1Ce fléau extraordinaire doit cesser de paroître
impossïble , dès qu’il n’est: pas impossible à l’homme
de s’y exposer ; & si les hommes ont en eux le
droit de pouvoir provoquer la justice de differentes
maniérés , elle doit être aussi toujours prête à
laisser tomber sur eux l’espece de punition dont
l’espece de leur crime les rend susceptibles ; car la
possîbilité du crime ne doit pas aller au-delà de la
possibilité de la punition , sans quoi la vérité seroit
en danger.
Remarquons , en prenant toujours le physique
sensible pour guide , que dans les individus hu~
mains , la plus grande effervescence des sens se fai—
Tant sentir vers le tiers de la vie , elle a dû suivre la même époque pour l’homme général ; &
que les crimes intellectuels qui ont pu accompagner
ces écarts , & attirer les grandes catastrophes ,
doivent avoir par analogie la même date ; d’où l’on
pourroit , avec de l’attention , se procurer quelques
éclaircissemens sur l’âge du Monde , & sur l’époque du Déluge.
C’eff
3i Tableau
2C’est en vain que les Observateurs ont attaque
la réaîiré de ce Déluge > par l’impossibilité qu’il y
ait sur la terre , félon leur calcul , un volume d’eau
fufrifant pour couvrir toute sa surface , & pour s’élever jusqu’aux plus hautes montagnes. Ces objections n’ont pour base que le défaut d’intelligence
des Tradu&eurs , & les erreurs que les systêmes
phiîofophiques ont répandu sur la nature de la Matière , en ne lui reconnoissant pas d’autre Principe
qu’elle-même.
En eiTet , le mot hébreu arubboth , quoique signifiant cataractes , félon la lettre , n’est-il
pas , suivant les mêmes Interprétateurs , un dérivé du verbe 331 rabab , HjT ou raba , qui veut
dire , il a été multiplié ? Alors le texte présente
l’idée naturelle d’une action plus étendue dans l’Agent qui produit l’eau , & nullement celle du sim*
pie écoulement d’une eau auparavant existante ; parce qu’alors il y auroit seulement union , aggrégation , & l’on ne verroit point fade d’un Etre vivant qui crée , & qui multiplie.
On ne fauroit contester , suivant ce principe ,
la poflibiliré des grandes révolutions de la Nature ,
l’excès d’un élément sur l’autre , & par confé_
quent les fléaux universels qui peuvent tomber lur
des Régions , sur des Peuples , sur la Terré entière.
Car il faudroit commencer par nier l’cxifîence
du
iï A T U A È t. » 33
3du Monde lui - même , puisqu’il n'ert qiie le réfulcat apparent de l’action vivante & combinée
des élémens , qui se combattent & Te surmontent
alternativement dans son enceinte ; & manifestent les uns envers les autres , la vie & les loix
qu’ils ont reçues des Puiffanccs suprêmes.
Les Observateurs ont également contesté
l’existence de cette Arche célébré , bâcie par
l’ordre suprême , pour conserver un rejeton de
la race humaine. Quelle qu’ait été cette Arche ,
comme elle représentoit l’Univers , elle a dû ,
Comme lui , renfermer , feit en nature , fuit en
Principes , tous les Ager.s & toutes les facultés qui
le composent j & si ces choses paroissent inexplicables a l’homme qui marche lans sa loi , elles ne
Je sont plus pour celui qui la connoît , & qui a
l’idc e qu’il doit avoir de sa grandeur & des droits
de son Etre.
Ajoutons que comme le premier germe vivifiant
des choses , l’Arche étoit portée sur les eaux : que
comme lui , elle furnageoit sur le chaos & sur
l’abyme terrestre , pour lui rendre au temps
preferit , la vie dont il étoit privé , & que comme
ce germe vivifiant , elle contenoit un Agent pur ,
une source vivante de jufiiee & de sainteté ,
dans laquelle les hommes à naître dévoient trouver encore des traces de leur première fplcndeur.
Je ne puis me dispenser , au sujet de l’Arche,
IL Partie. ( C ) d’engager
34 Tableau
d’engager les Observateurs à jetter les yeux sur
les Traditions chinoises ; ils y verront que ,, le
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.