1vertus , la lumière avec l’obscurité , Ton trouvera
pour leurs analogues , une nouvelle espece de lignes ,
c’est-à-dire , des lignes mixtes tenant du vrai & du
faux avec des variétés infinies , relatives aux différentes mesures de penjée juste ou faujfe dont les
mélanges sont formés.
Mais il est: une vérité plus vaste & plus convaincante ; c’est que d’après les principes qui onc
été exposés sur la dégradation de l’homme & sur
les liens par lesquels il tient toujours au Principe dont il elt descendu , il faut que ce Principe ait communiqué aux hommes chargés spécialement de concourir au grand œuvre , toutes les
pensées relatives à leur état ancien , a&uel &
même futur , afin de leur montrer à la fois ce qu’ils
avoient perdu , ce qu’ils souffroient , & ce qu’ils
dévoient espérer.
Il faut donc que ces hommes choisis aient
vu lènliblement le tableau universel de l’histoire de l’homme , dans lequel on doit comprendre ses jouissances primitives ; tous les combats qu’il avoit à soutenir , qui se sont renouvellés & multipliés à l’infini depuis la démolition
de son premier Temple ; les secours perpétuels
& puissans que la main suprême place sans
cesse auprès de nous ; l’harmonie & la marche de tous les Principes de la Nature ; la
forme
N A T U R E X.
2forme 8c la ftru&ure de l’Univers ; les loix de la
Terre ; les vertus de ces astres brillans qui nous
éclairent • enfin , les AJlres plus vivans encore ,
qui sont de même nature que l’homme , 6c que ,
par cette raiion , il lui sera permis de contempler
un jour.
En un mot , il falloit que chacune de ces
pensées , ou de ses connoilfances , fût accompagnée du ligne sensible qui lui est analogue ,
pour que les hommes choisis à qui la bagefie
vouloit communiquer ses lumières , rectifient le
complément des infiruétions qui leur étoient néce fiai res.
M ais si Phomme se représente tous les jours
la même vérité fous des images 8c des tableaux
variés , il ne faudroit pas être étonné que les
divers hommes choisis pour servir de Colonnes à
Y Edifice y eussent reçu la connoissance des grands
faits 6c des grandes vérités , par des signes différens , 6c fous des rapports qui n’offrifisnt pas tous
les mêmes cara&eres , comme nous voyons que
les Langues ne se sont multipliées 8c diversifiées
que parce que chaque Peuple a considéré le
même Etre fous une face 8c une, acception particulière.
Il ne faudroit pas non plus être étonné que
la succession des siecles eût multiplié pour
l’homçie les tableaux de la vérité , 6c les signes
(P l) qui
13& Tableau
3qui leur sont relatifs , de façon que les hommes
fulTent aujourd’hui à portée de puiser à des réservoirs plus abondans qu’ils ne Pauroknt pu dans les
premiers temps ; parce que les sources qui se sont
ouvertes , dès l’insrant de la chute de l’homme ,
n’ont ceffé & ne cessent point do couler sur sa
Uialheureufe postérité.
De ce qui vient d’ëtre exposé , l’on peut aifémenfc
voir descendre toutes les traditions de la Terre , 8c
les différentes Mythologies des Peuples.
Les hommes favorisés de grandes lunveres ,
ne les avoient reçues que pour l’utilité & l’infitru&ion de leurs semblables : afin de remplir cet
objet ils n’auront pu se dispenser de les communiquer au petit nombre de ceux qu’ils jugeoient
disposés convenablement ; & cette communia
cation a dû se faire de deux maniérés , l’une
par le discours & les instru&ions , l’autre par
Y exercice & Yemploi des actes enfeigr.és aux
Sages par ces vernis superieures dont l’existence
& les rapports avec nous ont été suffisamment
démontrés.
< ■
Les Sages , en exerçant ces actes en préfenc©
de ceux à qui ils avoient donné leur confiance ,
les rendoient témoins de tous les rèjultats fenjlblcs qui pouvoient en provenir ; & comme les
çonnoiflàncçs , & les lignes que les Sages avoient
reçus
N A T U R E Z: 2131'
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.