fait
en la faveur , l’espece d’émanation dont je suis susceptible. Nous souvenant toutefois qu’il n’y a qu’un
seul Auteur & Créateur de toutes choses ^ on verra
pourquoi je ne communique que des lueurs passageres; au lieu que cet Auteur universel communique l’existence même , & la vie impérhfable.
Mais , si dans l’opération qui m’est commune
avec tous les hommes , on fait évidemment que
les émanations de mes pensées , volontés &
actions , n’alterent en rien mon essence; à plus
forte raison la vie divine peut se communiquer
N A T u R E Z. 6 g.
far des émanations : elle peut produire sans
nombre & sans fin , les figncs & les expressions
d’elle -même , & ne jamais cesser d’être le foyer
de la vie.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.