1trop facile publicité de choses qui ne peuvent être
bien conçues par la multitude , ni celser d’être
secretes sans qu’elles foient exposées à être mal
eomprifes ou mal interprétées. Quelle est: donc la
route que l’esprit de l’homme doit prendre pour
sortir de cet état désordonné & dévoué à l’incertitude ? C’est celle qu’il découvriroit presque sans
effort , s’il t; urnoit ses regards sur lui- même.
Une considération attentive de notre Etre ,
nous instruiroit sur la fu'olimité de notre origine ,
& sur notre dégradation \ elle nous feroit reconnoltre autour de nous & dans nous-mêmes ,
l’existence des vertus suprêmes de notre Principe ; elle nous convaincroit qu’il a été néceifaire que ces vertus supérieures se présentassent
à l’homme visiblement sur la terre , pour le
rappeller aux sublimes fonctions qu’il avoit à
remplir dans son origine ; elle nous démontreroit la nécessité d’un culte ; afin que la présence de
ces
Naturel. 103
ces vertus ne fût point sans efficacité pour notas.
Nous suivrions les traces de ces vérités dans
toutes les Institutions religieuses ; & loin que la
variété de ces Institutions dût nous faire douter
de la base sur laquelle elles reposent , nous reéfii-erions par la connoissance de cette base , tout
ce qu’elles peuvent avoir de défectueux ; c'est-àdire , que nous rallierions dans notre penfce ces
vérités éparses ; mais impérilTables , qui percent
an travers de toutes les Doctrines &: de toutes
les Sectes de l’Univers.
2Nous élevant ainfl de vérités en vérités, avec
le secours d’une réflexion Ample , juste 8c naturelle , nous remonterions jusqu’à la hauteur d’un
type unique & universel , d’où nous dominerions
avec lui sur tous les Agens particuliers intellectuels & physiques qui lui furent subordonnés ,
parce qu’étant le flambeau vivant de toutes les
pensées & de toutes les actions des Etres réguliers , il peut répandre à la fois la même lumière
dans toutes les facultés de tous les hommes.
Et c’est: là cette brillante lumière que l’homme
peut faire éclater en lui-même , parce qu’il est
le mot de toutes les énigmes , la clef de toutes
les Religions , & l’explication de tous les mysteres. Mais , oh homme ! lorsque tu feras arrivé à
cet heureux terme , A tu es sage , tu garderas ta
l'cience dans ton cœur.
t
11,
ï A B L E A TT
^04
2 I.
*
T ,A Loi sensible & la subdivision universelle
auxquelles les hommes ont été assujettis , les
ayant fournis à une forme de matière , la terre
est trop étroite pour qu’ils puissent l’habiter tousenfemble ; & il a fallu qu’ils vinssent successivement y puiser les forces & les secours qui leur
sont nécessaires pour traverser l’espace par lequel
ils sont séparés de la source de toute lumière.
3Si l’homme doutoit encore de sa dégradation ,
il ne faudroit que cette seule preuve pour l’en
convaincre , puisqu’il est impoiïible de concevoir
rien de plus honteux & de plus triste pour des
Etres pensans , que d’êtie dans un lieu où ils ne
peuvent exister qu’avec un petit nombre de leurs
Concitoyens ; pendant que par leur nature, quelque
nombreux qu’ils foient y ils sont faits pour habiter &
agir tous ensemble.
Voilà pourquoi les hommes qui n’étoient pas
nés , lors de la manifestation générale au milieu
des temps , n’ont pu alors en recevoir les avantages effectifs &; direéls , comme ceux qui avoien*
déjà.
N A T V R E r. &0Ç
déjà parcouru cette ftirface , ou qui l’habitoient
a cette époque. On peut dire même que l 'Agent
Uruverfel s’étant fournis à la loi temporelle , &
apportant l’intelligence vifiblemer.t sur la terre ,
n’a pu la manifester à la fois par ses a&es dans
tous les lieux de notre habitation terrefîre ; que
s il la fait en puifïance dans toutes les parties
de cette terre , il ne l’a fait en aête que dans les
lieux qu il a habites , ou peut-être dans quelques autres contrées , mais d’une maniéré écrangere a la matière , & en faveur de quelques Elus
destinés a concourir à son œuvre. Car la vertu
& les pouvoirs de ces Jignes visibles qui accompagnent par- tout ici- bas les pensées , dévoient
résider avec une entière fupérioricé dans celui qui
produit toutes les pensées.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.