1même chose ; en forte qu’avoir reconnu la nécefAté & l’existence du Principe éternel de l’infini , c’est lui avoir attribué en même temps
toutes les facultés , perfections & puissances,
que doit avoir en foi cet Etre universel , quoiqu’on ne puisse en concevoir ni le nombre ni
l’immenAté. Ces premiers pas étant allurés ,
elfayons de découvrir de nouveaux rapports par
la conAdération de la Nature physique.
2.
Pourrions-nous contempler sans admiration le
fpedtacle de l'Univers ? Le cours régulier de ces
flambeaux errans , qui sont comme les âmes
visibles de la Nature ; cette espece de création
journalière que leur présence opéré sur toutes
les Régions de la Terre , & qui se renouvelle
dans les mêmes climats à des époques constantes ; les loix inaltérables de la pesanteur & du
mouvement, rigoureusement observées dans les
chocs les plus confus , & dans les révolutions les
plus oragsufes. Voilà sans doute des merveilles
qui sembleroient donner à l’Univers des droits
aux hommages de l’homme.
Mais en nous offrant ce fpedtacle majestueux
d’ordre & d’harmonie , il nous manifeste encore
plus évidemment les Agnes de la confuflon, &
Naturel. 19
2nous sommes obligés de lui donner , oans notre
pensée , le rang le plus inférieur : car il ne peut
influer sur les facultés aCtives & créatrices auxquelles il doit l’existence , & il n’a pas de rapport plus direct & plus nécessaire avec Dieu , a
qui appartiennent ces facultés , que nos œuvres
matérielles n’en ont avec nous. L’Univers est ,
pour ainfl dire, un être à part ; il est étranger
à la Divinité , quoiqu’il ne lui soit ni inconnu,
ni même indifférent. Enfin , il ne tient point à
l’essence divine , quoique Dieu s’occupe du foin
de l’entretenir & de le gouverner. Ainfl il ne
participe point à la perfection , que nous savons
appartenir à la Divinité ; il ne forme point
unité avec elle ; par conséquent il n’est pas
compris dans la simplicité des loix essentielles
& particulières à la Nature Divine.
Aussi apperçoit-on par-tout dans l’Univers,
des caracteres de désordre & de difformité; ce
n’est qu’un assemblage violent de sympathies &
d’antipathies, de similitudes & de différences,
qui forcent les Etres à vivre dans une continuelle
agitation , pour se rapprocher de ce qui leur
convient , & pour fuir ce qui leur est contraire : ils
tendent sans cesse à un état plus tranquille. Les
corps généraux & particuliers n’existent que par
la fubdiviflon & le mélange de leurs principes
eonftitutifs ; & la mort de ces corps n’arrive que
B 2
20 -'Tableau
3lorsque les émanations de ccs principes , qui
étoient mutuellcmeht combinées , se dégagent &
rentrent dans leur unité particulière. Enfin ,
pourquoi tout se dévore-t-il dans la création , si
ce n’est parce que tout tend à l’unité d’où tout
est sorti ?
“ Nous voyons même un Type frappant de la
confusion & de la violence où est toute la Nature , par cette loi physique qui , quatre .fois par
jour , agite le bassin des mers , & ne leur a pas
laissé un instant de calme depuis l’origine
des choses ; image caractéristique par laquelle
l’homme peut, au premier coup d’œil expliquer
l’énigme de l’Univers. ,,
Comment s’est-il donc trouvé des hommes affcz peu attentifs , pour assïmiler à Dieu , cet Univers physique , cet être sans pensée , sans volonté,
à qui l’action même qu’il manifeste est étrangère ; cet être, enfin, qui n’existe que par des
divisions & par le désordre ? %
Les mélanges dont . la Nature physique est
formée, ont-ils quelques rapports avec le caractère constitutif de l'Unité universelle ? & l’cxiftence ce cet être mixte & borné , sujet à tant de
vicissitudes , peut-elle jamais se. confondre avec
le Principe Un , éternel & immuable , source de
Naturel. 21
ia vie, & dont l’action indépendante s’étend sur
tous les Etres , & les a tous précédés.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.