1Mais si nous portons notre vue au dessïus des
vertus de l’homme , nous ne pourrons trouver que
les vertus de la Divinité j puisque cet homme est
émané d’elle directement , & sans le concours
d’aucune Puilfance intermédiaire. L’Agent dont
nous parlons , ayant plus que les vertus de l’homme , ne peut donc avoir rien moins que les vertus
de Dieu , puisqu’il n’y a rien entre Dieu &
l’homme.
II faut donc convenir que , si la Vertu divine ne s’étoit pas donnée elle- même , jamais
l’homme n’en auroit pu recouvrer la connoifl’ance :
ainsi il ne lui eût jamais été possible de remonter au point de lumière & de grandeur où
les ^droits de sa nature l’avoient appelle ; ainsi le
sceau du grand Principe eût été imprimé en vain
sur son ame ; ainsi ce grand Principe lui-même
eût failli dans la plus belie de ses puissances ,
l’amour & la bonté , par lesquels il procure sans
celle à l’homme les moyens d’être heureux ; enfin
ce grand Principe eût été déçu dans ses décrets ,
& dans la convention ineffaçable qui lie tous les
Etres avec lui.
Quand j’annonce qu-’il n’y a rien entre l’homme
&
! Naturel : 149'
24t D’eu , je le dis dms l’ordre de notre véritable
nature , où vraiment nulle autre puissance ^ue celle
du grand Principe , ne devoir nous dominer.
Dans l’état actuel , il y a en effet quelque chose
entre Dieu & nous : & c’est cette fausse maniéré
d’érre , c’est cette traufpofition des pu i fiances ,
qui imprimant en nous le déiordre universel , fait
notre supplice & l’horreur de notre situation passagere dans le temps.
Nouvelle raison pour que la Vertu divine se
soit rapprochée de nous } afin de rétablir l’ordre
général , en remettant toutes les puissances dans
leur rang naturel ; en rétablissant Y Unité primitive j en divisant la corruption qui s’étoit réunie
dans le centre ; en distribuant les vertus du centre
à tous les points de la circonférence , c’est-à-dire ,
en détruisant les dijférences.
Car c’est une vérité à la fois profonde & humiliante pour nous , qufici-bas les différences sont
les seules sources de nos connoissances ; puisque
si c’est de-là que dérivent les rapports & lediftin&ions des Etres , ce sont ces mêmes différences qui nous dérobent la connoissance de l’ Unité' „
& nous empêchent de l’approcher.
Or l’on fient que si la V trtu Divine n’eût fait
les premiers pas , l’homme n’auroit jamais pu
efp.'rer de revenir à ce te Unité. Car de deux
Vertus séparées , comment la plus foible ; celle
qui
ï44 Tableau
qui est absolument impuissante , remonteroir-*
elle seule & par elle-même , à son terme de
réunion ?
3Enfin , sans cette Agent ur.iversel , l’homme auroit bien fu , par toutes les manifestations précédentes j qu’il y avoit des puiss'ances & des vertus
spirituelles ; mais il n’auroit jamais fu par expérience , qu’il y avoit un Dieu , puisqu’il n’y
avoit que l’ Unité de toutes ses vertus , qui pût le
lui faire connoître.
Ainsi reconnoissons avec confiance , que l’Agent dépositaire de l’unité de toutes les puissances , quelque nom qu’on lui donne , a dû posséder l’ensemble de toutes les vertus suprêmes ,
lesquelles avant lui n’avoient jamais été manifestées que dans leur subdivision ; que cet Agent
a dû porter avec lui le caractere & l’essènce divine , &C qu'en pénétrant jusqu’à l’ame des hommes , il a pu leur faire sentir ce que c’est que leur
Dieu.
Et ici je rappellerai la figure précédente ,
I .. .
■ )
qui représente l’état de privation où nous languissons tous par la séparation où nous sommes
de notre Principe : on verra qu’en rapprochant
ces
/
Naturel. 14?
«es caracteres , & faisant pénétrer l’unité dans le
quaternaire de l’homme , en cette forte ,
l’ordre universel est rétabli ; puisque ces trois
caracteres.
1 ^ o
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.