1lui. Ici la liberté de l’intelligence ne pourroit-elle
pas s’étendre ; voir dans Kebecca , l’image du
monde sensible ; & par ces deux enfans qui combattent dans son sein , reconnoître l’image de
l’homme , & de ce frere aîné son ennemi avec
lequ .l il est emprisonné dans l’univers?
Dans la fuite , les defeendans de ce Julie hébreu devinrent esclaves de la Nation Egyptienne ,
dont ils avoient réclamé les secours. Le sens du
mot Egypte , exprimant la douleur & la tribulation , l’union de la postérité Juive avec cette Nation , annonçoit celle que le premier coupable fit
avec l’abomination même , & montroit que nul
Etre ne peut se précipiter dans un tel abyme ,
sans être condamné à souffrir , & à y séjourner
pendant un temps proportionné à son iniquité.
Les Livres des Hébreux nous peignent en effet
les fuites de cette criminelle alliance. Ce Peuple
réduit à consumer ses jours & ses travaux sur
de la poussiere , exposé aux injustes exa&ions
de ses tyrans , répété l’humiliante situation de
l’homme ici - bas , où son affion étant horriblement resserrée , il a cependant à soutenir des
combats plus grands & plus multipliés que dans
son premier état ; où , enfin , il a à vivre , quoiqu’il soit , pour ainsi dire , séparé de la vie.
Mais il voit paroître un Agent célébré , échappé
44 Tableau
2pé comme Enfant des Hébreux , à la cruauté du
Roi d’Egypte , ou à ces vertus impures qui s’opposent aux premiers efforts, de notre Etre pensant y & qui ne travaillent qu’à l’empêcher de reprendre sa liberté. Cet Agent célébré est flottant
comme l’homme sur les eaux de l'abyme , préservé de leurs gouffres par un berceau , comme
l'homme l’est par les vertus de son corps ; élevé ,
dirigé par un Instituteur fidele , comme l’homme
le feroit toujours , s’il étoit aêlis & docile ; enfin , chargé comme lui de veiller au rétablilfement>
de l’ordre & à la deflruétion de l’iniquité.
Par ses travaux , par ses victoires sur les Egyptiens , ce Julie nous peint donc les pouvoirs de
l’homme sur les’ vertus de l’Univers , & sur le
Principe du mal. Ceux qui ont prétendu que ce
Législateur tenoit toutes ses sciences des Egyptiens , n’ont pas observé qu’avant de combattre
les Sages de cette Nation , ce Julie avoit palfé
plusieurs années chez son beau - pere Jéthro qui
étoit Prêtre , & qu’il s’y allie près d’un *112 Beour ,
mot qu’on a traduit par un puits , mais qui par son
analyse 3 Beth , dans , & 11 our , lumière , ne
lignifie rien moins que le séjour de la science &;
de la vérité.
La supériorité de l’homme sur les choses sensibles , & ses pouvoirs sur la corruption , nous sont
tracés dans le tableau de la sortie d’Egypte , &
dans
Naturel. 45
3dans celui du partage de la mer rouge. Le premier nous peint les Egyptiens anéantis , pour
ainsi dire , par toutes les plaies qu’ils avoient attirées sur eux , mais ne cédant qu’à la dixième. Il
nous les peint dépouillés de leurs richesses , dans
lelquelles on doit surement comprendre les instrumens criminels de leur culte ; il nous les peint
poursuivant par des routes incertaines , le Peuple
Hébreu , qui seul jouirtbit virtblement de la lumière , tandis que les ténèbres étoient répandues
sur ses ennemis & sur toute l’Egypte. Le fécond
nous représente les élémens obéirtùnt à la voix
qui leur commande d’ouvrir un partage libre à
ceux qui étoient conduits par la Sagesse , & de
reprendre leurs cours naturel à l’approche des impies , qui n’ayant point les vertus nécertaires pour
s’en défendre , dévoient en être les victimes.
Ce fécond tableau nous apprend encore que
les fubrtances corruptibles du sang sont les véritables entraves qui retiennent l’homme dans le
pâtiment , & que c’est par la rupture de ces liens ,
ou par la séparation de son Etre intelleftuel
d’avec le sang , qu’il recouvre quelque liberté ;
ce qui avoit déjà été indiqué par Pesprit du précepte de la circoncision ,* ce qui le fut dans la
fuite par la défense faite au Peuple de manger
du sang , parce que la vie de la chair étoit dans
le sang , & que l’ame de la chair avoit été don-
/ /
nee
4 6 Tableau
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.