1sont presque toujours séparées. Les Traditions Mythologiques Egyptiennes & Grecques ne contiennent que des faits & fort peu de doctrine : les Livres théogoniques des Parfis , des Chinois , & de
tous les Peuples qui , dans un sens opposé , se sont
également éloignés de leur souche primitive , renferment plus de doctrine que de faits ; parce que
tous ces Peuples ont négligé la véritable science
de l’homme , qui doit s’égarer dans ses faits ,
quand il ne les réglé pas par la morale } & qui
ne se borne à moraliser que lorsqu’il ne fait pas
agir.
Mahomet , qui a écrit & pris naissance parmi
les defeendans des Hébreux , imite leurs Livres en
cette partie. Dans le Coran , la doctrine & les
faits historiques y paroissent alternativement ; &
quoique ce Livre , à quelques traits de lumière
près , ne soit qu’un recueil informe , rempli de
préceptes impuissans : quoiqu’il ne ramene point
les hommes à leur vraie nature , & qu’il avilisse
les moyens par lesquels la SageflTe suprême prépare leur régénération , il laisse assez connoître
qu’il est l’enfant naturel de l’enfant naturel du Judaïsme.
C’est même par son émanation du Judaïsme,
qu’il nous montre plus clairement son illégitimité ; parce que les choses réelles , & qui tendent
à un but vrai , se perfectionnent par le temps ,
au
Naturel. f
2au lieu de se détériorer j & plus elles avancent
en âge , plus elles doivent faire éclater leur
beauté , leur grandeur , leur simplicité , ou pour
nieux dire , leur rapport avec les loix pures &
vivantes de ce Type premier , que tous les Etres
sont chargés de manifester chacun dans leur
classe.
Loin que le Mahométifme se présente fous cet
afpeél: , & qu’il soit plus parfait que l’Ifmaëlifme &
que le Judaïsme , il est infiniment au-dessous de
l’un & de l’autre. Il n’a ni les fcicnces divines des
Hébreux , ni les Jciences naturelles d’Ismaël : &
s’étant séparé de la force & de l’intelligence , il
n’a pu mettre à la place que les droits du glaive &
le régné des sens.
Si les Livres des Hébreux , malgré leurs expressions obscures , malgré leur singularité , ou
même l’atrocité de la plupart de leurs récits ,
nous annoncent d’autçes droits , d’autres pouvoirs j s’ils réunissent les faits à des dogmes plus
relatifs à notre Etre, & plus propres à nous rappeller les Vertus de notre Principe * s’ils nous
prélentent des tableaux plus expressifs de ce que
l’homme cherche , & de ce qu’il peut obtenir ;
enfin , si ces Livres n’offrent pas une seule idole
matérielle parlante , & qu’ils ne mettent en action que des animaux vivans , des hommes , ou
des Etres supérieurs , on doit leur donner un
(A3) rang
6 Tableau
rang diffingué parmi tous les Livres traditionnels,
qui nous sont connus.
3Il n*est pas jusqu’au nom d 'Hébreu ( Ghibri ) qui
ne soit le véritable type de l’homme aéluel ; il
lignifie passant , ou pajjagcr , pour indiquer à.
l’homme ce qu’est son séjour sur la Terre.
On trouve en effet dans ces Livres , des rapports
évidens avec les vérités les plus profondes , soit in-,
tellectuelles , soit sensibles.
Les produirions universelles y sont représen-i
$ées comme étant le fruit de ces facultés invisibles qui précèdent [tout acle quelconque. Le mot
JRofch signifiant le Principe , la tête , ou le séjour
de la pensée , peut signifier la pensée même
hereshit , qui est: le premier mot dn texte hébreu
peut donc se rendre aulfi - bien par ces mots 9
Dans la pensée , que par ceux-ci , Au commence -
ment , qui ne tombent que sur le temps. Ainsi ,
làns rejetter cette verfionj Au commencement Dieu
créa , &c. on pourroit lire intelleiTuellement , Dans,
la pensée Dieu créa , &c. on y trouveroit une vérité de plus.
Les produirions universelles y sont représentées comme étant le fruit de plusieurs agens , par
les exprelTions singulieres Bara Elohim , les Dicux:
créa : image parlante de la vérité des choses premières., dans laquelle on voit à la fois un seul fait
&
Naturel. 7
& fïx agens concourant à le produire ; d’autant
que le mot Elohim offre six lettres dillindes dans
sa prononciation , & qu’il les porte en caractères
dans la version grecque de Sanchoniaton , quoiqu’il
n'en porte que cinq dans l’hébreu.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.